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Retrogaming : mode d'emploi pour retrouver les jeux des nineties

Retrogaming : mode d'emploi pour retrouver les jeux des nineties

Retrouver les jeux vidéos qui ont bercé notre enfance, c'est facile. Encore faut-il savoir où chercher. Instant nostalgie et retrogaming. 

giphySi tous les trentenaires de 2015 ont un point commun -- en dehors du Club Dorothée, bien sûr -- , c'est la fascination pour les jeux vidéos. Pour les nouveaux peut-être, avec leur ultra-réalisme et leurs animations 3D, mais aussi pour les moches, les lents, les plats, ces tas de pixels qui ont bercé leur enfance. Super Nintendo, GameBoy, consoles Sega voire Atari... Malheureusement, ces petites machines sur lesquelles il était si facile de scotcher pendant des heures ne sont pas immortelles, entre mémoire en berne, touches arrachées ou prises Péritel obsolètes (de plus en plus de télévisions privilégient l'HDMI à ces gros branchements). Mais alors, on met la Super Nes à la poubelle ? Sûrement pas. Que ce soit avec de nouvelles consoles ou via des émulateurs, il est tout à fait possible de rejouer aux vieux Zelda sur son Samsung flambant neuf ou de retrouver ses combinaisons de touches préférées de Street Fighter sur une télé écran plat. Un Américain a ainsi reconstitué le level 1 de Super Mario 64 (le fameux Bob-Omb Battlefield) de manière ultra précise. Il suffit de télécharger le plugin pour y jouer sur son ordi. Alors que Nintendo vient enfin d'annoncer officiellement son arrivée sur mobile, Green Room Session fait le point sur toutes les méthodes chères aux retrogamers -- et, évidemment, légales.

Un peu de shopping...

Paris, à deux pas de la place de la République. Depuis trois ans, Mathias et Thomas gèrent Game Them All, magasin quasiment entièrement dédié au rétrogaming. Là-bas, pas question de prendre les clients nostalgiques pour des pigeons : "Depuis que l'on a ouvert, les prix du rétro ont augmenté. Mais on essaye de se rapprocher le plus possible des tarifs pratiqués sur le web. Après, il faut bien comprendre que nous sommes une boutique : contrairement à un particulier qui vend sa vieille console sur le Bon Coin, on doit payer les fournisseurs, le loyer, les impôts", explique Mathias. S'adonner au retrogaming sur les consoles d'origine (sans se faire avoir sur le Bon Coin en achetant un produit défectueux), ça a un coût, et la boutique s'adresse alors à une clientèle "qui gagne sa vie", majoritairement trentenaire.

giphy (1)Chez Game Them All, deux écrans de télé sont à disposition pour tester les jeux, dont beaucoup d'importations et des grands classiques comme des jeux Super Nintendo, des N64 ou des PS2 (ces dernières sont modifiables facilement pour supporter les jeux en importation mais aussi les jeux PS1, pratique !). Collectionner les jeux importés du Japon et des Etats-Unis n'est pas qu'une marotte : "sur des produits japonais ou américains, on joue à la vitesse originale du jeu de 60Hz contrairement aux versions françaises en 50Hz. Le rétro c'est bien, mais dans la meilleure version possible c'est mieux", poursuit ce passionné. Et cela passe aussi par la console en elle-même. S'il est possible de s'amuser avec des émulateurs (voir plus bas), cela n'a rien à voir avec les sensations apportées par une console : "c'est un plaisir supplémentaire. C'est comme si on demandait à un habitué des Coccinelles ce qu'il pense d'une New Beatle". Autant y aller à fond, donc. Dans cette optique, on peut également citer Lekki, site de vente en ligne réhabilitant les vieux téléphones et les anciennes consoles (GameBoy et Super Nintendo) en les customisant un peu -- sans oublier d'être assez onéreux.

Problème : certaines consoles ne sont plus adaptées aux télévisions modernes (adieu prises Péritel) et, pour vraiment s'éclater, il faudrait en acheter plusieurs. Pour s'adapter à la gourmandise toujours plus grande des retrogamers, plusieurs machines ont été spécialement conçues. Côté console de salon, la Retron 5 a tout pour plaire : il suffit d'y insérer les vieilles cartouches et disquettes de Nintendo, Super Nintendo, Famicom (NES Japonaise), Mega Drive, Game Boy, Game Boy Color et Game Boy Advance. Malheureusement, il semblerait que le rêve des retrogamers ait quelques petits soucis de fabrication (nos confrères du Monde, entre autres, ont été très déçus). La Ouya, basée sur le principe d'open-source, est beaucoup plus prometteuse et permet notamment de tester gratuitement des centaines de jeux avant de faire son choix dont l'excellent Oddworld : Stranger's Warth (sorti sur Xbox il y a 10 ans déjà !).

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Plutôt branché consoles portables ? On peut citer la japonaise Dingoo, ersatz d'une Nintendo DS supportant une foule de vieux jeux, ou bien la très chic et très chère R-Kaid-R, 2499 euros pour une jolie boîte supportant 10 000 jeux et produite à 50 exemplaires seulement. Les deux fonctionnent sur le système de l'émulation.

Attention, technique !

Mais alors, l'émulation, c'est quoi ? Pour les puristes, de la triche, pour les fainéants et les radins, un bonheur. Un émulateur est, pour faire simple, un petit logiciel reproduisant le comportement d'une console. Existent alors des émulateurs Super Nintendo, GameBoy... Et même des émulateurs spécialement conçus pour les téléphones portables comme l'application Android RetroArch : coucou les parties de Zelda enflammées dans le métro en sortant du bureau ! Les émulateurs sont tout à fait légaux. Mais il n'y a rien dessus. C'est ensuite que ça se complique : pour jouer à Metal Gear sur son PC comme si c'était une Nintendo, il faut en trouver la ROM, le code du jeu -- un peu comme notre ADN, si on peut se permettre les comparaisons biologiques. Certaines sont libres de droits. Mais beaucoup sont soumises aux règles de droit d'auteur. La loi autorise une copie de sauvegarde sous quelque forme que ce soit à condition que vous ayez l'original, que cette copie vous serve dans un cadre privé et que le support soit considéré comme "fragile", comme les disquettes et les cassettes. Sauf que savoir extraire une ROM, c'est assez compliqué, tout le monde finit par les télécharger sur des sites spécialisés. La plupart du temps, les éditeurs ferment les yeux quand le jeu et la console correspondante ne sont plus commercialisés.

Si vous avez une âme honnête, il suffit de se rendre sur des listes de ROMs libres de droits ou sur le site Archive, une des plus grosses cavernes d'Ali Baba du web : on y trouve des films, des musiques, des livres ou des logiciels, jeux vidéos compris... Et ainsi jouer à Street Fighter II en ligne, tout simplement.

On peut bouger de son canap', aussi

Si on résume, pour retrouver les jeux qui ont bercé l'enfance des kids des années 90, on peut : acheter une console d'époque sans se faire avoir, acheter une nouvelle console dédiée au retrogaming, jouer en ligne ou utiliser un émulateur. Tout ça c'est très bien, mais pas très social. Alors rendez-vous au Dernier Bar Avant La Fin Du Monde ou au Fantôme (ci-dessous) à Paris, tous deux proposant des bornes d'arcade et autres espaces de jeux pour les retrogamers. Parce que la nostalgie n'est pas réservée aux fans de variété des années 80... Gamers de la première heure, levez-vous !

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UPDATE 30/04/2015 : Un peu plus dans cet article, nous vous parlions d'Archive.org, ce site incroyablement complet recensant tout ce que le monde peut faire de biens culturels libre de droits. Archive ne se repose pas sur ses lauriers : voilà qu'il est possible d'intégrer certains de leurs jeux... Dans un tweet. Et y jouer depuis Twitter. Attention aux ordinateurs habitués du lag, un jeu d'arcade inséré dans un tweet est bien sûr assez lourd.