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Villette Street Festival : les cultures urbaines à l'honneur

Villette Street Festival : les cultures urbaines à l'honneur

La deuxième édition du festival Villette Street débute le 4 mai. Retour sur un évènement majeur de la street culture.

Villette Street avait frappé fort l'année dernière en invitant Public Enemy. Le groupe pionnier du rap américain avait pris part à la soirée Old School de la première édition du festival quand des membres de la relève comme Oddisee ou Pusha T avaient eux aussi eu droit à leur moment. Pour sa deuxième édition, qui aura lieu du 4 au 17 mai, toujours dans la Grande halle, le Villette Street Festival a mis les bouchées doubles.

L'évènement court désormais sur treize jours et entend bien prouver que la street culture se décline sous des formes hétéroclites qui ne sont pas sans rapport les unes avec les autres. Frédéric Mazelly, directeur de la programmation, souligne une "volonté de décloisonner les mondes et montrer que tout participe d'un mouvement urbain et sociologique qui n'est pas uniquement propre à Paris mais le fait d'un flux plus global".

Ainsi, au volet musical et aux ateliers a été ajouté un volet danse, composé de battles et de shows chorégraphiés. Cette année, la chorégraphe Anne Nguyen viendra présenter son impressionnante "Autarcie", un spectacle en forme de "jeu de stratégie, entre danse frontale et digressions libres, où se confrontent deux spécialités de la danse hip hop : le break et le popping". Quatre danseuses "aux espaces de danse et aux techniques très différentes se livreront pendant près d'une heure à un rituel effréné".

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Plusieurs apothéoses viendront ponctuer le volet danse, dont la soirée Golden Stage lors de laquelle cinq styles de danses seront mis en avant parmi lesquels le b-boying, la house et le krump, le tout à travers cinq shows inédits créés pour l'occasion. La soirée de clôture du volet danse, le 12 mai, présentera les premières créations des chorégraphes Hakim Hachouche, Hughe Lumengo et Philemon.

Côté musique, Ghostface Killah se produira pour la première fois en compagnie de BadBadNotGood, un groupe de jazz expérimental avec lequel le membre du Wu-Tang Clan a réalisé son dernier album, Sour Soul. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que les Canadiens mêlent leurs expériences sonores à celles venues du milieu hip hop : après avoir repris A Tribe Called Quest, ils avaient collaboré avec Danny Brown, s'étaient retrouvés en concert avec Frank Ocean avant de faire des jam sessions avant Tyler, The Creator.

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La nouvelle scène aura quant à elle de dignes représentants : le trio originaire de Montréal The Posterz répondra présent, ainsi que le rappeur vedette irlandais target="_blank">Rejjie Snow - non il n'y a pas que du folk celtique ou les Pogues sur cette île - ou encore Joke, jeune rappeur de Montpellier biberonné à Booba dont les punchlines acerbes et peu classes ne sont parfois pas sans nous rappeler celles de son aîné Orelsan.

Outre les multiples concerts et créations scéniques, le Villette Street Festival propose une partie Playground avec des bals, vous pourrez notamment apprendre à maîtriser le Waacking, danse née à Los Angeles dans les années 70 que Diana Ross a mis sur le devant de la scène, et des ateliers, en particulier celui sur le hoop dance - des cerceaux seront mis à disposition - et sur le top rock.

Les frileux du dancefloor et autres maladroits des déhanchés ne seront pas en reste puisque de nombreuses conférences sont organisées : une sur l'histoire du voguing, une autre, plus générale, sur les esthétiques du street art. Une exposition "Urban Art" est également présentée. Pour celle-ci, pas moins de 85 artistes vont faire don d'une oeuvre qui sera revendue lors d'enchères dont les fonds seront reversés à Emmaüs. Comme si cela ne suffisait pas, le public pourra découvrir les performances live de CelloGraff, concept de graff développé en 2009 par Astro et Kanos qui dessinent sur des cloisons éphémères en cellophane, participer à des ateliers de sports de glisse urbaine - skate, BMX ou trottinette -, errer au street market ou aller se réfugier dans la zone gaming du festival. Avant de se rassasier parmi les cinq foodtrucks mobilisés pour l'occasion. Pour Frédéric Mazelly, "organiser ce festival dans un lieu public révèle une volonté de montrer au grand jour une culture qui a été sous-évaluée". Pari réussi ?

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Toutes les infos du festival ici.

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Photo Autarcie : © Philippe Gramard

Photo d'ambiance © Enrico-Bartolucci

Photo d'illustration © DR