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The Bay Festival, techno et plage sauvage

The Bay Festival, techno et plage sauvage

Le 24, 25 et 26 juillet, The Bay Festival accueillera Nina Kraviz, Agoria, Tale Of Us, Marcel Dettmann ou encore Carl Craig, le tout dans un paysage idyllique en Corse. Greenroom a rencontré les organisateurs de ce week-end de paradis... Et mieux vaut ne pas se fier aux apparences ! 

Une plage traversée par une rivière. Un peu plus haut, une forêt brûlée, du maquis, une petite clairière. Tout est désert, seule une bâtisse abandonnée indique qu'il y a déjà eu des constructions ici. Ici ? Les contrebas de Solenzara, village de 1400 âmes au nord de Porto-Veccio. C'est là qu'Hugo, Romain, François ou encore Louis vont accueillir des dizaines de DJs et producteurs techno le dernier week-end de juillet pour la première édition corse de The Bay Festival.

Les organisateurs en sont les premiers ravis, ce spot de rêve est l'énorme atout du festival. Il faut dire qu'ils fournissent, depuis plusieurs mois, un gros travail pour habiliter cet endroit sauvage sans en perdre le charme. Au programme : trois scènes -- une plus petite pour les artistes locaux ou émergents, une dédiée à la techno un peu énervée et une principale sur la plage --, un espace chill out réalisé en collaboration avec le collectif Lateral Thinking (qui met aussi la main à la pâte sur la petite scène), une installation de canapés-palettes qui sera également présentée fin mai à We Love Green, des stands de restaurations aux produits locaux ("Les gens pourront manger leur plateau de charcuterie les pieds dans le sable", s'enthousiasme Romain, l'un des créateurs du festival)... Sans oublier le camping attenant au festival. Pour les aventuriers, un carré de pelouse et une tente deux secondes suffiront. Mais pour les fans de techno souhaitant un peu plus de confort, de drôles de petites maisons éphémères seront disponibles, entre tipis et bungalows :

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A noter qu'un partenariat avec un hôtel local a également permis de mettre en place un système de package comprenant chambre sur cinq jours et pass du festival. Les garçons du Bay ont pensé à tout côté hébergement. Il faut dire que cela peut vite tourner au casse-tête, surtout quand, comme eux, on souhaite créer un festival vert. "On va récupérer beaucoup de bois en essayant de construire le maximum nous-même, utiliser des verres recyclables. Le camping, c'est ce qui va être le plus difficile à gérer : on va inciter au maximum les gens à trier leurs déchets et pas à en mettre partout, surtout pas dans la rivière juste à côté du camping", explique Romain. Ce serait en effet trop bête de gâcher un endroit pareil avec des sacs plastiques flottant dans l'eau :

Partone1

A moins d'habiter l'Île de Beauté, faire l'aller-retour pour le seul festival peut paraître un peu hâtif. Et les garçons, ayant monté leur propre entreprise pour organiser l'événement (avec stagiaires et tout le toutim), comptent bien poster des bons plans et idées de visites sur la page Facebook du festival, comme les piscines naturelles des aiguilles de Bavella, le restaurant La Fonderie au village de Solenzara ou encore l'immense boîte de nuit à ciel ouvert Via Notte. On ne manquera pas non plus le petit voyage en bateau pour découvrir les îles Lavezzi.

Iles Lavezzi

Mais si ces alentours impressionnent, le line-up n'a absolument pas à rougir. Nina Kraviz, Agoria, Carl Craig, Jeff Mills, John Talabot, Traumer, Robert Hood, Recondite, Kenny Larkin, Ben Klock... C'est bien simple, les trois quarts des artistes programmés pourraient faire office de tête d'affiche, pour un week-end ouvertement techno. Romain, le créateur de l'événement, a découvert Laurent Garnier en 6ème. Depuis il n'écoute quasiment plus que de la musique électronique, dont beaucoup de techno. Mais lors des éditions précédentes du Bay, à Nice, le public local n'était pas forcément réceptif au style. Pas grave, il invitait Flume ou encore Cashmere Cat. De beau choix de direction artistique qui ont permis de convaincre tous les gros noms présents sur l'affiche.

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Pendant des mois, la bande copains a envoyé mails sur mails pour voir leur programmation se remplir. Avoir parfois de belles surprises personnelles : Louis, qui s'occupe de la com' et a réalisé la programmation avec Romain, est hyper enthousiaste à l'idée de voir Kosme ("Je l'ai découvert lors de ses résidences au Sucre à Lyon. Je l'ai vu avec des têtes d'affiche et à chaque fois j'ai trouvé que c'était le meilleur. Je pense qu'il va vraiment monter encore, il ne faut pas le rater cet été") tandis que Romain est pressé de "voyager sur le set de Recondite".

Mais c'est sans compter sur la soirée du dimanche, sorte de battle de Berlin/UK versus Detroit. Étonnamment, les garçons n'ont pas convié que des petits jeunes à venir danser en Corse. Pourquoi étonnamment ? Parce que la techno de Détroit et les "papas" Carl Craig, Kenny Larkin, Jeff Mills ou Robert Hood ne sont pas vraiment de leur génération : tous ont dans les 21 ans et sont étudiants le jour ! "Même si nous sommes très jeunes, ce n'est pas notre toute première soirée, on a emmagasiné pas mal d'expérience à Nice", tempère Romain. Et surtout, ils ne se sont pas lancés dans la techno bille en tête puisque le milieu est plus vieux et le style revient doucement ces dernières années mais est très attendu au tournant. L'article publié fin mars sur le blog Je T'Encule Thérèse en est l'exemple parfait : dur dur de racheter une réputation à la techno.

Si François, qui s'occupe de l'aménagement du site, regrette parfois de ne pas "être pris au sérieux", le jeune âge des organisateurs ne leur a pas vraiment posé de problème. Une question d'attitude et d'envie : "Forcément, les mecs qui en sortant de cours vont traîner sur internet ou aller en soirée étudiante un peu beauf tous les soirs de la semaine auront du mal à organiser un festival. C'est une question de motivation. Tu ne peux pas en manquer pour faire un travail créatif", explique Romain. Louis voit plus loin encore : "Il y a quelques années, la nuit à Paris était en train de mourir. Des collectifs et de jeunes organisateurs comme nous ont fait bouger les choses, et je pense que nous faisons partie de cette génération de relance". François, pas le plus bavard de la bande, aura le dernier mot : "J'ai envie de me retrouver avec Romain et tous mes potes qui travaillent sur ce festival dans 40 ans et que l'on se dise 'on était fou, on a osé'. C'est une aventure, une opportunité excitante. C'est le message de ce The Bay aussi : nous sommes en dehors de tous ces festivals ancrés dans la compétition, toujours obligés de faire mieux et parfois tournés vers l'argent". Ici, c'est les copains, la plage... Et un line-up annonçant l'une des plus belles nuits techno de l'été.

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www.thebayfestival.fr
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