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L'Envers Club : "Nancy bouge de plus en plus"

L'Envers Club : "Nancy bouge de plus en plus"

Chez Green Room Session, on est persuadé que nos villes sont dynamiques. Pour vous le prouver, on a décidé de vous promener un peu partout en France et de partir à la rencontre de ceux qui font bouger leur ville. Si elles sont pour la plupart aussi innovantes, c’est qu’il y a des gens pour les stimuler ! Après avoir parlé du Lieu unique à Nantes, de la Dame Noir à Marseille ou encore de la Gaîté Lyrique à Paris, nous avons rencontré Violette Kobuta, la programmatrice de L'Envers Club à Nancy. 

"On pourrait dire que l'identité de L'Envers Club, c'est de ne pas en avoir". Violette Kobuta, Lorraine born and raised, s'occupe depuis trois ans de la programmation de L'Envers Club à Nancy, affichant une soirée par week-end (à prononcer "wiiiik-end", nous sommes dans l'Est). Et si elle s'occupe également de la communication ou des réseaux sociaux du club, elle ne se tire pas une balle dans le pied en affirmant que L'Envers n'a pas d'"identité" : bien au contraire, depuis 2008 (date à laquelle L'Envers est devenu L'Envers Club), le 1 rue Général Hoche s'échine à défendre une politique en voie de disparition, l'éclectisme. Que ce soit dans les soirées hip-hop "Call Your Mama" initiées par le résident Da Yan ou des choix plus techno, le club s'évertue à ne renier personne... Et à accueillir les meilleurs, comme Agoria, The Hacker, Etienne de Crécy, Erol Alkan, Joey Starr, Gesaffelstein ou Birdy Nam Nam. Prochainement, le vendredi 27 mars exactement, L'Envers Club recevra les très bons N'To, Worakls, Efix et Joachim Pastor. "C'est la première fois qu'ils passent à L'Envers", s'enthousiasme la programmatrice sur cette soirée "Hungry Party" que les Parisiens retrouveront le lendemain au Showcase.

Programme alléchant ne veut pas forcément dire grosse entreprise. L'Envers tourne grâce à une toute petite équipe, entre Violette Kobuta la programmatrice, Martin Munier le gérant, Guillaume Henriet le graphiste, et Jérémy Meyer le staff manager. Chacun y endosse plusieurs rôles : Violette donne également un coup de main pour l'administratif, le graphiste fait aussi office de directeur technique... Il faut dire que la vie n'a pas été toujours rose pour le club. L'année dernière, suite à une bagarre qui a mal tourné devant l'entrée de L'Envers, l'établissement a dû faire face à une fermeture administrative de deux mois. "Ça a été hyper dur", se souvient Violette. "On a mis un an à s'en remettre. Mais le plus difficile, c'est humainement. On n'était pas les premiers : en l'espace de quelques mois, L'Envers a été le troisième club à fermer".

Grand bar

Pourtant, Nancy est une ville qui "bouge de plus en plus" selon Violette. Et les bonnes adresses ne manquent pas : "côté restaurant, on va souvent manger avec l'équipe au Voyou, un restaurant à burger tout près de la place Stanislas, le centre-ville de Nancy. Dans le même quartier, il y a la Buvette, un bar avec des expos et des DJ-sets, ou La Machine à Vapeur qui fait des concerts et même des après-midis pétanque en été". A noter également que L'Envers, bâtiment du début du siècle ayant servi de malterie puis de réserve de poudre et de cachette pour les Résistants, est loin d'être le seul club de la ville. "Il y a l'Ostra, très axé techno, ou la salle L'Autre Canal qui organise chaque année une foire aux vinyles très sympa", indique Violette, embauchée à L'Envers Club à la fin de ses études et après un stage aux Nuits Sonores. Mais l'ombre des fermetures n'est jamais loin : il y a un mois environ, les Nancéiens ont appris la fermeture du T.O.T.E.M., un espace pluridisciplinaire à l'architecture ultra-minimaliste qui a vu ses subventions réduites. "Notre objectif maintenant est de ne pas décevoir la clientèle de ce lieu mythique de Nancy qui pourrait avoir la curiosité de venir faire un tour par chez nous", ajoute Violette. On ne se fait pas trop de soucis.

FOULE

www.lenversclub.fr

Crédits photo : Alex Lermechin et Alan Frédérich