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Ghost Culture : "Erol Alkan est plutôt geeky, un peu un Nerd"

Ghost Culture : "Erol Alkan est plutôt geeky, un peu un Nerd"

James Greenwood est apparu dans nos radars il y a un peu plus d'un an, lorsque son premier single "Mouth" est apparu. Une electronica sensible et synthétique, des vocales soufflées et une inspiration new wave pourtant très moderne. Ghost Culture, son pseudo, est un parfait inconnu mais débaque sur un label que l'on connait bien, celui d'Erol Alkan, Phantasy. Une autre bonne raison de tendre son oreille un peu plus attentivement : Alkan a le chic pour dégoter les petits génies, Connan Mockasin et Daniel Avery en tête.

C'est d'ailleurs grâce à ce dernier que James Greenwood s'est retrouvé dans les oreilles d'Erol Alkan, puis dans les nôtres. A force de trainer ses guêtres dans le magasin de disque où travaillait Daniel Avery, Pure Groove, James fini par lui être présenté par celui qui est aujourd'hui son manager. Après quelques essais de disques ensemble - "le premier était vraiment mauvais, avoue-t-il. Il y avait beaucoup de trompettes, une sorte de nu-disco mais pas très bon" - James fini par travailler sur Drone Logic, le dernier album d'Avery sorti en 2013.

En parallèle, "Dan" montre la démo de Ghost Culture à Alkan, qui aime et le signe. La machine est lancée : un an plus tard, James s'apprête à sortir son premier album, "la faute à Dan", il plaisante. Ou plutôt grâce. Car Ghost Culture - album éponyme apparemment inspiré d'une histoire d'amour naissante - s'annonce comme l'un des très bon crus de début 2015. Pas mal pour un début.

A quelques heures de son concert parisien, on a rencontré la nouvelle sensation venue de Londres.

Green Room Session : Après trois (très bons) singles, tu sors un premier album. Ça va vite...

James Greenwood : Ça s’est passé d’une manière étrange parce que je n’avais rien sorti de mes propres projets avant que Phantasy ne soit impliqué. Je ne l’avais joué à personne, c’était assez personnel, je le gardais pour moi. Je n’avais même pas fait de show, je n’avais pas fait beaucoup de DJ set. Je suis passé du studio à faire beaucoup de DJing, à ce que les gens parlent de ma musique.

Ce n’est pas trop intimidant ?

Je ne me rends pas compte de l’ampleur de tout ça, je ne laisse pas ce genre de choses trop m’atteindre. J’essaie de me concentrer et créer plus de musique et faire de la musique qui peut sonner le mieux possible en live. Je ne veux pas être stressé. Pas le prendre à la cool, je veux faire les choses sérieusement mais en même temps, si je n’apprécie pas, ça ne sert à rien.

Donc comment va être ce premier album ?

C’est plus un album à écouter au casque que fort dans un club. Il y a des vocales sur tous les morceaux, il y a des ballades, un morceau sans batterie et un autre sur les temps d’une valse avec une basse et une batterie enregistrées live. Je ne voulais pas que l’album soit complètement électronique et trop centré sur les clubs et les sorties, parce que ce n’est pas ma vie. Pour être honnête, je ne vais pas en club, je ne sors pas beaucoup. Avant oui, et je pense que c’est de là que ces sons viennent.

Je n’ai utilisé qu’un seul synthétiseur, le Korg Mono/Poly. Je pense que de m’être limité était très bien parce ça implique faire plus avec moins et essayer de le maîtriser plutôt que d’être trop confus.

C’est aussi un album plutôt personnel. Toutes les chansons à part deux sont introspectives. Mais j’espère que les gens pourront s’y projetter.

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De quoi t’es-tu inspiré pour cet album « personnel » ?

L’ensemble – à part ces deux chansons – est à propos d’une seule personne, dont je ne dirai pas le nom. Et des sentiments que j’ai pour cette personne.

Une fille ?

Oui.

Ta copine ?

Je passe !... Pas au moment où je l’ai écrit. C’était plus comment je réagissais à cette situation avec cette personne, à des moments différents. Mais c’est assez étrange parce que c’est une situation différente maintenant de ce que c’était à l’époque. Cette personne sait que cet album est à propos d’elle. C’est assez marrant.

Elle l’a aimé ?

Oui. (Il rigole). C’était cool. Nous sommes ensemble maintenant donc… ça a marché !

Bien joué ! Et comment ça s’est passé en studio avec Erol Alkan ?

Bosser avec lui est génial et vraiment facile. Il n’essayait pas de tout changer, il suggérait pleins de choses, c’est toujours « essaie ça ». Il est toujours excité et enthousiaste. Il a une très large connaissance de la musique et de la production. Il est plutôt geeky, c’est un peu un nerd, mais de la meilleure façon qui soit. Je suis comme ça aussi, mais là c’est ma musique donc je ne voulais pas être dans une position trop technique. Je voulais me concentrer sur la musique, les arrangements. C’était bien d’avoir quelqu’un en qui je pouvais avoir confiance.

Si tu devais retenir une seule chose de ce temps passé avec lui en studio ?

Essaie des choses. Si tu es bloqué, prend une pause et essaie quelque chose de sauvage. Ça a marché plusieurs fois. Et prend ton temps, il ne faut pas se presser.

Pas trop difficile de passer d'écrire ses chansons pour soi et de la vie de studio aux lives ?

Pour le moment, ça s’est mieux passé que ce que j’espérais. Il y a eu une très bonne réaction à tous les morceaux. C’était un peu effrayant de faire des shows : maintenant je suis plutôt exposé et les choses peuvent mal se passer. Mais tu dois juste faire avec, le prendre à la blague, essayer de faire rire les gens.

Sur scène, j’ai trois synthé, une boite à rythme. C’était important pour moi que ce soit une performance donc j’ai des choses sur les côtés mais rien devant moi, pour que les gens puissent voir. J’ai aussi mon propre show lumière que j’ai fabriqué. C’est quatre lampes avec des abats-jours qui réagissent à la musique. Avant, c’était dans ma chambre !

Une dernière question, pourquoi Ghost Culture ?

C’est ma métaphore pour la superficialité. Je pense qu’on pourrait finir avec ce genre de culture si les gens ne sont pas encouragés à faire de la musique pour eux-même, mais juste pour l’argent. Si tu es gamin, que tu décides de faire de la musique et tu vois les artistes qui font de l’argent tu peux facilement penser « je peux faire ça ». Je pense qu’ils devraient être encouragés à faire ce qu’ils veulent faire et on finira peut-être avec une meilleure et une forme plus pure de travail.

L'album Ghost Culture sortira le 5  janvier sur Phantasy. 

UPDATE : Nous sommes le 5 janvier, et comme prévu, le premier album éponyme de Ghost Culture est sorti. En écoute ici :