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Fireworks : Isaac Delusion - "On veut que ça reste naturel"

Fireworks : Isaac Delusion - "On veut que ça reste naturel"

Le groupe d’électro-pop Isaac Delusion sera en concert le 24 février pour entonner ses douces balades, dans le cadre du festival A Nous Paris Fireworks. L’occasion de discuter un peu.

Au commencement, il y avait la voix étonnamment aiguë et au timbre diffus de Loïc, le doigté de Jules aux machines, rejoints en cours de route par Nicolas et Bastien. Et des balades électro-pop lumineuses et douces comme une brise d’été. Repéré en 2012 avec un premier EP, Midnight Sun, mêlant folk, électro et pop aux accents légèrement fleur bleue, Isaac Delusion a depuis bien grandi : un premier album éponyme sorti en juin dernier et une tournée dans la foulée dans toute la France, les quatre compères ont pris du galon.

Preuve en est leur concert à l’Olympia le 24 février, dans le cadre du festival A Nous Paris Fireworks qui se déroule du 14 au 25 février avec notamment Allah-Las, Grand Blanc, RY X ou encore Baxter Dury. L’occasion était donc toute trouvée de discuter avec Jules, histoire d’en savoir plus sur les projets du groupe et sa vision du live.

Ce n’est pas la première fois qu'Isaac Delusion participe à Fireworks, vous êtes presque des habitués... 

C’est même la troisième ! L’an dernier, on était au Nouveau Casino et l’année d’avant au Café de la Danse. C’est un festival dont j’adore la programmation, comme toujours lorsque c’est avec Super! (agence artistique organisatrice du festival, ndlr), qui gère aussi le Pitchfork d’ailleurs. Le prog' est très cohérente, très recherchée et assez ambitieuse parce qu’ils choisissent aussi des artistes très peu connus. Donc c’est un vrai pari, et je trouve ça plutôt classe.

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Et il y a une différence entre jouer dans un festival à Paris et en région ?

Oui, ça change énormément de choses ! J’ai découvert le concept de festival parisien avec Fireworks. Pour moi à la base, un festival c’était un rassemblement de plein de gens dans un même lieu, avec des tentes et des merguez ! On se retrouve alors à jouer devant des gens qui ne connaissent pas ou presque pas notre musique et c’est assez grisant d’arriver à emporter tout le monde. Là avec Fireworks, cela s’apparente plus à un concert. C’est un autre défi : celui de jouer dans une salle comme l'Olympia, et en tête d’affiche.

Justement, c’est angoissant de jouer dans cette salle mythique ?

C’est sûr qu’on se concentre dessus mais il faut justement essayer de se dire que c’est une date normale, que tout va bien se passer (rires) ! On est ravis, on travaille pour que ça se passe bien mais le trac on essaie de l’éviter pour que l’alchimie avec le public se fasse le mieux possible. Nous n’avons pas de rituels pour se préparer avant d'entrer sur scène : on ne se fait pas un gros check ou un câlin avant (rires) ! Ces petits gestes sacralisent la chose, nous on veut que ça reste naturel. 

La scénographie et le VJing sont importants dans votre travail, vous prévoyez quelque chose de nouveau pour le live Fireworks ? 

Oui. Avant sur nos lives, il n'y avait que de la vidéo et donc peu de lumières parce que les projections ne permettaient pas de les voir. Là, on a voulu mélanger les deux, donc travailler sur les moments où vidéos et lumières sont en simultané. On a fait des tests et ce sera uniquement pour ce concert prévu pour Fireworks. Ce sera la surprise pour tout le monde. 

On a l'impression qu'Isaac Delusion a décollé assez rapidement finalement... 

Oui et non. On a gravi les échelons pas à pas : le Point FMR avec 400 places, puis le Trabendo avec 800 places puis le Trianon... On est allés crescendo mais cela s'est fait dans une suite logique disons. Bien sûr, nous sommes étonnés de tout ça, mais au quotidien on a pas eu le sentiment d'être dans un tourbillon permanent, sauf en ce moment avec la tournée. Mais sinon, on a eu pas mal de moments de doutes, de vide. Par exemple entre la fin de l'enregistrement de l'album en septembre (2013, ndlr) et sa sortie en juin (2014, ndlr). Et puis il y a encore tout à faire !

Donc le deuxième album est déjà en route ?

Oui, en fait on ne s'arrête jamais de composer. Là, on a un son qui est prêt et qui devait sortir avant le concert pour Fireworks mais on va attendre un peu pour pouvoir sortir le clip en même temps. On a un deuxième son, prêt aussi mais celui-là doit être enregistré. On le bosse en live avant de le figer, comme on avait fait pour le premier album où la plupart des morceaux avaient déjà été joués en concert. Cela permet de voir la réaction du public et puis de savoir si le morceau est vraiment fluide ou pas. Donc on va continuer comme ça jusqu'à avoir 10, 12 ou 15 morceaux.  Le premier album a été bien accueilli mais il faut qu'on confirme ça avec le deuxième et ne pas se reposer sur ses lauriers. Une belle carrière ça se construit sur le long terme. 

Photo par Valentin Boudet