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L'album de la semaine : Hanni El Khatib - "Moonlight"

L'album de la semaine : Hanni El Khatib - "Moonlight"

Le rockeur palestinien et philippin d'origine revient le 19 janvier avec Moonlight, un troisième album rocailleux qui nous fait déjà convulser de plaisir.

Hanni l'increvable. Après avoir écumé des dizaines de salles de concerts à travers le monde, et les bars obscurs attenants on imagine, cette dernière année, on aurait compris que le rockeur d'origine palestino-philippine veuille souffler. Le bad boy semble, bien au contraire, vouloir puiser au tréfonds de son énergie pour nous la restituer sous forme de musique. Ainsi, Moonlight, troisième opus d'Hanni El Khatib, prolonge le rythme frénétique que s'est fixé le chanteur qui sort un album tous les deux ans.

Fruit de trente jours passés dans un studio de Californie, The Lair, Moonlight prouve une fois encore qu'HEK est un savant produit mêlant rock garage, culture surf et gros riffs, se revendiquant aussi dark que le cobra qui se dessine sur la noire pochette de l'album. A l'image des deux précédents opus, Will The Guns Come Out et Head In The Dirt, sortis respectivement en 2011 et 2013, ce troisième LP n'oublie évidemment pas de nous arroser les oreilles de rock crasseux. Le séduisant Californien avait fait appel au talent du guitariste des Black Keys, Dan Auerbach, pour son précédent album. Il n'a pas laissé de côté l'influence de ce dernier sur Moonlight, qui n'est pas sans rappeler le blues électrifié du duo d'Ohio, notamment sur "The Teeth". Mais cette fois, le rock se teinte aussi de hip-hop, sur le premier titre éponyme "Moonlight".

Laissant la part belle aux riffs crades et sensuels sur "Melt Me" et le lancinant "Worship Song (N°2)", Hanni se fait presque plus doux sur "Chasin'", morceau dans lequel il se pose en victime à la conquête de sa dulcinée. "Mexico" nous offre ce qui s'apparente à une ballade si elle n'était régulièrement entrecoupée de riffs encore bien rugueux sur lesquels Hanni El Khatib braille à l'envi le nom de la ville, comme une ode moderne à cette dernière. "Servant" fait pour sa part intervenir des choeurs féminins, seules voix extérieures de l'album. "Two Brothers" clôture l'album avec une touche plus disco. Preuve que notre rockeur bardé de tatouages tente de se réinventer un peu plus loin du rock garage vintage qui mâtine l'ensemble de son oeuvre .

Des étendues arides entre le Mexique et les Etats-Unis que sillonerait une vieille voiture, dont Hanni El Khatib confesse être friand, de la sueur, un poison qui se distille au rythme de riffs souvent sales et parfois plus apaisés, voilà ce que Moonlight ouvre dans notre imaginaire. "Come over and melt me like an ice cream cold in the street in the sun", réclame le Californien. Littéralement : "Viens et fais-moi fondre telle une glace sous le soleil dans la rue". On ne demande que ça.

Moonlight

Hanni El Khatib

  • Label: Innovative Leisure Records/Because music
  • Sortie: 19/01/2015
  • Note:
     
     
     
     
     

 Hanni El Khatib sera en concert le 26 février à l'Antipode à Rennes, le 27 au Splendid de Lille, le 28 à la Rodia de Besançon, le 3 mars au 106 à Rouen, le 4 mars à la Gaîté Lyrique à Paris, le 6 à la Paloma à Nîmes, le 7 au Fil à Saint-Etienne, le 9 au Stereolux à Nantes, le 10 au Cargo à Caen et le 11 à la Cartonnerie à Reims.