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F.A.M.E, la musique est l'avenir du film...Ou inversement

F.A.M.E, la musique est l'avenir du film...Ou inversement

La deuxième édition du F.A.M.E se tiendra à la Gaîté lyrique à Paris du 12 au 15 mars. Un festival unique qui jette des ponts entre films et musique.

Une excellente musique peut-elle occulter un mauvais film ? Et inversement ? Sans y répondre, le F.A.M.E, Film and music experience, a le mérite de poser la question et d'en discuter les limites. Pour sa deuxième édition, qui se tiendra du 12 au 15 mars à la Gaîté lyrique à Paris, l'évènement s'organisera autours de projections, concerts - notamment celui de Jean-Benoît Dunckel, moitié du groupe Air - et rencontres. Le F.A.M.E est né de la collaboration de Benoît Hické, à la tête de feu le cycle musiquepointdoc, et d'Olivier Forest qui a dirigé durant cinq ans - de 2007 à 2011 - Filmer la Musique. "Il y avait un vide, une fenêtre qui s'est refermée concernant les liens entre musique et film", explique Olivier Forest. Un manque qu'il a bien fallu combler et qui a donné naissance à F.A.M.E. "Agréablement surpris" par le succès de la première édition, les deux commissaires ont voulu transformer l'essai, en réinvestissant le "lieu porteur" de la Gaîté lyrique. Contrairement à 2014 où le F.A.M.E n'occupait que l'auditorium et ne présentait que 15 films, cette année, le festival s'agrandit également à la grande salle et met en compétition une vingtaine de films.

En amont, Benoît Hické et Olivier Forest ont écumé les festivals et les sites et lancé des appels à projets afin de sélectionner entre 250 et 300 films parmi lesquels ils ont retenu la vingtaine présentée. Si la fiction n'avait pas sa place dans l'édition précédente, c'est désormais le cas. "On ne peut pas passer le tout-venant, on cherche un film aventureux et audacieux dans la narration", confie Olivier Forest, "on essaye au maximum d'éviter les films avec des archives et des interviews de mecs sur leurs canapés". Les films en compétition seront départagés par un jury composé notamment de musiciens - le talentueux Christophe Chassol - photographe ou encore dessinateur. Green Room Session vous présente ses cinq coups de coeur.

I Dream Of Wires, de Robert Fantinatto et Jason Amm

Le film retrace retrace l’histoire des machines analogiques, nées dans les laboratoires de recherche des années 50 avant de conquérir la musique des années 60 et 70. Puis d’être balayées par les synthétiseurs en plastique des années 80, moins chers et plus fiables. Où l'on croise par exemple Morton Subotnik, Gary Numan, Carl Craig et Factory Floor. Mais surtout les deux écoles : celle, East Coast, incarnée par Robert Moog, et la deuxième, West Coast, ayant Donald Buchla pour tête de file. Le premier ajoute un clavier à ses machines quand le deuxième lui préfère le fameux Red Panel. Un éclairant et nécessaire voyage dans le monde des musiques électroniques.

Samedi 14 mars à 22h.

Looking For The Perfect Beat, de Matthew F. Smith

Une expérience de cinéma direct. Un long-métrage qui balade sa caméra au Low End Theory, club de Los Angeles considéré comme l’épicentre du hip-hop expérimental, où se produisent régulièrement le gratin de la beat music : The Gaslamp Killer, Deadalus, Free The Robots, Astronautica et bien d'autres.

Akounak Tedalat Taha Tazoughai, de Christopher Kirkely

Les tribulations de Mdou Moctar, rockeur touareg du nord du Niger, qui tente de se faire sa place malgré des obstacles d'ordre amoureux et familiaux. Littéralement “Pluie de couleur bleue avec un peu de rouge”, Akounak Tedalat Taha Tazoughai  est un long-métrage rythmé qui suit avec acuité son héros sur sa moto mauve poussiéreuse. Héros qui, au-delà d'un combat personnel, incarne la lutte plus large d'une communauté Touareg mise à mal par une situation géopolitique et sécuritaire bancale. Un film brillant, sorte de remake officieux de Purple Rain, par le fondateur du label Sahel Sounds.

Samedi 14 mars à 20h.

Des jeunes gens mödernes, de Jean-François Sanz

Le documentaire de référence sur la scène post punk / cold wave qui a vu le jour en France vers la fin des années 70 et le début des années 80. Une scène disparate qui aurait comme dénominateur commun une musique froide, mécanique et désinvolte et des personnes jouant sur les ambiguïtés d'une attitude chic et punk, arty et futuriste. Un mouvement, qui n'en est pas vraiment un, dont peuvent se revendiquer des groupes comme Marquis de Sade, Mathématiques Modernes, Taxi Girl, Kas Product, Elie & Jacno, Artefact, Etienne Daho, les Rita Mitsouko mais aussi le terrorisme graphique du groupe Bazooka.

Dimanche 15 mars à 16h30.

Don't Think I've Forgotten : Cambodia's Lost Rock Nad Roll, de John Pirozzi

Dans les années 60 et 70, les Cambodgiens écoutent avec une attention accrue la radio américaine émise depuis le Viêtnam. Ils mêlent ces influences aux mélodies et aux rythmes de leur musique traditionnelle, pour donner naissance à une scène et à un son unique. Cette liberté va être mise à mal par l’arrivée au pouvoir des Khmers rouges en 1975 qui arrêteront et élimineront intellectuels, artistes et musiciens. Un documentaire en forme de fresque historique bouleversante et sanglante.

Dimanche 15 mars à 16h.