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Fiac 2014 : Pourquoi y aller ?

Fiac 2014 : Pourquoi y aller ?

Grand raout artistique parisien, la Fiac est l’un des rendez-vous incontournables pour les esthètes, mais aussi les poseurs. Il est vrai qu'elle offre la possibilité pour les néophytes de découvrir de jeunes pousses de l’art contemporain ou des talents confirmés. Mais la foire, qui a vu le jour en 1974, se propose avant tout de mettre en relation acheteurs et vendeurs, d'où son image un brin élitiste.

Alors faut-il y aller ? Oui. Mais en privilégiant cette année le "(OFF)ICIELLE" lancé pour la première fois par les organisateurs, les expositions "Hors les murs" et les foires alternatives. Alors que 191 galeries seront présentes au Grand Palais du 23 au 26 octobre, la Fiac se déploie aussi à la Cité de la Mode et du Design et dans certains musées. Green Room Session a sélectionné le meilleur.

Une dose de hype à la Cité de la Mode

Même si vous n’êtes pas un expert de l’art contemporain, même si vous n’avez pas écumé les expos d'avant-garde avec vos parents dès 4 ans, même si vous ne pouviez pas disserter de l'univers de Francis Bacon à 10 ans, le Off s'adresse à vous. Pourquoi ? Parce que ce petit frère de la Fiac se veut plus jeune et plus audacieux. En témoigne le choix significatif de la Cité de la Mode et du Design, nouveau lieu auto-proclamé "hype". C’est là donc que les organisateurs de la foire exposent 68 galeries et 202 artistes, le but étant de laisser plus de place aux petites ou jeunes structures et donc aux artistes émergents.

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Chéri Samba
L'employeur et l'employé, 2013
Acrylique et paillettes sur toile
135 x 200 cm
© Chéri Samba / Courtesy Galerie MAGNIN-A, Paris.

On notera ainsi la présence de Chéri Samba (ci-dessus), peintre congolais connu pour ses peintures hyperréalistes, souvent accompagnées de bulles à la manière des bandes-dessinées. L’avantage de cette manifestation Off est qu’elle est bien plus abordable que la Fiac officielle avec un billet à 15 euros et 10 en tarif réduit. Et après un tour chez les différents exposants, dîtes-vous qu’il sera toujours possible d’aller débattre de vos découvertes sur la terrasse du Nüba. Mais avant d’aller guincher, ne pas oublier d’aller faire un tour sur les quais de la Cité de la Mode où une dizaine de street artists et graffeurs français et étrangers ont installé leurs oeuvres (comme Bault ci-dessous).

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Une oeuvre du street artist Bault

De l’art contemporain nomade

Car la Fiac ne se limite pas à deux lieux bien précis. Elle se déploie aussi dans tout Paris avec des œuvres monumentales, des performances et des projections dans le cadre du programme "Hors les murs". De l’art contemporain nomade en somme et qui s’installe au Jardin des Tuileries - avec des travaux de Christian Boltanski, César et Niki de Saint Phale pour les plus connus -, au Jardin des Plantes et au Museum national d’Histoire naturelle, Place Vendôme, au Musée du Louvre et à l’amphithéâtre de l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris (ENSBA). Oui la liste est longue ! Et cela vaut le coup d’aller y faire un tour.

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Niki de Saint Phalle
Fontaine aux Nanas - Polyester peint, système électrique - 55 x 225 x 225 cm. Présentée par la Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois, Paris, 1974-1991
© Marc Domage

Pour ceux qui préfèrent découvrir l’art le nez au vent, un parcours sur les Berges de Seine est organisé pour la deuxième année consécutive, avec "Sounds by the River", du 20 octobre au 2 novembre. Un parcours à la fraîche partant du Jardin des Tuileries et allant jusqu’au Grand Palais. En quoi cela consiste ? Le flâneur que vous êtes pourra s’immerger dans l’univers du 7e art - Marguerite Duras, Federico Fellini, Chris Marker entre autres - grâce à cette promenade sonore imaginée par Anne-Laure Chamboissier. Des salons d’écoute et douches sonores ont été disséminés le long des Berges pour se glisser dans ces "pièces sonores" conçues par des plasticiens ainsi que des musiciens comme Philippe Katerine. Et pour les fans de vidéo, des projections de films d’artistes sont aussi organisés dans le cadre du Cinéphémère dans le Jardin des Tuileries : des créations d’une durée maximale de 30 minutes diffusées tous les jours dans un cinéma de 14 places.

Sortir des sentiers battus

Mais la Fiac ce n’est pas seulement la Fiac. La foire d’art contemporain attire dans son sillage d’autres manifestations à l’échelle plus modeste mais non moins exigeantes. Des propositions étonnantes, dérangeantes qui permettront à ceux qui le veulent de poursuivre leur incursion dans le monde de l’art et de sortir des sentiers battus. Citons la Slick Art Fair du 22 au 26 octobre, qui revient pour une 9e édition, sous le pont Alexandre III avec une trentaine de galeries et une dizaine de projets d'artistes émergents à La Plateforme, espace de 150 m2.

Baptiste Rabichon
Maladresse 2013 - Photographie - 110 x 150 cm, 72 x 117 cm. 2013-2014. DR

Vous pourrez aussi aller faire un tour à Variation du 21 au 26 octobre, manifestation pointue dédiée aux pratiques artistiques numériques d’art contemporain et où l’on peut découvrir par exemple le travail de Baptiste Rabichon (ci-dessus) qui transforme les images obtenues par un scanner défectueux en oeuvres poétiques. De leurs côtés, les YIA (Young International Artists), se réunissent du 23 au 26 octobre au Carreau du Temple, avec 65 galeries et une centaine d’artistes nouveaux. Enfin, l’Outsider Art Fair, jusqu'au 26 octobre également, s’intéresse quant à elle à l’art autodidacte ou Art Brut (genre auquel la Halle Saint-Pierre consacre une deuxième expo), réalisé par des amateurs sans aucune connaissance des arts. Autant d’événements qui permettent d’élargir ses horizons en ne focalisant pas ses mirettes uniquement sur la Fiac et son très chic écrin de la nef du Grand Palais !