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Balthazar : "On écrit sur les filles !"

Balthazar : "On écrit sur les filles !"

Alors que sort aujourd'hui Thin Walls, le troisième album du quintet belge Balthazar, on a rencontré leurs deux représentants Jinte et Marteen pour discuter britpop, vie en tournée et bus en panne.

Après un premier essai en 2010 (Applause) et un deuxième album au succès critique et commercial en 2012 (Rats), les cinq Belges de Balthazar sortent ce lundi 30 mars leur nouveau disque, Thin Walls. Si Rats sonnait très gainsbourgeois, le petit nouveau hisse les couleurs de l'Angleterre, produit par Ben Hillier ayant travaillé avec Blur... Enfin c'est ce qu'on a entendu. Avec leurs deux voix calmes et leurs accents flamands, Jinte Deprez (chant, guitare, violon) et Maarten Devoldere (chant, guitare, clavier) n'ont aucun problème à dire "non, on ne trouve vraiment pas". A chacun ensuite de se faire son avis sur le parcours de ces anciens chanteurs de rue concurrents (c'est la fille du groupe, Patricia Vanneste, qui rapprochera les deux saltimbanques de Courtrai), et c'est cette libre interprétation qui rend leur pop intéressante.

Green Room Session : comment vous sentez-vous après la très longue tournée de Rats ?

Maarten Devoldere : C'était très drôle et très surprenant : quand on a sorti Rats, on n'imaginait pas du tout qu'on allait toujours être en tournée après deux ans, d'autant que Rats n'était pas vraiment un album commercial et facile à placer en radio. Mais vu qu'on était continuellement entre deux concerts, on ne pouvait pas rentrer à la maison pour écrire de nouveaux morceaux, on a dû le faire sur la route, dans le tour-bus, dans les hôtels. C'est pour ça qu'on a appelé l'album Thin Walls (en VF "murs fins", ndlr.) parce que l'on n'a pas vraiment eu de vie privée en deux ans. On pensait qu'on ne pouvait pas se concentrer assez pour écrire en tournée  -- trop de fêtes, de distractions --, mais on a fini par se faire à l'idée ! Et au final, on a vu l'intérêt : tu te sens plus utile et acteur de ta tournée, tu peux créer entre les concerts et tester tes nouveaux morceaux en live.

Et qu'est-ce que ça a changé dans l'écriture même du disque ?

Jinte Deprez : L'album est direct, spontané et sonne live. Quand on a écrit Rats, on était en Belgique, à la maison. On avait tout le temps et l'espace possible pour penser à tous les petits détails, pour passer du temps sur chaque son. Thin Walls est plus dur, plus rock aussi.

En effet, le premier single "Then What" est plus rock que ce à quoi vous nous aviez habitué. L'album est en outre produit par Ben Hillier, qui a travaillé sur Think Tank de Blur. Ce disque serait-il plus anglais, britpop même, que belge ?

MD : Ce n'était pas notre intention première de travailler avec une équipe anglaise, ça s'est juste fait comme ça. Et de toute façon, quand nous sommes arrivés en Angleterre, la grande majorité des chansons étaient finies, il fallait juste les enregistrer correctement et y ajouter quelques petites touches finales. Je trouve que l'album est varié, et qu'il sonne un peu français, en tout cas un peu trop varié (prononcé en français, ndlr) pour être britpop.

Pourquoi avoir fait appel à un producteur alors que vos deux précédents albums étaient auto-produits ?

MD : On commençait à connaître nos petits trucs, nos manies. En plus, on a d'avantage confiance en notre songwriting maintenant, on sait que l'on n'a plus besoin de dépendre de la production pour que ça "sonne Balthazar". On a donc parcouru nos collections de disques en faisant une liste de producteurs. Ben Hillier était l'un d'entre eux et il était intéressé -- il avait aimé nos précédents albums, ça nous a fait plaisir. On a beaucoup discuté, il voulait vraiment comprendre ce que l'on voulait, nous assurer qu'il n'allait pas changer notre style...

JD : C'est plutôt le genre de producteur qui écoute ce que tu veux faire et essaye de le retranscrire au mieux sur l'album, sans à tout prix y ajouter sa patte personnelle. Quand on écoute Think Tank de Blur et les disques de Depeche Mode, ils n'ont rien à voir alors que c'est le même producteur. Et c'était agréable au studio, on était "juste des musiciens", on n'avait pas à se concentrer sur les compresseurs et tous les trucs techniques. Il a aussi travaillé avec nous sur l'EP Leipzig qu'on a sorti en janvier. En 2013, on s'est amusé à écrire une chanson par jour, en l'appelant comme la ville où on dormait ce jour-là. On a par exemple fait une chanson "Paris", qui était très mauvaise. "Leipzig" était mieux, mais c'était un single sans album. Quand on a écrit les chansons pour Thin Walls, Leipzig ne collait pas avec le reste du disque, on a préféré en faire un EP indépendant.

Au niveau lyrics, qu'avez-vous voulu exprimer sur Thin Walls ?

MD : On continue à écrire sur... Les filles ! Avec une nouvelle approche bien sûr, on vieillit, on a fait cette immense tournée... On ne raconte plus les mêmes choses et tous les morceaux ne sont pas de pures chansons d'amour.

Et, idéalement, que va faire Balthazar ces prochains mois ?

JD : Dans l'idéal, on composerait dans une villa dans le sud de la France. Mais on fera ça en tournée !

Votre meilleur souvenir de tournée ?

JD : Les moments les plus mémorables sont souvent ceux qui ne se passent pas comme prévu. Notre bus est tombé en panne en Espagne, et on a dû le pousser sur huit kilomètres jusqu'au garage. On était une dizaine à pousser, très très doucement. Ça nous a rapproché (rires). Mais sinon, évidemment, tous les concerts en France, c'est à chaque fois génial... Donc check it out !

Les Balthazar passeront donc le 16 avril au Bataclan à Paris, le 17 au Stéréolux à Nantes, le 18 à la Vapeur à Dijon, le 20 au Poste à Galène à Marseille puis au Printemps de Bourges le 26.

Photo d'illustration : © Alex Salinas