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Pourquoi faut-il aller à la Philharmonie de Paris ?

Pourquoi faut-il aller à la Philharmonie de Paris ?

Ce mercredi s’ouvrent les portes de la tant attendue Philharmonie de Paris, après cinq longues et chaotiques années de travaux. Axé sur la musique classique, le centre culturel espère attirer un nouveau public.

Le long de l’allée du Zénith, dans le parc de la Villette à Paris, un bâtiment de verre et d’acier aux dimensions imposantes perce à travers les arbres dénudés par l’hiver. Alors que François Hollande est attendu mercredi soir pour le concert de gala, les ouvriers - ils étaient 600 jour et nuit cette semaine selon L’Express - s’affairent encore sur le chantier de la Philharmonie, projet phare de la Ville mais aussi dossier brûlant.

Sur la façade de verre dessinée par Jean Nouvel - auquel on doit la Fondation Cartier ou le Musée du Quai Branly - 340.000 oiseaux en aluminium sculptés s’imbriquent les uns dans les autres, comme s’élevant vers le ciel. Mais la Philharmonie aura mis du temps à décoller, après cinq ans de travaux, un chantier interrompu et un coût total de 386 millions d'euros. L’ambition de ses concepteurs est grande : attirer à la fois les connaisseurs habitués jusqu’ici à la salle Pleyel et son écrin des beaux quartiers et un public nouveau, pas forcément friand de musique classique. Situé en bordure de la Seine-Saint-Denis, le "Centre Pompidou de la musique", selon son père spirituel Pierre Boulez, affiche une programmation ouverte à tous. Que nous réserve-t-elle ?

Expo David Bowie et concert de Jeff Mills

Réunie avec sa voisine, la Cité de la musique - affublée du nouveau nom de Philharmonie 2 -, la Philharmonie de Paris possède en plus de sa Grande salle, un musée de 800 m2 et un pôle éducatif de 1800 m2. Et si les retards des travaux, les critiques quant aux exigences de son architecte star ou sur la mauvaise gestion de la Mairie de Paris ont longtemps pris le pas sur le contenu du projet, la programmation qui se dégage donne définitivement envie d’aller y faire un tour. Pas moins de 70 concerts de musiques actuelles, jazz et musiques du monde sont prévus, sur 270 manifestations d’ici juin. 

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Dans l’agenda, concerts baroques, classiques et contemporains se succéderont la semaine. Et le week-end, place à un peu de folie avec deux jours consacrés à une thématique : Nouvelles Vagues avec notamment Moriarty les 23 et 25 janvier, Love Stories les 14 et 15 février, Inde les 30 janvier et 1er février ou encore science fiction du 31 au 31 mai où l’on pourra assister à une projection de 2001, Odyssée de l’Espace avec la BO rejouée en live par l’Orchestre de Paris. Le producteur et DJ référence de Détroit Jeff Mills proposera une œuvre musicale et visuelle autour du même thème. Et bien sûr, un week-end David Bowie à laquelle la Philharmonie consacre une grande exposition du 3 mars au 31 mai.

Concert-promenades et ateliers percussions

Tindersticks le 20 février, Chilly Gonzales le 16 mai... Les choix de programmation s'adressent à un public jeune mais ne doivent pas faire oublier que la Philharmonie est avant tout tourné vers la musique classique. L’Orchestre de Paris et l'Ensemble intercontemporain seront les résidents principaux, l'Orchestre de chambre de Paris, Les Arts florissants et l'Orchestre national d'Ile-de-France seront quant à eux à la Cité de la Musique. Tous participeront aux ateliers pédagogiques. Les concerts classiques verront les têtes d’affiche se succéder comme la pianiste Hélène Grimaud le 20 janvier, mais aussi de jeunes talents lors des soirées "Rising Stars", comme le pianiste prodige Aaron Pilsan, 20 ans tout rond. Il y aura aussi des formats innovants, comme des concerts promenades ou des concerts participatifs, pour découvrir la musique classique sans s’ennuyer.

Il faut dire que la Grande salle de 2.400 à à 3.650 places, conçue avec de célèbres acousticiens, donne envie. Le public sera au maximum à trente-deux mètres du chef d'orchestre, beaucoup moins qu’habituellement pour une immersion totale. Et le décor tout en rondeurs s’adapte selon les concerts : la scène se déplace tandis que les balcons peuvent se rétracter. Le lieu dispose aussi de six salles de répétitions pour les artistes, un dispositif complété par la salle de concert de la Cité de la Musique.

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Pour ceux qui voudraient se plonger plus avant dans la musique, il y a bien sûr les ateliers. A la pelle même, le volet pédagogique étant l’un des fers de lance de la Philharmonie. Cycles sur la musique contemporaine ou même sur le disco (7 euros la séance), ateliers pour apprendre à jouer de la tabla, percussions venues d’Inde : le choix est vaste. Et les mélomanes ont aussi le droit de se remplir un peu la panse. Un restaurant au rez-de-chaussée sur l’esplanade, L’Atelier d’Éric Kayser, proposera des plats, salades et sandwiches. Pour les gourmets, rendez-vous au dernier étage dans le restaurant panoramique, Le Balcon (ouverture en mars) et six bars seront également disséminés dans ce temple de la musique. La vue sur Paris et la banlieue sera ouverte à tous avec une balade panoramique de 37 mètres sur le toit. Pour joindre le plaisir des yeux au plaisir des oreilles.