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Carl Barât : "L'alchimie du groupe me manquait !"

Carl Barât : "L'alchimie du groupe me manquait !"

Carl Barât, la moitié dans l’ombre des Libertines, a décidé de former un nouveau groupe,The Jackals. Leur premier album, Let It Reign, vient de sortir. Rencontre avec le rockeur aux yeux pâles et son nouveau guitariste, Billy Tessio.

A 38 ans, Carl Barât, la moitié dans l’ombre des Libertines, a connu des nuits blanches à n'en plus finir. Aux côtés du chancelant Pete Doherty, ce résidant du nord-est de Londres a fait ses classes rock pendant des années, générant deux albums, Up The Bracket en 2002 et The Libertines deux ans plus tard. Tous salués par la critique. Puis, sans grande surprise, les égos de ces deux fortes têtes ont eu raison de la formation. Après une séparation officielle en 2004, le couple libertin a fait son grand retour. Carl Barât travaille actuellement sur le troisième album des Libertines, en Thaïlande notamment.

Cette séparation lui a tout de même donné l'envie de voler de ses propres ailes. Le compagnon d'Edie Langley et père de deux enfants a ainsi sorti un album éponyme solo en 2010. Alors qu'il prévoyait de remettre ça, il a finalement revu sa copie et a préféré la meute au héros solitaire. Carl Barât revient donc avec The Jackals. Les quatre chacals viennent de sortir un premier album, Let It Reign. Dix morceaux aux guitares saturées, aux titres évocateurs qui donnent des envies de partir à la conquête du monde, comme "Victory Gin", ponctué par des "We are not afraid of anyone" braillés par la voie éraillée de Carl Barât, "A Storm Is Coming" ou"March Of The Idle" et sa rage de dénoncer. Carl l'écorché vif n'a pas oublié pour autant les accalmies avec des morceaux plus doux, tels "Beginning To See" et "Let It Rain". De passage à Paris, le rockeur aux yeux bleus, accompagné son nouveau guitariste Billy Tessio, nous en a dit un peu plus sur ce nouveau projet.

Green Room Session : Vous avez dans un premier temps voulu faire de Let It Reign un album solo. Pourquoi avoir changé d’avis et décidé de le faire avec un groupe ?

Carl Barât : J’avais l’impression que les chansons que j’étais en train d’écrire, dont j'ai débuté l'écriture il y a environ un an, étaient destinées à un groupe. Au-delà de ça, j’aime beaucoup travailler avec d’autres personnes. J’ai déjà fait un album solo et l'émulsion que peuvent avoir les gens qui ont des intérêts en commun, qui jouent des concerts ensemble, me manquait.

Comment s’est déroulé le recrutement des Jackals ?

J’ai décidé de faire une sorte d’audition et de les recruter sur Internet. J'ai eu des milliers de réponses. J'ai sélectionné des dizaines de candidats puis leur ai demandé de jouer quelques morceaux, « Death On The Stairs » des Libertines et « Gin & Milk »  des Dirty Pretty Things (autre groupe formé par Carl Barât en 2005, ndlr), afin de voir comment ça se passait. Je leur ai finalement proposé qu’on aille tous prendre un café. Je me suis dit que c’était beaucoup moins embarrassant car tout le monde est à position égale.

Qu’est-ce-que The Jackals te permet de faire, qui t’était impossible avec The Libertines ?

C’est un peu plus rock'n'roll, je produis des sons différents avec des guitares plus agressives. Les alchimies sont nouvelles.

Comment sépares-tu ton temps entre les Jackals et les Libertines ? Existe-t-il une séparation claire ?

C’est assez difficile mais oui, j’essaye de marquer une séparation entre les deux. On verra bien comment ça évolue mais en tout cas, ça requiert beaucoup de travail !

Tu n’as pas peur de devenir schizophrène ?

Si, complètement ! C’est assez étrange cette double personnalité.

Comment décrirais-tu l'album Let It Reign ?

C’est une réflexion sur notre époque actuelle et sur les temps qui changent. D’un côté, nous expérimentons de plus en plus la liberté, mais d'un autre, j'ai l'impression qu'il y a de plus en plus de restrictions. La corruption, l'envie de plus de transparence sont autant de thèmes de réflexion sur cet album. A ce titre, il est intéressant de voir la relation de chacun avec les médias, internet. L’album parle aussi de fuite.

Vous avez écrit une chanson -- "Glory Days" -- avec l’aide de Benjamin Biolay, avec qui vous aviez déjà travaillé auparavant. Comment l’avez-vous rencontré ?

Dans un studio en Belgique il y a trois ou quatre ans. Ça a bien matché entre nous, on a passé pas mal de temps ensemble à faire la fête, parler, à regarder des vidéos sur Youtube. Sur Let It Reign, j’ai également écrit des morceaux avec l'aide d'Andy Burrows (Razorlight, We Are Scientists, ndlr) et du songwriter anglais Ed Harcourt.

Vous avez joué au théâtre, vous venez de camper le rôle principal dans le film de Paule Muret For This Is My Body. Quelle est votre relation au cinéma ? 

J’aimerais beaucoup consacrer plus de temps au cinéma, c'est assez naturel pour moi. On verra si le public apprécie le film !

Est-ce-qu’il y a d’autres arts avec lesquels vous vous exprimez ?

Je suis tellement nul en peinture. J’aimerais savoir peindre mieux, peut-être que j’y arriverai un jour !

Pensez-vous déjà à un deuxième album avec les Jackals ?

Evidemment. Nous écrivons en permanence.