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Ça bouge à Birmingham : le city guide Green Room Session

Ça bouge à Birmingham : le city guide Green Room Session

Londres et son fourmillement ont fini de faire rêver les hipsters anglais qui filent désormais s’installer à Birmingham, longtemps méprisée par la jeunesse branchée.

« Fuck this, I’m leaving ». C’est devenu en quelques mois le signe de ralliement de nombreux Londoniens, lessivés, découragés par Londres et ses loyers trop chers. Selon le Bureau National des Statistiques, environ 58 000 trentenaires ont quitté Londres entre 2013 et 2014. Interrogés, les candidats au départ évoquent tous la même situation : la hausse exponentielle des prix de l’immobilier (+19% en 2013) rendant l’accès à la propriété dans la capitale impossible pour les jeunes adultes et leur famille.

Crise du logement et nouvelles aspirations de vie : plutôt que de payer toute sa vie des loyers exorbitants, beaucoup de « thirty something » préfèrent partir, acheter une coquette maison loin de la capitale en rééquilibrant au passage la dynamique famille/travail. Leur nouvelle ville d’adoption ? Birmingham dans les West Mindlands, à deux heures de Londres, longtemps considéré comme le ghetto de l’Angleterre. Plus de 5500 londoniens ont jeté leur dévolu sur cette ancienne cité industrielle, ravagée dans les années 80 par le chômage, synonyme aujourd’hui de renouveau économique et culturel, offrant à la scène artistique et au business des nouvelles technologies un nouveau terrain de jeux.

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Si le Science Park Aston se conçoit comme un technopôle d’excellence attirant une multitude de start-up à forte valeur ajoutée, le Custard Factory dans le quartier de Digbeth fait figure de centre névralgique de la hype à la sauce Midlands qui n’aurait rien à envier à Shoreditch. Bureaux design, bars, cafés, clubs, pop-up stores où se mêlent culture street et manufactures traditionnelles, ses rues fourmillent en permanence et concentrent quelques-uns des endroits les plus animés de la ville, témoins de la créativité sans limites des Brummies.

Festivals, spots immanquables et bonnes adresses, food, musique ou art, on vous révèle toutes les bonnes raisons d’aller faire un tour du côté de la branchée Birmingham avant que les affres de la gentrification ne transforment la ville en caricature de la culture hipster. Brooklyn en sait quelque chose.

Au rayon food

Le Digbeth Dinning Club

Rendez-vous qui excite les papilles, le Digbeth Dinning Club se niche au cœur de la Custard Factory. Organisé au Spot*light tous les vendredis soir, ce festival entend faire cohabiter street food et production locale, qualité et bon marché. Chaque semaine, restaurateurs et producteurs sont invités à cuisiner devant nous le menu de leur choix. Cuisine tradi revisitée (Birmingham compte pas moins de quatre chefs étoilés) ou plats venus d’ailleurs (Inde et Antilles), le concept, en plus de séduire les foules, a remporté en 2013 le prix du « Best Street Food Event in the UK » décerné par l’équivalent anglais du Fooding.

Spot*light, Unit 2, Lower Trintiy Street, Digbeth

Au rayon clubs

The Rainbow Venues

La ville qui a vu naître Ozzy Osbourne mais aussi FKA Twigs et SBTRKT compte de nombreux clubs pour tous les goûts. Complexe tentaculaire, The Rainbow Venues regroupe sous sa franchise une dizaine de salles de concert aux ambiances diverses et variées. The Warehouse, The Garden ou The Courtyard, chaque scène bénéficie d’un décor sur mesure. Le concept, à l’esprit cool mais à la programmation pointue a déjà séduit la crème de l’électro minimale comme Ellen Allien ou SBTRKT mais aussi Maya Jane Coles. C’est ce qu’on appelle l’embarras du choix.

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The Rainbow Venues, 160 Digbeth High Street

Au rayon culture

Ikon Gallery

Si Birmingham renferme la plus grande collection au monde d’oeuvres préraphaélites (le Birmingham Museum & Art Galery), la scène contemporaine n’est pas en reste avec l’IKON Galery qui fêtera en 2015 ces 50 ans. Installations vidéo, photographies, peintures, arts graphiques, c’est toute la richesse et la diversité de la jeune génération qui trouve ici un écho. La programmation spéciale IKON 50 mettra à l’honneur cette année cinq Britanniques déjà présentés par la galerie (John Salt, Ian Emes ou Cornelia Parker) et invitera notamment l’artiste pakistanais Imran Qureshi, dont la côte explose auprès des curateurs. Un avant-goût d’un programme alléchant.

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Crédit photo : Stuart Whipps
Ikon Gallery, 1 Oozells Square, Brindleyplace

Au rayon bio 

Moseley Farmers Market

moseleyfarmersmarketFière de ses ressources naturelles et de son agriculture locale, la ville met à l’honneur tous les derniers samedis du mois producteurs, fermiers, éleveurs et agriculteurs de la région grâce au Moseley Farmers Market. Un des nombreux marchés traditionnels organisés tous les mois mais qui à l’avantage de nous faire découvrir le village de Moseley, enclave de verdure très appréciée des familles aux abords de Birmingham. A l’instar des AMAP françaises, il promeut les cultures bio et privilégie un mode de distribution court entre producteurs indépendants et consommateurs. La tendance locavore a encore de beaux jours à vivre.

Au rayon vintage

Le Keux Vintage Salon

Les Brummies comme le reste du pays sont de très grands consommateurs d’articles de seconde main. Toujours dans le quartier du Custard Factory à Digbeth, Le Keux Vintage Salon fait revivre l’âge d’or des années 50 et ses pin-up. Le concept multiplie les activités (ateliers make-up, coiffures, DIY, cabaret burlesque, diner) et décline chaque univers dans des boutiques (vêtements, accessoires, déco) aux décors soignés. Les hommes ne sont pas en reste et pourront faire un tour au Rockabilly Barbershop ou assister à des masterclass.

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Le Keux Vintage Salon, The Custard Factory, Gibb Street