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Pitchfork 2014: l'essentiel du jour 2

Pitchfork 2014: l'essentiel du jour 2

Il en faut plus pour nous fatiguer : nous voilà repartis sur le chemin du Pitchfork Music Festival, pour une deuxième journée pas très électronique mais forte en belle prestation. Entre St. Vincent showgirl, Son Lux envoûtant et Belle & Sebastian plus qu'attendus, pas le temps de s'ennuyer. On vous raconte. 

Le concert du jour : St. Vincent

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(Crédit photo : Michela Cuccagna)

Ce vendredi n'étant pas le jour le plus « festif » du week-end niveau programmation, on ne s'attendait pas à écrire le mot "dancefloor" pour décrire nos activités d'expression corporelle. Place à la pop, à l'indie rock, aux tentations du simple plaisir d'écoute. Deux secousses, cependant, provoquées par des figures féminines à la présence incroyable, nous ont donné des fourmis dans les jambes. On fera court sur Mø, coqueluche d'une jeunesse parisienne ravie de pouvoir adouber cette badine nordique qui confirme facilement tout le bien qu'on pense d'elle (c'est aussi un peu pour ça qu'on lui a tendu notre dictaphone plus tôt dans la journée). Mais bon, en face, c'est Annie Clark. Annie, on ne sait pas comment elle se débrouille, mais elle trimbale toujours ce charisme de dingue quoi qu'elle fasse, même en traversant les couloirs des backstages avec son air lunaire. Et aussi en robe à paillettes, collants black et talons sur scène, où elle fait circuler les guitares avec une aisance inouïe. À ce moment là, elle s'appelle St. Vincent, et elle met tout le monde d'accord, malgré un dernier album moins envoûtant que les précédents. Mais la noirceur de son regard, sa tignasse farfelue et maîtrisée, et son élégance hautaine font tout. On en vient à se demander un truc : si elle change de guitare aussi souvent, c'est parce qu'elles prennent feu en coulisses après cinq minutes dans ses mains ?

Les vedettes : Belle & Sebastian

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 (Crédit photo : Michela Cuccagna)

Mettre Belle & Sebastian à minuit un vendredi soir d’Halloween, il fallait oser. Mais avec près de 20 ans de carrière au compteur et une tête d’affiche au Pitchfork Music Festival Chicago l’année dernière, la groupe culte avait de quoi relever le défi. D’autant qu'il venait ce soir nous présenter son nouvel album, Girls in Peacetime Want to Dance, qui sortira en janvier prochain après quatre ans d’absence discographique. Belle & Sebastian aura donc fait mentir les sceptiques qui nous prédisaient des baillements aux corneilles. Stuart Murdoch mène son live et sa formation – pas loin d’une douzaine sur scène pour l’occasion – avec l'énergie et l'assurance des vieux routards. Des tubes indémodables (« The Fox In The Snow » et « The Boy With The Arab Strap » resteront probablement comme les moments les plus doux du festival) aux nouvelles créations au kitsch élégant et maitrisé, le public batifole et se balance de gauche à droite sur les accords naïfs et la voix berçante de Murdoch. Rappel électrique, concours du meilleur déguisement sur scène... C’est pop, c’est frais, c’est beau. Un sans faute.

Le beau moment : Son Lux

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 (Crédit photo : Michela Cuccagna)

19h et quelques. Il est encore tôt, mais voilà qu'un des artistes les plus originaux du festival entonne ses premières notes : "Easy" résonne dans la Grande Halle de la Villette devant un public encore assez clairsemé (contrairement aux concerts sus-cités, blindés). Et si At War With Walls & Mazes, We Are Rinsing et Lanterns, les trois albums de Son Lux, sont délicieusement planants, leur transposition live sonne beaucoup plus rock : accompagné sur scène par Rafiq Bhatia à la guitare et l'excellent Ian Chang à la batterie, Ryan Lott dévoile une toute autre personnalité, à coups d'accords crados et cris habités. Quelques uns sont en transe. Mais, à notre grand désespoir, les passages plus calmes étaient difficilement audibles, certains spectateurs ayant visiblement beaucoup de choses à se raconter pendant le concert. Tant pis pour les Parisiens, Son Lux ne repassera qu'à Lille, Reims et Dijon les 25, 26 et 27 novembre. 

L'instant coulisse : on a papoté avec Mø

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 (Crédit photo : Michela Cuccagna)

On la happe en coulisse entre une interview est une session maquillage pour se mettre aux couleurs d’Halloween. Une brève rencontre qui annonce la couleur : en tenue de boxeuse et visage peinturluré, la jeune danoise ne laissera personne de marbre. Figure montante de la pop survitaminée venue du nord, Mø (« jeune fille » ou « vierge » en danois) est fun et ne se fait par prier pour prendre la pose. Dans sa wish list ce soir, les Ecossais de Chvrches, dont elle a fait la première partie à Los Angeles et Future Island. « Tous les groupes en fait. Perfect Pussy était génial et j’aurais vraiment aimé voir The War on Drugs », elle ajoute, conciliante. Pas le temps de s’attarder au festival cependant, Mø repart demain pour un concert à Londres. La dure vie des stars.

La rencontre : Cat, Grace et Josie

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(Crédit photo : Michela Cuccagna)

"On a même fait peur aux employés du McDo !". Cat, Grace et Josie, trois copines Anglaises, étaient bien décidées hier à fêter Halloween avec leurs costumes de "Skull-Duggery", des squelettes-qui-font-trop-peur. Vu le nombre de spectateurs anglo-saxons présents dans la foule du Pitchfork Music Festival, elles n'étaient pas les seuls à sortir le maquillage... Même si les frenchies ne suivent pas trop l'esprit "tricks or treats" : "je crois que les gens d'ici nous pensent folles", raconte Cat, Londonienne de 25 ans, en riant. Mais qu'importe, "l'occasion était trop belle, j'ai toujours voulu venir au Pitchfork de Paris, la ville est magnifique et le festival reste à taille humaine". Leur objectif : voir Belle & Sebastian et Jamie XX, "absolument"

Le stand : Furia

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(Crédit photo : Michela Cuccagna)

On avait déjà passé du temps hier à lorgner sur ses bandeaux, colliers et autres bijoux venus du sud. Anaïs est Vénézuélienne, installée en France depuis 20 ans, et s’est donné pour mission de montrer les trésors de l’Amérique du Sud. Des jeunes créateurs, des matières raffinées et des bijoux graphiques, Furia célèbre le fait main à petits prix. Il n’en fallait pas plus pour craquer.

Le site internet de Furia. 

On a beau adorer Four Tet et Jon Hopkins, le meilleur, c'est Balavoine. Les vrais savent.