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Fête du graphisme : l'affiche sur tous les fronts !

Fête du graphisme : l'affiche sur tous les fronts !

La Fête du graphisme organise sa deuxième édition à Paris et ce jusqu'au 4 mars. Expositions, ateliers et évènements mettent à l'honneur cet art dans de nombreux lieux culturels de la capitale.

Si le graphisme représente à vos yeux un jeune au cheveu hirsute qui gribouille frénétiquement des lignes colorées sur son écran d'ordinateur, vous avez beaucoup à apprendre de la Fête du graphisme à Paris. Depuis le 7 janvier et jusqu'au 4 mars, la deuxième édition prend ses quartiers dans de nombreux lieux culturels de la capitale. Initiative privée et production de la société Artevia - Agence de développement de projets culturels - , cette Fête a été développée par l’Association pour le Développement, la Promotion et le Rayonnement du Graphisme (ADPRG). Elle est soutenue par le ministère de la Culture et la Ville de Paris. Son existence est née d'une volonté des organisateurs de pallier le manque de reconnaissance de cet art et des métiers qui lui sont associés. De "donner à voir au plus grand nombre ce qu'est le graphisme, sous toutes ses formes", explique Stéphane Tanguy, une des trois initiatrices de la Fête.

"Un art de l'image et de la lettre"

139222_fdg-2015-kazumasa-nagaiCette graphiste professionnelle qui travaille principalement dans l'édition reconnaît que, "la plupart du temps, les gens confondent graphiste et infographiste. Le pire, poursuit-elle d'un ton ironique, c'est quand on demande à un graphiste quel logiciel il utilise alors que ce n'est pas du tout le propos !". Si le graphisme était, à l'origine, "un art appliqué à la commande, les frontières se sont un peu brouillées avec son application au numérique. Les graphistes s'y révèlent plus transversaux dans leurs pratiques. Au final, rassemble la coordinatrice générale de la Fête, on pourrait définir le graphisme est un art de l'image et de la lettre".

Des métiers divers

Un art autour duquel gravitent des métiers divers souvent peu ou mal connus du grand public mais que cette Fête devrait ramener dans la lumière. Les afficheurs par exemple, "un métier dont on parle peu et qui est même parfois décrié", regrette Stéphane Tanguy. Ou encore les façonneurs, "qui permettent de relier les ouvrages ou réalisent des couvertures". Le graphisme se révèle donc être un art hétéroclite qui peut conduire son créateur tout autant vers de la signalétique - les signes - comme vers la conception de génériques de films.

Evènements protéiformes

Si la première édition, basée sur cinq expositions principales pendant quatre jours de temps fort, avait attiré l'attention de 25 000 visiteurs, l'édition 2015 fait, pour Stéphane Tanguy, "le pari de l'ambition" et durera trois semaines. L'année dernière, la Fête s'était principalement déroulée aux Docks - Cité de la Mode et du Design, et dans le quartier alentour. Un lieu qui possède une très grande visibilité. Cette année, en revanche, le parti pris est celui de l'écrin. Ainsi, les trois expositions principales sont organisées à la Cité internationale des arts . On pourra ainsi se délecter de revues alternatives insolites, datant de 1960 à nos jours, dans le cadre de l'exposition "Underground". Ou encore des livres, dans tous les formats possibles et imaginables "We Love books ! A World Tour in Paris". Enfin, "Utopies et réalités #1 Monographies contextualisées" présentera les œuvres du graphiste affichiste japonais Kazumasa Nagai (lion ci-dessus, réalisé pour le zoo Ueno de Tokyo), considéré comme un des plus talentueux de sa génération, et Henning Wagenbreth, artiste prolifique allemand qui excelle dans l'utilisation de la couleur (voir ci-dessous). Une intéressante carte blanche est donnée à Alain Le Quernec dont "l'oeuvre énigmatique à message politique", aux dires de Stéphane Tanguy, est affichée sur la façade de la bibliothèque Forney.

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Outre ces expositions, des conférences sont organisées avec des tables-rondes et des projections, des débats, des ateliers, un bal au Wanderlust le samedi 24 janvier ou encore des "fêtes digitales" à La Gaîté Lyrique le même jour et le 4 février au Silencio, sur invitation. A tous ces évènements "indoor" s'ajoute l'affichage de dizaines d'oeuvres de graphistes du monde entier, autour du thème "Célébrer la Terre", sur les abribus et panneaux JCDecaux de Paris, notamment sur les Champs-Elysées. Un bon moyen d'ouvrir les yeux du grand public sur cet art que tout le monde semble connaître mais que personne ne regarde vraiment.

Le programme complet est disponible ici.