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Flight Facilities : "Homework de Daft Punk a changé ma vie"

Flight Facilities : "Homework de Daft Punk a changé ma vie"

On a discuté French Touch, Homework et innovations musicales avec Hugo et Jimmy du duo Flight Facilities. 

Quatre ans... Cela fait déjà quatre ans qu'on prend notre parfaite voix de petite fille (fausse) pour chanter "Crave You", titre sucré et dansant -- mais pas complètement niais -- des Flight Facilities. Le duo australien jouant toujours sur les codes de l'aviation (mais voler ce n'est pas toujours cool, on en parle plus bas avec les principaux intéressés) a sorti son premier album, Down To Earth, fin octobre. Là, plus le choix : il nous fallait les rencontrer. Et quoi de mieux que commencer la nouvelle année par le duo électro le plus sympathique de 2014 ?

Green Room Session : Pourquoi avoir attendu 4 ans avant de sortir Down To Earth, votre premier album ?

Hugo : On pensait qu'il y aurait moins de gens pour écouter l'album si on l'avait sorti juste après « Crave You », pour surfer sur la vague. On voulait réunir plus de public, et c'était sympa d'attendre d'avoir des fans qui voulaient un album plutôt qu'un simple « ah, ils sortent un disque après 'ce' morceau ».

Vous aviez l'habitude de prendre votre temps pour sortir un morceau (voire toute une année pour un seul single)... Ça a dû vous faire bizarre de devoir en sortir un paquet le même jour !

Hugo : Ça a changé beaucoup de choses dans nos vies ! Nos relations et amitiés ont été assez dures à maintenir, tout simplement parce que tu es très occupé et tu fais passer ton travail en premier. La musique en journée, et rien du tout en soirée.

Vous avez utilisé de vieilles chansons, comme « Crave You » sortie il y a quatre, pour votre album. Ça vous a paru naturel ?

Jimmy : Ça nous a fait vraiment bizarre de faire ça, on s'est beaucoup questionné : si demain j'achète un CD d'un artiste que j'aime bien, peut-être que je serai déçu d'entendre un morceau vieux de quatre ans dedans. Mais d'un autre côté, et c'est toujours ce qui revenait sur le tapis quand on en discutait, ces titres sont le début de notre histoire, c'était important pour nous de ne pas mettre ça de côté. Et quant à « Crave You », on a utilisé la version avec Kylie Minogue pour que ce soit un peu plus inédit.

Comment est-ce que vous avez rencontré Kylie Minogue ?

Hugo : Notre label Future Classic (le même que Flume, ndlr.) a appelé son manager, et elle était d'accord ! On n'avait jamais imaginé que ça serait possible, alors on ne l'avait jamais contactée avant. On a évidemment sauté sur l'occasion, peu d'artistes refuseraient.

Et c'est so autralien !

Hugo : Exactement ! Et ça aussi montre à quel point on adore la pop. Tout dans ce featuring allait dans la bonne direction pour nous.

Le featuring avec Kylie Minogue est à écouter sur Down To Earth. 

Votre style est souvent old-school, parfois funk ou presque disco. Ce n'est pas quelque chose qu'on entend très régulièrement en 2014. Vous n'aimez pas la tendance actuelle ?

Hugo : Pour être honnête, je pense qu'on n'ose pas faire quelque chose qui n'a pas déjà fait ses preuves. Et c'est un son que l'on apprécie et dans lequel on aime puiser des idées. Avec un style très récent, tu ne peux pas vraiment t'inspirer puisque ce n'est pas totalement installé encore.

Jimmy : Je pense que ce projet n'est pas celui dans lequel Hugo et moi allons être des innovateurs. Flight Facilities, c'est plus pour qu'on s'amuse, pour faire des trucs qui ont marché avant en ayant notre propre touch dessus. Qui sait, dans quelques années, peut-être qu'on essayera ensemble ou séparemment des compositions plus expérimentales ? Mais pour l'instant, c'est une expérience parfaite pour nous : on apprend à réinventer quelque chose tout en s'amusant énormément.

Vous citez très souvent Daft Punk comme une influence. On parle pas mal de la French Touch en ce moment, êtes-vous familiers du mouvement en dehors des Daft ?

Hugo : On adore Etienne de Crecy et Superdiscount !

Jimmy : On écoute aussi beaucoup d'Alan Brax, les sorties de Kitsuné, Brodinski, Teki Latex, même du TTC !

Hugo : SebastiAn, Justice...

Jimmy : Tout Ed Banger en fait... Quand on s'est rencontré avec Hugo, on était déjà très fans tout ça. A l'époque je faisais un peu de la house « à la française », Hugo écoutait en boucle Sebastian. On a commencé à se fréquenter grâce à ces goûts communs.

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Vous vous appelez Flight Facilities (du nom de la compagnie aérienne que détenait le grand-père d'Hugo). Quelle est votre pire expérience dans un avion ?

Hugo : Un jour, avec ma famille, nous avions pris un avion de mon grand-père pour aller à Merimbula (ce qui est d'ailleurs un des titres de l'album). Il y avait beaucoup de vent, ça a été très compliqué d'attérir, mon grand-père a dû s'y reprendre à plusieurs fois... Et tout le monde était malade. Ma sœur était malade, mon cousin était malade... Même le chien était malade ! Le chat aussi a été malade, sur les pieds de ma mère. Mon frère, voyant tout ça, s'est senti mal aussi. Un vrai arche de Noé de gens en piteux état. Ils nous ont viré de l'avion – un tout petit truc, une sorte de voiture volante –, on a fini la route en voiture. Inoubliable.

Jimmy : Woaw. Je crois que j'ai déjà entendu cette histoire, mais jamais avec autant de détails.

C'était l'instant « question stupide », merci de votre participation ! Quelle est la question que vous détestez qu'on vous pose ?

Hugo : Sans beaucoup de doute, « d'où vient le nom Flight Facilities ? ». La réponse est très facile à trouver sur internet, et quand on nous la pose j'ai vraiment l'impression que le journaliste n'a pas fait beaucoup d'effort pour préparer son interview. Mais au final, je me rends compte que je pose souvent cette question à d'autres groupes !

Et quelle est la question que vous rêvez qu'on vous pose ?

Jimmy : Une question assez personnelle, sans trop rentrer dans l'intime non plus, mais qui révèle un peu qui tu es.

Alors voyons si votre téléphone révèle quelque chose de vous ! Quelle est la dernière chanson que vous ayez écouté ?

Jimmy : La BO d'Interstellar par Hans Zimmer.

Hugo : L'album de Mickey Moonlight.

Encore ?! (en avril déjà, Hugo répondait dans une interview qu'il écoutait cet album pendant la tournée, ndlr.)

Hugo : (rires) Oui, je ne m'en lasse pas ! Pour moi c'est album exceptionnel, un de mes préférés. Rien que pour donner des titres comme « Diamonds In The Mind Of Talua », faut être bon ! Il rentre très facilement dans le top 10 de mes disques préférés.

Et quel serait le number one ?

Hugo : Probablement Destroy Rock And Roll de Mylo.

Jimmy : Homework – a – changé – ma – vie. Mais vraiment. J'ai compris ce qu'était l'électro et la house en écoutant cet album. « Rolling And Scratching » m'a juste retourné le cerveau. Comme est-ce que je peux aimer quelque chose de si dur ? Comme si je ne devais pas l'écouter. Mes parents se demandaient d'ailleurs pourquoi je passais quelque chose comme ça, « c'est du bruit ! ».

Quelque chose à ajouter ?

Hugo : Est-ce que tu pourrais intégrer un clip de notre première partie Client Liaison ? Ce qu'ils font est vraiment top et leur vidéo « Queen » est incroyable, ils nous explosent en terme de clips !

Chose promise, chose due :