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Ce soir, Lyon s'habille de lumières

Ce soir, Lyon s'habille de lumières

Ce soir s'ouvre à Lyon la Fête des Lumières. Rencontre avec ses artistes et tour d'horizon des installations

Depuis 1852, Lyon célèbre la Fête des Lumières. Dans son plus simple appareil, cette fête consiste à mettre des lumignons sur les fenêtres. Mais c'est aussi un gigantesque show où la ville change de visage sous les installations lumineuses de centaines d'artistes.

Ceux qui connaissent la tradition lyonnaise ont sûrement entendu que l'on célébrait Marie, qui au Moyen-Age sauvaient les Lyonnais de la peste noire. Une légende, parait-il. Il s'agirait en fait de commémorer le jour de l'Immaculée Conception, lorsqu'un 8 décembre 1852 les lyonnais déposaient lumignons sur leur fenêtre et descendaient dans la rue en son honneur. Depuis, la fête religieuse s'est mêlée au patrimoine laïque de la ville. Et si Lyon n'est pas avare en festival, c'est bien cette fête qui réunit tous ses habitants pour un week-end - et de plus en plus, un paquet de touristes. Associations, collectifs, institutions culturelles, universités et entreprises s'allient cette année autour de 75 créations lumineuses et éphémères.

Au fil du week-end, le Parc de la Tête d'Or accueillera une parade nuptiale d'ombres, la façade de la Gare de Saint-Paul se transformera en jackpot géant tandis que la fontaine de la place des Jacobins sera une gigantesque veilleuse. On croisera aussi la lampe d'Aladin ou des géants de lumières, on voyagera au coeur de l'histoire du cinéma à Perrache et on se promènera sur un Cours Charlemagne transformé en Palm Beach. 

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Pour Green Room Session, trois artistes présentent leurs œuvres.

Lyon, Terre aux lumières, Place des Terreaux

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La place des Terreaux, c'est un peu le clou du spectacle. Entourée de l'hôtel de ville et du Musée des beaux-arts, ses 4300 m2 de façades s'animent chaque année pour devenir le théâtre d'un spectacle souvent très poétique et toujours très attendu.

Cette année, c'est Cité Création, entreprise de trompe l'oeil lyonnaise, qui a remporté l'appel d'offre pour un projet mené par Gilbert Coudène, scénariste, concepteur et directeur artistique. Lui et son équipe - ils ont été une quarantaine à travailler à ce projet - ont décidé de mettre en scène une danseuse étoile, référence à l'Opéra de Lyon situé quelques rues plus loin, sur les toiles du Musée des beaux-arts projetés "en trompe l’œil et sans aucune déformation". Comment ? "C'est la magie, nous répond-il. Je ne peux pas le dire, c'est comme si je révélais où se cachait la femme que l'on coupe en deux."

Ce qu'il peut dire en revanche c'est que l'étoile sortira d'une peinture d'Edgar Degas (connu pour ses danseuses) avant de se promener dans les toiles de grands maîtres, de Veneto à Monet. Puis viendra un duo de tango, avant de s'achever sur un battle entre la danseuse classique de l'opéra de Lyon et le crew de hip hop né au même endroit, le Pokemon crew. Et une pluie de lumignons.

Trois mois de travail intense et de collaborations avec danseurs, musiciens, dessinateurs, musée, opéra et autres institutions pour offrir aux Lyonnais et aux visiteurs neuf minutes de show, entre mapping et magie.

La Plateforme Galactique, Place Chazette

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Place Chazette se tiendra un étrange spectacle mené par la compagnie CreArtCom et le Pole-ALTNET : une plateforme d'atterrissage intergalactique tissée de fils fluorescents d'une centaine de mètres carré et située à cinq mètres de hauteur, pour réunir "jeunes et moins jeunes cyborgs" et "les extraterrestres et populations diverses venus de tout l'espace sidéral". Ce projet un peu fou est mené par Derrick Giscloux, dans une volonté de mixer les traditions de la ville (les activités de tissage de soie qui firent la prospérité de Lyon) et une idée futuristique de la cité lyonnaise, nous explique-t-il. "Nos créations interrogent à la fois notre monde actuel mais aussi des scénarios futuristes et sociétaux, la manière dont l'humain alimente cette société par ses choix (internet, réseaux sociaux...)."

Résonance, Esplanade du Gros Caillou

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Juché au sommet de la colline de la Croix-Rousse et sa vue sur le tout Lyon, le collectif lyonnais RDV a développé une installation entre audiovisuel et architecture. Dans une structure métallique s'agiteront les lumières en fonction de l'intensité du bruit urbain et de l’interaction du public. "C'est un module de barres d'acier où l'on a mis des dispositifs lumineux, nous explique Esther Guillemard. Le reste, c'est des petits boîtiers sur chaque portiques contrôlés par une régie sur un ordinateur". De l'art en interaction avec le spectateur que l'on pourra retrouver aussi sur l'installation Axial, Place Colbert : un corridor de son et de lumières dont le public pourra prendre le contrôle.

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