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Taylor Swift vs. Spotify : le patron réplique

Taylor Swift vs. Spotify : le patron réplique

Le duel artistes / service de streaming ne date pas d'hier. Thom Yorke, leader de Radiohead et d'Atom For Peace, monte régulièrement au créneau et retirait l'été dernier une partie de son catalogue de la plateforme.

Cette fois-ci, c'est à Taylor Swift de ruer dans les brancards. Le 3 novembre, la pop-star a retiré l'intégralité de son catalogue de Spotify, et en profite au passage pour égratigner un peu plus ce qu'il restait de crédibilité à la plateforme. Dans une interview accordée à Yahoo, la chanteuse explique sa démarche : "La musique change si rapidement, et le paysage de l'industrie de la musique lui-même change si rapidement que tout ce qui est nouveau, comme Spotify, me donne l'impression d'une grande expérience. Je ne suis pas prête à apporter le travail d'une vie à une expérience qui, je pense, n'indemnise pas justement les compositeurs, producteurs, artistes et créateurs de cette musique. Simplement, je n'accepte pas de perpétuer cette perception que la musique n'a pas de valeur et devrait être gratuite."

Deuxième round : Spotify contre-attaque.

Avec environ 0,005 euros reversé aux ayant-droits à chaque morceau écouté, il est de notoriété publique que Spotify ne rémunère pas beaucoup ceux qui leur fournissent leur contenu. Mais lorsque qu'on applique ce tarif à une pop-star comme Taylor Swift, dont le dernier album 1989 s'est vendu à plus de 1,2 millions d'exemplaires dans sa première semaine, les royalties de Spotify ne sont pas si négligeables. C'est en tout cas la ligne de défense de Daniel Ek, patron du service de streaming suédois.

Dans un post de blog sobrement intitulé "2 milliards et on compte encore" ("$2 Billion and Counting"), Daniel Ek se place en combattant du piratage. "Deux nombres, écrit-il : Zéro et deux milliards. Le piratage ne paye aux artistes pas un penny : rien, pinut, zéro. Spotify a payé plus de deux milliards de dollars aux labels, éditeurs et aux sociétés de gestion pour les compositeurs et artistes."

Il répond ensuite à la chanteuse, qui accusait donc la plateforme de rétribuer les artistes de manière "injuste" : "Les versements pour un gros artiste comme Taylor Swift sont partis pour dépasser les 6 millions de dollars par an, et ça ne fait qu'augmenter - nous nous attendons à ce que ces chiffres doublent encore dans un an".

Un partout, la balle au centre. On attend encore la réaction de la pop-star.

Et parce qu'il n'y a rien de mieux que l'humour pour détendre l’atmosphère, Spotify a concocté pour la chanteuse des playlists en forme de poèmes. Brillant.