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Le tacos pimente la capitale : nos trois meilleures adresses

Le tacos pimente la capitale : nos trois meilleures adresses

2015, l’année du tacos ? Créations de restaurants et de foodtrucks, critiques dithyrambiques et réputation redorée : l’effervescence autour de cet en-cas mexicain ne laisse pas de doute. Les trois meilleurs adresses de la capitale vous laisseront un souvenir torride.

Depuis que la plus petite taqueria de Paris, El Nopal, a débarqué en 2010, les évènements se sont déroulés doucement mais sûrement pour installer le tacos au rang de casse-croûte branché et savoureux. Taqueri quoi ? Taqueria, comprenez lieu de restauration mexicaine qui combat les clichés des années 90 sur le mauvais tex-mex.

Candelaria, mythique bar taqueria, s’est fait un nom et a déversé sur la ville une bonne poignée de nombreux chefs à la fibre aztèque (Le Glass ou Café Chilango). En 2012, l’enseigne Chipotle implante ses tacos issus de l’agriculture biologique en France. Dans son premier foodtruck, Cantine California décide de faire cohabiter l’intouchable burger avec le tacos pour une carte résolument côte Ouest américaine. Les expats vivant à Paris se réjouissent : le tacos est devenu décent au pays de la baguette. Lorsque deux chefs issus du Frenchy se font la malle pour ouvrir leur propre taqueria, le doute n’est plus permis, le phénomène ne se dément pas. Et dans l’assiette ? Ça donne trois adresses caliente.

Candelaria, le plus typique

En 2011 la Colombienne Carina Soto et les Américains Joshua Fontaine et Adam Tsou fondent leur taqueria dans un minuscule local. Ils font le pari d’un endroit intimiste et exigu où la porte du fond ouvre sur un bar influencé par la culture sud-américaine.

Pionnier du genre, l’espace restauration est dans son jus. Ce qui ne l’empêche pas de dégager une véritable atmosphère entre kitsch et tradition. Petite table d’hôte ou places au bar donnant sur la cuisine ouverte, votre choix sera restreint et l’attente, souvent longue. On vous conseille de vous asseoir sagement sur une chaise haute et d’admirer la tambouille qui se joue devant vous : l’élaboration minute de tacos alléchants qui changent selon la saison.

Plus épicée que ses confrères, l’assiette (en émail) donne lieu à de belles surprises. On s’extasie sur le tacos au poisson, tant sur sa fraicheur que son accompagnement acidulé. On se lance suspicieux dans celui à la salade de cactus qui se révèle dingue. On se tortille dans la garniture au confit de bœuf. Et on s’extasie sur le tacos à la purée de pomme de terre comme si on ne parlait pas vraiment de pomme de terre...

candelaria par bb de la branche

On ne voudrait pas en faire trop mais pousser la porte clandestine au bout du resto, c’est l’assurance de bien finir sa soirée.

Candelaria, 52 rue de Saintonge, 75003, Paris

Death By Burrito, le plus gourmet

Etre nommé «roi du Burrito» il y a quelques années aurait pu sonner comme une très mauvaise blague. Aujourd’hui, c’est pourtant le titre mérité du chef anglais Shay Ola. Fondateur de The Rebel Dining Society et chef de Death By Burrito, il initie à Londres durant deux ans des dîners pop-up et autres résidences qui créent le buzz. Mais c’est à Paris qu’il sent bouger les choses. En 2014, Shay Ola décide de lancer son restaurant dans le quartier Goncourt.

Sobre néon sur une devanture noire, rien n’indique que se cache ici l’un des meilleurs tacos de Paris. L’ambiance est rock’n’roll et industrielle, même les carafes d’eau sont parées de tête de mort au chapeau mexicain. Le mur en pierres apparentes contraste avec les carreaux de métro qui recouvrent le dernier recoin du restaurant. Là, un néon rose annonce la couleur : eat, drink, dance.

Pas besoin de se faire prier quand les assiettes de tacos apparaissent. Mieux vaut choisir l’option couverts pour s’attaquer aux petits monticules bien léchés qui trônent sur les deux tortillas bleues violettes. Shay Ola a fait le choix d’une farine de maïs bleu. Les garnitures quant à elles, élèvent Death By Burrito au rang de restaurant. Celui qui a fait sa réputation à Londres, le tacos tartare de boeuf, ne déçoit pas. La viande maturée est coupée finement au couteau et les ingrédients, mûres et cacahuètes, surprennent. Même constat pour la paire de tacos au homard : la mayonnaise maison est légère. Préférence pour les tacos de porc braisé soja et kimchi -ce mélange coréen de légumes et piments fermentés- qui portent haut les couleurs d’un tacos gastro aux saveurs étonnantes.

DBB par bb de la branche

On ne voudrait pas en faire trop mais le vendredi soir, Shay Ola invite ses copains DJs londoniens à venir agiter autre chose que nos papilles.

Death By Burrito, 4 rue de la Fontaine au Roi, 75011, Paris

Luz Verde, le plus street-food

Aux commandes, des anciens du Frenchy, Alexis Delassaus et Quentin Zuddas, relèvent le challenge du premier restaurant haut la main. L’un en salle, l’autre en cuisine distillent un esprit enthousiaste et sans prise de tête. Un agréable mix qui s’apprécie tant dans l’ambiance que dans l’assiette.

Dans leur adresse du 9e arrondissement, en plein Pigalle, les murs en béton brut sont soulignés d’une ribambelle de suspensions en rotin courant du bar aux tables hautes à l’arrière. Une lumière prend la forme d’une calavera -tête de mort mexicaine-, quelques vierges sur les murs, uniques signes visibles de la passion commune des chefs. En attendant la carte, rien n’indique franchement ce qui vous attend.

Cinq tacos -servis par deux- se disputent les honneurs : garniture poulet, cochon, agneau, chorizo et végétarien. Le poulet est étonnamment fondant. L’agneau tape très fort : le tacos arrive brûlant et mixe avec brio les saveurs mexicaines dans une viande goûtue. Le chorizo nous émerveille de maîtrise sans nous brûler la langue. Et le végétarien finit de nous convaincre qu’il y a vraiment des cuisiniers derrière le projet, voire des gastronomes.

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On ne voudrait pas en faire trop mais la dégustation du meilleur guacamole qu’on n’ait jamais mangé sur une playlist d’Amérique du Sud ultra pointue vaut le détour.

Luz Verde, 24 rue Henry Monnier, 75009, Paris

Crédits photo - Photo de couverture : Mickaël A. Bandassak
Dans l'article : Bérengère Perrocheau
Texte : Bérengère Perrocheau