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De Wall Street à Beaubourg : 5 choses à savoir sur Jeff Koons

De Wall Street à Beaubourg : 5 choses à savoir sur Jeff Koons

Jeff Koons débarque au Centre Pompidou et forcément, ça fait du bruit. Dans les diners mondains (ou pas), on s'écharpe de savoir si l'artiste a cédé devant le business man, on s'esclaffe de la naïveté de ses sculptures et de son bling-bling kitsh et on se rappelle le bon temps où Koons transgressait les règles en faisant du porno sous prétexte de l'art. Si toi aussi tu as arrêté de lire l'Histoire de l'Art pour les Nuls à la troisième de couverture, on a fait les feuilles bristol.

1 – Jeff Koon, c'est les ballons... mais pas que

Les ballons, ça, on connait. On a même acheté le sac H&M avec le chien rose - le Balloon Dog (Magenta) dans le jargon. Une affaire. Mais Jeff Koons ne joue pas seulement avec les ballons ; plutôt avec toutes les icônes de la culture pop américaine et les objets de la vie quotidienne, symbole d'une société de consommation. On lui doit notamment d'avoir rendu presque glamour le grille-pain et les aspirateurs avec ses séries « Pre-New » et « New », dans laquelle il décline des œuvres faites d'électroménagers ornés de néons.

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Dans « Luxury And Degradation », il reproduit des publicités sur des peintures à l'huile. Il a aussi représenté les héros américains (Hulk, Popeye, Elvis...) et sa sculpture d'un Mickael Jackson en porcelaine blanche et or, posant avec son singe préféré, est l'une de ses œuvres les plus connues. Il a aussi fait une série plutôt olé olé, « Made In Heaven ». Mais ça, on vous en parle dans le point 5.

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2 – Il a été courtier a Wall Street

Si la critique la plus communément faite à Jeff Koons est d'être devenu un business man au dépend de son art, c'est peut-être aussi que son passé de courtier est bien loin de l'image que l'on a des artistes - que l'on préfère souvent maudits. Koons est pourtant loin d'avoir toujours roulé sur l'or : à ses début, il travaillait en tant que courtier à Wall Street pour payer ses activités d'artistes. On raconte même qu'il vendait ses œuvres à perte... ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui.

3 – Il est « l'artiste le plus cher au monde »

Koons a pu désormais lâcher son boulot alimentaire. Et pour cause : il est l'un des artistes le mieux côté sur le marché de l'art. Son fameux Balloon Dog a explosé tous les records de vente par un artiste encore vivant : 47 millions lors d'une vente aux enchères organisée par la société londonienne Christie's. En 2013, l'artiste américain a engrangé plus de 177 millions de dollars pour l'ensemble des ventes de ses œuvres.

balloon dog

4 – Il ne fait pas ses oeuvres tout seul, mais fait appel à des pros

Pourtant, Jeff Koons a rarement les mains dans la glaise. Plutôt, il embauche environ 130 assistants qui mettent en forme ses idées dans son atelier de Chelsea, près de New York. L'artiste fait aussi appel à des ingénieurs et scientifiques pour développer ses concepts. Exemple avec la série "Equilibrum", dans lequel il explore la mythologie du sport dans la culture américaine. Son oeuvre : un ballon de basket qui tient en équilibre dans un aquarium. Si l'esthétique est d'un minimalisme le plus complet, l'artiste a dû faire appel à plusieurs scientifique pour trouver les bonnes proportions d'eau douce et d'eau salée pour que le ballon reste au centre de l'aquarium. Parmi ses conseillers, Richard P. Feynman, prix Nobel de physique.

basket

5 – Il a été marié à une ancienne porn-star (et ça ne s'est pas très bien fini)

Jeff Koons mange sain, est toujours à l'heure et à 59 ans, il s'entretient toujours autant dans sa salle de sport privée. Forcément, le mariage éclair entre l'artiste quasi-parfait et l'actrice porno italienne Anna Staller, dite la Cicciolina, entretient une part du mythe Koons. Ils se rencontrent pour « Made In Heaven », série la plus sulfureuse de l'artiste. Sur des sérigraphies, films et sculptures, il capture leurs ébats sans épargner au spectateur aucun détail de leurs positions explicites et de l'abondance de liquide corporel. Exposées à New York en 1991, les œuvres feront grand bruit mais ne séduiront pas l'élite des collectionneurs. On dit même que Koons vient de commettre un suicide professionnel.

madeinheaven

La même année, Koons épouse sa star et ils donneront naissance à un fils l'année suivante. Un mariage éclair qui aboutira sur une décennie de batailles judiciaires (et quelques dizaines de millions de dollars qui mèneront l'artiste proche de la banqueroute) pour récupérer son fils, dont la garde est confiée à sa mère.

Sa série « Célébrations », dont Hanging Heart, monumental cœur en inox, et le célèbre Balloon Dog, aurait d'ailleurs été une manière pour l'artiste de dire à son fils qu'il lui manque. En 2002, il épouse son ancienne assistante, l'artiste Justine Wheeler et ils auront ensemble six enfants.

hangingheart

Jeff Koons restrospective au Centre Pompidou : du 26 novembre 2014 au 27 avril 2015.