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Fripes, vintage et détournements : tous fous de récup' !

Fripes, vintage et détournements : tous fous de récup' !

John Galliano a fait son grand retour sur les podiums pour la Maison Martin Margiela, avec une collection comprenant de drôle de tissus issus de la récup'. Sans taper dans la haute-couture, comment et où acheter de la bonne seconde main ? Qui sont les plus grands défenseurs de la récup' en mode, mais aussi en design ou en art ? Green Room Session vous dit tout. 

La mode juge à chaque instant, des grands dérapages aux plus petits détails, mais la mode pardonne : à Londres, le lundi 12 janvier, John Galliano renaissait de ses cendres avec un défilé pour la Maison Margiela (comme chez Saint-Laurent, on ne dit plus le prénom chez MMM -- sans le "Martin", il faudrait même écrire "MM" à présent). Manches mousquetaires, drapées, bijoux rococco... Pas de doute, Galliano y pose sa patte, quoique plus légère que ses ambiances flamenco ou pirates de chez Dior. Il faut dire que c'est la première fois qu'un couturier star vient fourrer son nez dans leurs chiffons (MM se présentant plutôt comme un collège de créateurs anonymes et en blouse blanche). Du coup, l'extravagant couturier a souhaité s'intégrer dans sa nouvelle maison belge : il a affublé sa mariée d'une cagoule (Kanye West aussi essaye régulièrement de rentrer dans le club), portait la traditionnelle blouse de la griffe et, et c'est cela qui nous intéresse aujourd'hui, a utilisé des matériaux de récup'. 

C'est une grande tradition chez Margiela, sortes de punks haute-couture : non-contents de trimbaler les rédactrices mode en stilettos pour des défilés en banlieue (horreur !), MM se plaît -- principalement dans ses collections "Artisanal" -- à utiliser des matériaux farfelus, comme des ceintures de sécurité (transformées en ceinture, tout simplement), des rideaux-jupes (ci-dessus) ou des papiers de bonbons montés en robes bicolores en 2013 :  

margiela

D'autres créateurs donnent dans la récup', dans une optique un peu moins haute-couture (et donc moins chère). C'est le cas de Freitag qui utilise des objets du quotidien dans ses créations (vieilles enveloppes de camions transformés en sacs ou ceintures de sécurité en bandoulière). L'Allemand Daniel Kroh, qui a créé ReClothings en 2006, travaille quant à lui à partir de vêtements de travail, entre combinaisons de menuisiers, de charpentiers, de peintres ou de métallurgistes (vidéo ci-dessous). Dans l'optique écolo et défenseurs des animaux, on peut également retenir la française Eva Zingoni qui réutilise les chutes des grandes maisons de couture et Matt & Nat (pour "matériaux et nature), créateurs de sac de luxe vegan (en imitation cuir du coup, mais on n'y voit que du feu) et fabriquant toute leur ligne à partir de bouteilles recyclées. 

C'est bien gentil tout ça, mais s'offrir ce genre de pièces, même faites de récup', n'est pas à la portée de toutes les bourses... La preuve avec les milliers et milliers de tuto DIY qui fleurissent sur le web. On peut tout y apprendre, de la customisation de sneakers à la réalisation complète d'ensembles. Un festival (le FUC, le Festival des Utopies Concrètes) a même proposé des ateliers "transformation" en septembre dernier à la Villette (les dates de l'édition 2015 n'ont pas encore été communiqué). Soigner son syndrome du "je ne veux pas jeter" tout en s'offrant une garde-robe originale, on dit banco. Encore faut-il shopper un bon matériau de base. 

Les fripes

Il y a évidemment un nombre de fripes incalculables en France. On a tout de même tenté d'en sélectionner quelques unes au gré des coups de cœur. 

Le FripesKetchup : rien que pour le titre, on a envie d'aller dans ce concept-store. En plus, le FripesKetchup ne sent pas du tout la naphtaline, présentant ses vêtements de seconde main à la manière de collection actuelle et dans un décor très indus'. Côté vêtements, attendez vous à un esprit vintage, 60's voire rockabilly. 

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FripesKetchup, 25 rue du Sergent Blandan à Lyon et boutique parisienne en cours de déménagement…

Qu'ils ont de la chance les habitants de la ville aux luminions ! Le Twig 7 propose, lui aussi à Lyon, des fripes de mobilier et de déco des années 50. Parfait pour un intérieur chic mais avec du vécu : c'est ça aussi l'intérêt de la récup'. 

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Twig 7, 124 Montée de la Grande Côte, Lyon.

Et enfin, les Toulousains ne manqueront pas de faire un tour dans les deux boutiques du GrouchO, qui offre un large choix de vêtements vintage pour hommes et femmes (sans oublier de nombreux accessoires). C'est propre, grand... Incontournable. 

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GrouchO, place de la Bourse et 39 rue Peyrolières, Toulouse.