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2014 en musique vu par Green Room Session

2014 en musique vu par Green Room Session

Noël... l'heure des bilans. Après le NME, un peu en avance avec son classement de novembre, Youtube et les vidéos les plus regardées, Resident Advisor et les meilleurs DJs, c'est au tour de Green Room Session de faire son flashback de l'année 2014. En disques et en tendances.

1 – Les revenants

2014 a avant tout été l'année des grands retours : des vieux de la vieille revenus hanter les bacs après plusieurs années, voire décennies d'absence. Un clap de fin pour Pink Floyd, qui sortait il y a un mois The Endless River, album d'inédits enregistrés il y a 20 ans. On reste dans la même époque avec The Who, qui fête ses 50 ans de carrière avec une tournée internationale et, forcément, une compilation d'anniversaire. Le groupe a aussi annoncé un nouvel album, à sortir cet été, et dont on a eu un avant-gout (pas franchement convaincant) avec « Be Lucky », référence aux Daft Punk. On a aussi vu débarquer Les Pixies avec Indie Cindy, premier album depuis 23 ans, tandis que Mickaël Jackson revenait avec Xscape, nouvel album posthume toujours pas très fameux.

Le plus attendu était tout de même le  Wu-Tang Clan, groupe légendaire de hip hop new yorkais des 90' dont on vous parle souvent dans ces pages. Un an que l'on attend cet album anniversaire, qui devait tomber pour les 20 ans de leur mythique Enter The Wu-Tang (36 Chambers), et qui arrive finalement pour ses 21 ans. Qu'à cela ne tienne, les pontes ont su teaser sec à coup d'album unique, de morceaux dévoilés au compte goutte et de prises de paroles engagées. Jusqu'à aujourd'hui où l'album est enfin disponible. Béni soit décembre 2014.

2 – Les attendus

2014 et son lot de superstars. On les attendait... et on les a eu. Aphex Twin is back, et le fait savoir à coup de dirigeables dans le ciel londonien, de signes cryptiques et de track-list diffusée sur le deep web. 13 ans d'absence tout de même, même ça n'est pas laissé au hasard. Et si l'album décevra ceux qui attendaient un tsunami dans l'univers de Richard D. James, Syro restera comme l'un des meilleurs albums de 2014.

Autre géants attendus : FlyLo, qui lui aussi tease son album jusqu'à plus soif, avec des extraits et des visuels à couper le souffle, tandis que Oizo fait du Oizo, ce qui n'est pas pour nous déplaire après trois ans d'absence. Metronomy et son quatrième album Love Letters, Lana Del Rey devenue muse de tous les DJs avec Ultraviolence ou encore Alt-J qui continue leur ascension fulgurante : 2014 a été un très bon cru. Mais l'année n'aurait pas été pareil sans Caribou qui avec son magnifique Our Love confirme qu'il a bien viré dancefloor et que ça lui va très bien. Une petite perle de plus à la discographie de Dan Snaith.

3 – Les grosses fesses

Oui, il y a eu du bon son, mais ce n'est pas tout. Un petit gang de filles s'est évertué à remettre les grosses fesses au goût du jour, à les danser, à les chanter... Jennifer Lopez, représentante historique du fessier plantureux en profite pour revenir sur le devant de la scène en frottant son popotin à celui de son héritière, Iggy Azalea dans – hum - « Booty ». Beyoncé continue de capitaliser sur ses formes généreuses et Rihanna fait claquer les fesses de ses filles sur de l'eau dans « Pour It Up ». On ne parlera pas de Miley Cyrus, qui malgré un postérieur plutôt athlétique est devenue la reine du twerk.

La championne de la catégorie des fesses rebondies reste tout de même Nicki Minaj qui dans son clip Anaconda nous donne l'impression que son fessier est un être indépendant, capable de choses qu'on ne croyait pas possibles – y compris sur son ami Drake. 

4 – Les francophones

La France a du talent, ça on le savait déjà. Mais cette année, nos artistes hexagonaux ont explosé tous les compteurs. Mr Oizo, déjà nommé dans la catégorie des attendus mais aussi Moodoïd et son univers taillé sur mesure, le collectif Fauve qui remplissait les salles avant même la sortie de leur premier album, Vieux Frères, Yelle et sa pop savamment surjouée dans Complètement fou, Mina Tindle et sa pop gracieuse ou François & The Atlas Moutains qui redéfinit délicatement la touche française.

De notre côté, c'est Christine and The Queen qui remporte tous les suffrages, avec un album incroyablement libre qui réussit l'exploit d'être ultra populaire tout en réinventant les limites des genres.

5 – Les compilations

Parce que l'album d'un artiste qu'on aime c'est bien, mais quand ils se mettent à plusieurs c'est parfois mieux. Et niveau compile, on a été servi cette année : la compile hommage à Arthur Russel qui réunit dans un album aussi bienvenu qu'inattendu Jose Gonzales, Hot Chip ou encore Devendra Banhart; la compile Kitsuné America, qui mêle jeunes pousses d'une classe absolue aux Son Lux, Kelela et consorts. Hyperdub, label mythique de l'underground londonien qui fête ses 20 ans en quatre compiles, défrichage de deux décennies d'avant-garde ou encore ClekclekBoom qui réunit la fine fleure de sa team (Manaré, French Fries ou encore Bambounou) sur Paris Club Music Volume 2.

Mais puisqu'il faut choisir, c'est à l'excellente compilation Bromance que revient la palme, avec Homieland Vol. 1 et sa pochette trashy. Point d'orgue d'une année où Bromance a confirmé qu'il est bel et bien un label avec qui il faut compter, Homieland regroupe Louisahhh!!! & Maelstrom, Pipes, Club Cheval et bien sur la désormais star internationale Brodinski. Un album en guise d'annonce d'une tournée mondiale... on parie que pour Bromance, 2015 sera encore meilleure que 2014.

6 – Les lives

Une fois qu'on a bien rayé notre cd à force de l'écouter, il faut bien aller voir ce que ces artistes ont dans le ventre. Et ça, ça se passe sur scène. Les meilleurs lives de cette année nous sont servis par des trublions, Mac Demarco et Todd Terje en tête. St Vincent, et son contrôle parfait de la scène aurait presque fait trembler Tune Yards et son énergie guerrière. Tandis que les anglais de Breton sont adorés par les Français, et le leur rend bien...

Le grand gagnant restera tout de même Jungle et leur live d'un groove explosif pour leur premier album garanti 100 % tubes. On en frissonne encore...

7 – Le grand gagnant

S'il y en a un qui a vraiment marqué l'année, c'est bien Pharrell. Il est donc notre champion toute catégorie pour son tube "Happy", qui vous pénètre dans la tête à peine son titre évoqué, pour ses featurings avec les plus grands, Daft Punk et Niles Rogers compris, pour sa présence sur à peu près tous les fronts de la culture et du showbizz. Et pour son air sympathique qu'il conserve malgré tout. Chapeau l'artiste.