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Markus Nikolai : rencontre avec le cerveau du label Perlon

Markus Nikolai : rencontre avec le cerveau du label Perlon

Ce n’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de discuter avec le boss d’un label comme celui-ci. Ce n’est pas tous les jours non plus que Markus Nikolai vient à Paris pour se produire en live. On a bien évidemment sauté sur l’occasion.

Perlon, plus de cent sorties depuis 1997, label de référence dans le milieu de la techno qui fait depuis presque tout autant d’années confiance à des artistes tels que Ricardo Villalobos, Thomas Melchior ou Baby Ford. Perlon, un son caractéristique, une véritable institution qui s’est batie la réputation d’ambassadrice privilégiée de ce genre que l’on nomme « microhouse » ou « minimal house ». Derrière cette vaste entreprise, deux visionnaires, deux Allemands: Thomas Franzmann (ZIP pour les intimes) et Markus Nikolai. Imaginez-donc la joie de pouvoir échanger quelques mots avec un des fondateurs du label ! Mais il ne faut pas oublier que notre Markus, tout comme ZIP, est avant tout un musicien lui-même, et qui plus est, un musicien complet. Mix, production, claviers, guitare, chant, il sait tout faire, et nous a déjà gratifié d’un album sur Perlon (Back) et de plusieurs EPs sur son label et sur d’autres (Passion, Kiss your Mind...). Son style ? Groovy, dansant, excentrique, festif. Comme lui finalement, même si paradoxalement, il peut paraître, quand il n’est pas sur scène, retenu et enclin à l’économie de mots. Qu’à cela ne tienne, ce qui est sûr, c’est qu’on ira voir le maître à l’oeuvre dimanche au Badaboum !

markus

Green Room Sessoin : On n’a pas énormément d’informations sur toi, tu n’es pas vraiment sous le feu des projecteurs comme d’autres artistes de Perlon (Villalobos, Baby Ford, Thomas Melchior...). Pourquoi être si discret ?

Markus Nikolai: Je fais juste mes trucs, au lieu de faire de la promo...

Comment as-tu rencontré Thomas Franzmann, l’autre cerveau de Perlon, et décidé de lancer un label dans un milieu aussi spécifique ?

Il était chanteur dans notre vieux projet industriel Bigod 20. On avait signé sur Sire Records (Warner Music). Après Bigod 20, on a eu un autre groupe, Pile (sur Sony Music), et on a fait une tournée en Europe en 1996/1997. Après ces expériences sur ces deux gros labels on a décidé de lancer le nôtre en 1997 pour être indépendants.

Votre histoire dure depuis cette date, un bon paquet d’années pour un label techno. Comment tu expliquerais cette longévité ?

On fait juste nos trucs... Sans penser à ce que disent le marché, les promoteurs, ou quoi que ce soit d’autre...

Au sujet de vos relations avec vos artistes : est-ce que c’est plus de l’amitié que du travail ?

On a construit de fortes amitiés avec nos artistes. On n’est pas un label qui se base sur le nombre de sorties, on sort juste ce que nous avons et qui est bon... « Artists Are Friends And Friends Are Artists ». On n’a pas le temps d’écouter de démos.

Perlon est un label « vinyl-only », qui ne sort qu’en format vinyle. Que penses-tu du regain de popularité de ce format ?

On a vendu près d’un million d’exemplaires en Angleterre, le plus haut chiffre observé depuis 1996. C’est mauvais pour nous, parce qu’on doit attendre plus longtemps pour faire presser nos vinyles ! Le vinyle c’est le seul vrai son qui soit.

Comment partages-tu ton temps entre la musique et tes autres activités ? Tu es aussi opticien et possède deux boutiques en Allemagne !  

Quelques fois je suis plus musique, quelques fois plus optique. Ça vient comme ça vient.  

Kiss You Mind, ton dernier disque, est sorti il y a cinq ans. Tu n’as pas hâte d’en publier un nouveau ?

Oh, déjà cinq ans... On vient tout juste d’enregistrer des nouvelles chansons pour Pile. Et je sortirai des nouvelles chansons en 2015 !

Tu n’as pas joué à Paris depuis 2001, à cause d’une mauvaise expérience ou par manque d’opportunités ?

Je n’ai jamais eu de mauvaise expérience à Paris, ni en France d’ailleurs. C’était toujours super ! Je n’ai pas fait de live depuis un moment parce que je n’ai pas eu le temps...

Est-ce que tu penses que la ville sera mieux qu’avant en ce qui concerne la musique ?

Non, Paris a toujours été une ville géniale selon moi. Toujours une bonne vibe !

Tu joues au Badaboum ce weekend, comment as-tu conçu ton live ?

Ça dépend de l’audience et de l’installation. Je vais chanter, jouer des claviers, du séquenceur, des loops, des effets, etc. C’est toujours différent, toujours « live ».

Markus Nikolai et James Dean Brown de Perlon Records joueront au Badaboum dimanche, toutes les infos sont sur la page Facebook de l'event. En attendant, on reverrait bien le drôlissime clip de "Bushes" :