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Bordeaux, Caen, Lyon : le tour de France en musique

Bordeaux, Caen, Lyon : le tour de France en musique

Parce qu'il n'y a pas qu'à Paris que ça se passe, on vous fait visiter la France à travers ses scènes locales. 

Nice

Niveau scène électro, la Côte d'Azur a longtemps été laissée à l'abandon. Pourtant on parle bien d'une région qui a enfanté l'un des plus gros cartons commerciaux français aux États-Unis, à savoir M83. Et même si Anthony Gonzalez vient d'Antibes, soit à une petite dizaine de minutes de Nice en T.E.R, la ville de Christian Estrosi a quand même sorti quelques pépites ces dernières années : comment ne pas évoquer le groupe Quadricolor, reconverti alors en Griefjoy (vainqueur de la deuxième édition du prix W9 Talents), et leur superbe premier album ? Une ville qui n'a pas fini de nous surprendre, avec une belle relève déjà bien positionnée dans les starting-blocks, de Hyphen Hyphen, Monophonic Interzone au jeune prodige Benjamin Fincher et aux frères Santoré... Nizza la bella a de belles années devant elle. 

Reims

Ça fait un petit moment déjà que la ville est passé du statut de « ville où il n'y a rien à faire » (à part regarder la cathédrale qui, tout de même, est très jolie) à épicentre inattendu de l'electro-pop. Difficile de savoir pourquoi cette ville de moins de 200 000 habitants enfante tant d'artistes de qualité. Ce qui est sûr c'est que Yuksek n'est pas totalement étranger à la naissance de cette scène. Surtout qu'après avoir connu un succès international, Pierre-Alexandre Busson est revenu dans sa Champagne-Ardenne natale pour y implanter le festival Electricity, en 2003. Deux ans plus tard, la salle La Cartonnerie ouvre ses portes pour accueillir concerts et artistes en résidence. Depuis, ça n'arrête plus : Brodinski bien sûr, The Shoes, The Bewitched Hands, séparé depuis un mois maintenant, Léonnie Pernet, Alb, KCPK...

Versailles

Dans notre tour de France, comment ne pas passer par Versailles, véritable capitale de la French Touch dans les années 90 ? Une ville « bâtie autour d'une petite cabane de chasse où le poids de l'Histoire te rappelle qu'il faut que tu t'effaces » pour reprendre les paroles Fuzati, qui a tout simplement représenté le fleuron de la scène française au rang international ces vingt dernières années, en sortant quelques Air, Phoenix, Alex Gopher ou Philippe Zdar et Encore!. Même Etienne De Crécy y a vécu dans les années 80, c'est vous dire. Par contre, cessons tout amalgame, les Daft Punk viennent de Paris, et non pas de la ville royale, au contraire de tout ce qu'on a pu lire à ce propos... Récemment Fuzati et son compère versaillais Orgasmic ont même fait un petit clin d’œil à leur ville d'origine en baptisant leur nouvel album Grand Siècle, à l'instar du nom d'un quartier de Versailles.

Marseille

Bien sûr, Marseille a son lot de rappeur. Mais pas que. La ville est aussi étonnamment rock. Demandez à Cowboys From Outerspace, un groupe détonnant au flegme british dont il est bien difficile de croire qu'ils viennent de la cité phocéenne. Il y a 5 ans, le trio Nasser débarquait et règne depuis sur la ville. On pourra aussi citer Kid Francescoli, qui a débuté en accompagnant un autre Marseillais Oh! Tiger Moutain. Parfaite synthèse des trois, le groupe Husbands rassemble Simon de Nasser, Mathieu de Oh! Tiger Mountain et Mathieu de Kid Francescoli. Un très bon trio dont on n'a pas fini d’entendre parler puisqu'ils viennent d'être signés sur SLY, le nouveau label de Laurent Garnier.

Bordeaux

Bonne nouvelle pour les Bordelais : Bordeaux n'est plus la Belle Endormie. Sous l'impulsion d'assos (Allez les Filles, presque deux décennies d'activité, Get Wet, Hello! My Name Is, etc.), de salles comme l'i.Boat ou des collectifs, comme Iceberg, la ville se réveille. C'est de là que viennent une partie des membres du nouveau phénomène rap Odezenne, ainsi que Crane Angels, Pendentif, JC Satan ou encore Petit Fantôme. A suivre...

Nantes

La presque Bretonne Nantes n'a rien à envier à personne. Depuis les années 70, la vie culturelle y est foisonnante et les groupes locaux légions. Il suffit d'aller faire un tour dans le catalogue du label nantais FVTVR pour repérer la présence massive des autochtones : Disco Anti Napoleon, Minitel Rose, Pegase, Rhum For Pauline. On trouve aussi les timbrés de Sexy Sushi, Joachim Garraud, Madeon, Pony Pony Run Run, Von Pariahs et Christine and the Queens. Que du beau monde.

Caen

Direction Caen. La ville normande a aussi un sacré paquet de talents. Grâce, notamment, a un réseau de salles et de structures prêtes à soutenir les artistes. Au premier plan, le Cargö, qui consacre une bonne partie de son activité à accompagner les jeunes musiciens et leur prête des studios d'enregistrement. Au palmarès : l'artiste montant Fakear, Superpoze, Bateaucue, Goldwave, Concret Knives, Orelsan...

Lyon

Portée par les Nuits Sonores et une myriades de salles (Ninkasi, La Plateforme, Le Sucre, DV1...), la scène électro lyonnaise rayonne. On citera bien sûr Agoria, héraut de la scène locale, ou les plus dub High Tone et le Peuple de l'Herbe. Mais les derniers nés des groupes lyonnais méritent aussi leur mention : Moi je..., pépite électro de la rentrée ou Pethrol et leur electro-pop sombre à tendance new wave.

(Avec Benjamin Cerulli)