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Album de la semaine : Rone - "Creatures"

Album de la semaine : Rone - "Creatures"

Le producteur français, figure d'une électro où le credo est l'émotion, revient avec son troisième album "Creatures". Toujours aussi planant mais moins explosif.

Il y a d’abord eu un teaser. Les coeurs ont bondi. Puis un premier single, et un second. Les mains ont tressauté. Ensuite un concert à la Cigale. Les corps se sont cabrés. Et voici enfin venu le moment de la sortie de l’album de Rone dans sa totalité, Creatures (disponible sur iTunes). Un troisième opus du Français exilé un temps à Berlin ardemment attendu, après un bouillonnant Tohu Bohu en 2012. Avec moins d’explosions, de trajectoires multiples formant des entrelacs haletants, l’ambiance qui plane sur les douze titres de Creatures est plus sage. A la place, l’album - composé à Dreux dans la maison de Rone - affiche une cohérence impressionnante. On oserait presque le mot de maturité s’il n’était pas si galvaudé.

Le morceau inaugural est à l'image du travail du Parisien, tenant d’une certaine électro imagée et chargée d'émotion : plein d’une emphase pas prétentieuse pour un sou mais qui galvaniserait n’importe quelle troupe, avec des orgues qui figurent comme une marche céleste, sombre et de plus en plus inquiétante. C’est ensuite un bal des featurings qui s’ouvre puisque Creatures en compte huit, soit plus de la moitié de l’album.

Annoncés depuis belle lurette, ils intriguaient presqu’autant que le contenu plus général du nouvel album du producteur. Notamment "Mortelle" la track annoncée avec l’icône dégingandée des années 80 Etienne Daho, après un remixe d' "En Surface". Résultat, une atmosphère presque aquatique où la patte du producteur se fond parfaitement dans l’univers languide du chanteur.

#t=29

C’est sûrement le fil rouge entre toutes ces collaborations : elles parviennent avec talent à ne travestir ni le travail de Rone ni celui de l’artiste invité tout en prenant le meilleur des deux. A cet égard, on retiendra le très mélancolique “Quitter La Ville” avec François Marry (sans ses Atlas Moutains) et “Calice Texas” avec le Libanais Bachar Mar-Khalifé où les voix et subtiles sonorités arabes font voyager.

Rone retrouve également le violoncelliste Gaspar Claus, déjà présent sur Tohu Bohu, pour “Freaks”, qui porte bien son nom, mêlant beauté grave du violoncelle et synthé stridents. Des synthés charriant avec eux - sur le très hip hop "Sing Song" (dont le clip - premier de l'album - est à découvrir ci-dessous) et "Ouija" notamment - toute une ambiance cosmique dont le producteur français a fait sa signature depuis ses débuts et accentuée par la thérémine, cet instrument génial et étrange qui produit des sons sans être touché par les doigts du musicien. Une magie qui sied parfaitement à Rone.

Premier clip issu de l'album Creatures

Creatures

Rone

  • Label: InFiné
  • Sortie: 09/02/2015
  • Note: