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Rone à la Cigale : eh bien, dansez maintenant !

Rone à la Cigale : eh bien, dansez maintenant !

Rone était à la Cigale jeudi 5 février pour présenter son nouvel album Creatures. On y était et on vous dit tout. 

Créatures, petites bêtes, fantômes mignons... Peu importe le nom donné aux bestioles qui ont peuplé le live de Rone hier soir à la Cigale, elles ont réussi leur coup, tant les lumières et le VJing étaient féeriques. Comme tout le reste d'ailleurs, musique et ambiance en tête : pendant les deux premiers morceaux (dont le magique "Bye Bye Macadam"), difficile de discerner les exclamations enjouées des spectateurs des mélodies.

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Pourtant, la salle bondée fait un pari ce soir : mis à part quelques privilégiés et les équipes de son label InFiné, personne ne connaît la teneur du nouvel album de Rone, prévu pour lundi et très justement appelé Creatures. Un nom qui fait peur, à l'image du premier tableau affiché derrière Erwan Castex, lui-même perché sur une espèce de vaisseau spatial noir. Imitant les reflets de ses lunettes rondes, les bêtes aux yeux blancs sont tapies dans l'ombre, un ciel peint à la Van Gogh derrière elles.

Photo © Maxime Chermat

Mais au fur et à mesure des morceaux, entre une reprise énergique "Bora (vocal)", le sublime "Parade" , le petit dernier "Ouija" en rappel ou de planants inédits accompagnés de thérémine, ces chats de l'espace et autres spectres valsant se font complices d'un Rone "surexcité", ravi de ce "début de tournée" et lâchant dans un rire maladroit "je vais jouer de nouveaux titres, j'espère qu'ils vous plairont". A la fin, l'inquiétant a laissé la place à l'amical, les formes fantasmagoriques à de petits bonhommes adorables, l'excitation individuelle à la communion... En ajoutant à cela, bien sûr, une envie de danser évidente. Et que ceux qui se plaignent d'un nouvel album trop "mou" aillent revoir leur copie : en live, Rone insuffle une énergie techno à ses envolées lyriques. Il flirte même en début de concert avec des sons cheap et machina - heureusement que l'on connaît son univers et ses intentions louables - les bip-bips un peu pauvres figurant encore une fois d'étranges créatures venues d'ailleurs. 

Photo © Maxime Chermat

Quand il salue après 1h30 de concert, Rone s'offre un mini bain de foule, enlaçant les spectateurs du premier rang, ravis malgré l'absence de featurings de ce live (pourtant, entre Etienne Daho et François Marry de Frànçois & The Atlas Moutains, ce n'est pas ce qui manque à Creatures). En se faufilant pour sortir de la salle surchauffée, on a presque envie de câliner à notre tour nos camarades de Cigale. Et il est difficile, le lendemain matin et la tête encore remplie de créatures dansantes, de trouver un mot plus riche pour qualifier cette soirée hors du temps : tant pis, on le dit quand même, c'était beau, tout simplement. 

Photo de couverture © Tom Mc Geehan