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Le BPM Contest, "vraiment là pour pousser des artistes émergents"

Le BPM Contest, "vraiment là pour pousser des artistes émergents"

Alors que ce soir commence à Rennes la tournée du BPM Contest, on a discuté avec son fondateur Sébastien Roch et Mathys Lenne, le gagnant de l'année dernière. 

Green Room Session aime les découvertes, les jeunes artistes électro ou les labels frenchies à surveiller de près. Alors forcément, quand Sébastien Roch, fondateur du label Roch Music (et, accessoirement, interprète du célèbre Cricri d'Amour d'Hélène et les garçons), organise pour la cinquième fois son tremplin BPM Contest, on dresse l'oreille. Parce que Cricri -- pardon, Sébastien -- et nous partageons la même envie de dénicher des pépites chez les producteurs électro français : "L'idée du BPM m'est venu en 2011. J'avais très envie de créer un label de musique électronique. J'ai commencé à organiser des soirées au Viaduc Café, dans le 12ème arrondissement de Paris, pour créer un réseau et pourquoi pas commencer à signer des artistes. Et puis, je me suis dit 'pourquoi pas inventer un tremplin pour découvrir de nouveaux producteurs ?'. On sélectionne des artistes, qui jouent 30 minutes en live ou DJ-set mais uniquement leurs propres compositions, devant un jury de professionnels, une fois par mois jusqu'à la finale. Au début, tout se passait dans ce café. La formule était efficace, le concept chouette, dans une ambiance du tonnerre pleines de rencontres professionnelles enrichissantes. L'année d'après, on a eu envie de quitter Paris en faisant une tournée en province". Cinq éditions que ça dure, avec de jolies réussites : "On est vraiment là pour pousser des artistes émergents. Par exemple, Tez Cadey est un producteur déniché en 2013 par le BPM, où il a arrivé finaliste (photo ci-dessus). Aujourd'hui, il est signé sur mon label Roch Music, en licence chez Sony International et vient de finir un contrat de booking en Allemagne". La preuve que "ça fonctionne", se réjouit Sébastien Roch. "Seve", le dernier clip de Tez Cadey fleurant bon les vacances, a dépassé les 100 000 vues sur Youtube, tout de même :

Autre carrière en passe de décoller : Mathys Lenne, gagnant de l'édition 2014. A l'époque, il se faisait appeler Güts (une homonymie l'a fait revenir à son nom de naissance) et s'attachait plus au mix qu'aux compositions. C'est un ami qui l'a inscrit à BPM Contest. Mathys a de quoi lui dire merci. Depuis sa victoire, le jeune DJ et producteur de bientôt 21 ans ne sait plus où donner de la tête entre ses études de sociologie et son implication dans la musique : un EP chez Roch Music prévu en mai, un label (Rose Records), un projet collectif se nommant Moonkraft (de nouveaux morceaux sortent bientôt, et la formule est intéressante : ils seront toute une bande à composer, mais personne ne sera vraiment qui a fait quoi), une Silent Party le 28 mars avec Kolde à L'Hybride à Lille dans le cadre du festival de l'animation... Et surtout, un bon paquet d'expériences. "Le BPM m'a permis de franchir une étape, celle d'être plus professionnel. J'ai pu mixer avec Daniel Avery au 1988 Live Club à Rennes, rencontrer le parrain 2014 Teki Latex ou The Hacker lors de la finale au Trabendo l'année dernière. J'ai déjà pu observer un milieu que je connaissais un peu grâce à mon père DJ, mais c'est là que je me suis vraiment rendu compte que ça me plaisait. Je ne m'imaginais pas du tout en arriver là quand je bidouillais dans ma chambre il y a deux ans !", raconte ce fan de Gesaffelstein, alors qu'il est attendu lors de la tournée BPM 2015 à Marseille et à Cannes. Et sa partenaire de platines, la marraine de cette édition, aura sûrement d'autres précieux conseils à lui donner puisqu'il s'agit de Jennifer Cardini. Quant aux nouveaux candidats, "il faut qu'ils maîtrisent leur musique, aient confiance en eux et surtout surprennent le jury".

Cette année, le président du jury n'est autre que Patrice Bardot, le rédacteur en chef du magazine Tsugi. Un choix plutôt évident : "Aujourd'hui, dans l'immensité d'Internet et le flot de musique que l'on y trouve, les jeunes producteurs, s'ils ne bénéficient pas d'un piston, ont beaucoup de mal à se faire repérer. C'est pour cela qu'un concours comme le BPM me semble très intéressant. Sa démarche me semble très proche de la mienne qui est en partie de dénicher les futurs talents. Je suis toujours excité à l'idée de découvrir des nouveaux talents, je pense que le BPM est un excellente occasion de m'offrir cette opportunité. Peut être que l'on trouvera dans les pages ou sur le site de Tsugi des producteurs qui auront émergé grâce au BPM. C'est un peu le principe des vases communicants". Et, apparemment, le crû 2015 se défend bien : "D'années en années, le niveau grimpe, on attire de plus en plus d'artistes confirmés, déjà implantés", précise Sébastien Roch. Confirmation dès ce soir, au 1988 Live Club à Rennes, pour la toute première date du concours. Amis du Sud ou Alsaciens, si Rennes est un petit peu trop loin, pas de panique : l'intégralité de la soirée sera retransmise, en direct à partir de minuit et avec des interviews en bonus, sur la web radio AvenueJunot.com. Jeunes producteurs, bonne chance !

La tournée du BPM Contest passera à Rennes au 1988 Live Club le vendredi 6 mars (ce soir donc), en compagnie de target="_blank">Quentin Schneider (président du collectif Social Afterwork et habitué des lieux), les Berlinois de target="_blank">Nine Toes et le Nantais target="_blank">Dan Bono. Côtés candidats, il faudra compter sur target="_blank">Les Gordon, French 79, target="_blank">Morgasm et target="_blank">Yann Polewka. Le tremplin continuera ensuite sa route à Bordeaux à l'Iboat, au One Again à Marseille et à l'Electric à Paris en attendant une autre date TBA et la finale en octobre.
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