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Hundred Waters : "nos premières parties avec Diplo étaient irréelles"

Hundred Waters : "nos premières parties avec Diplo étaient irréelles"

Si vous n'avez pas encore entendu parler de Hundred Waters, cela ne saurait tarder. Deux ans après leur formation et leur premier album signé dans la foulée, le quatuor en sort un second, The Moon Rang Like a Bell, accueilli par des critiques dithyrambiques, tout comme leur premier opus. Juste avant leur concert au Batofar, on les a rencontré.

Paul, Zach, Nicole et Trayer sont les Hundred Waters. Ils sont aussi potes depuis le collège ce qui arrange pas mal les choses lorsque l'on doit passer chaque minute de son temps ensemble. « Si vous aviez pris quatre personnes au hasard, ça n'aurait pas duré très longtemps », reconnaît Trayer, l'un des deux guitaristes du groupe qui s'occupe aussi des machines. Leur premier album, ils l'ont enregistré dans leur salon – ils habitaient alors tous ensemble. Comment ont-ils fait leur chemin aussi vite (formé et signé dans la foulée), lorsque la plupart des groupes se font et se défont avant même de voir un EP faire surface ? « Le premier, on l'a enregistré sans avoir l'industrie en tête, juste parce qu'on aime faire ça, raconte Zach, le batteur. C'est notre manager qui nous a ensuite montré le chemin. » Et il a fait du bon boulot : des premières parties monumentales (Diplo, Alt-J, The XX) et une tournée, pour Hundred Waters, tout roule. « Ce ne s'est pas non plus fait juste comme ça, nuance tout de même Nicole, la chanteuse multi-instrumentaliste. Il y a eu beaucoup de boulot : l'écriture, les tournées... ».

Skrillex, « Il est incroyable »

Si le groupe a aussi bien marché, c'est aussi, sûrement, qu'ils ont eu dès le début un soutien de taille : Skrillex, en personne, qui les a signé dès 2012 pour un premier EP, Thisle EP, puis deux autres en 2013 et 2014, avant de sortir leur second album sur son label Owsla.

Si l'association fait sourire, ce n'est pas à cause de la réputation que se traine le petit prince de l'EDM. C'est plutôt parce que leur musique est à mille lieux des sons excités et autotunés. Hundred Waters est plutôt calme, moody, mélodique... « Un truc que tu peux écouter seul ou au camping par exemple », dira Zach. Qu'à cela ne tienne. Le groupe est habitué à être interrogé sur le sujet. En plus d'être le patron de leur label, Skrillex est un ami. Pas question donc, de le débiner (d'ailleurs, on n'en demandait pas tant) : inspirant, dynamique, fun... les Hundred Waters nous donneraient presque envie de rencontrer celui que l'on adore détester. « Il est incroyable. Je crois que nous aimons tous sa musique, on adore traîner avec lui et on adore les gens avec qui il traîne. Ce sont tous des bons potes. » « Sa musique est géniale en live, c'est pour ça qu'elle est faite », intervient Trayer. En tout cas, reprend Zach, « sa musique est très différente de ce que les gens connaissent de lui. Elle est très différente de la nôtre aussi. Mais voir la manière dont il compose, comment il choisit les gens avec qui il travaille, c'est super ». Le meilleur conseil qui leur ai donné ? « C'est un conseil vivant », rigolent-ils. Mais surtout, « sois toi-même et ne fais rien avec lequel tu ne sois pas à l'aise ». On a vu plus original comme conseil, on a aussi vu plus mauvais.

Première partie de Alt-J, Diplo, The XX

Et puis Skrillex les a mis sur les bons plans : les premières parties de ses stars de potes, qui rameutent un sacré paquet de monde à chacun de leurs concerts. Alt-J, Diplo, The XX « ce sont les personnes avec qui on a fait nos premiers spectacles en tant que Hundred Waters, ce qui est complètement irréel. C'est un succès d'un genre différent : leur public est une foule géante, dansante, avec les yeux écarquillés. C'est inspirant de voir comment ça marche, de voir ces gens avec une vision et de voir comment ils la mettent en oeuvre. » Et puis il y a The XX, dont la musique et le parcours se rapproche un peu plus de leur univers. Un groupe à la musique « introvertie et intime », qui a commencé à jouer dans des bars pour une poignée de personnes avant de connaître un succès international...

Il faut dire que les Hundred Waters ne sont pas avares en background musical. S'ils sont aujourd'hui dans l'électro, ils viennent du punk. Du pop-punk, plus mélodique, mais punk quand même. Difficile à croire à l'écoute de leur album. Alors, que reste-t-il de leurs années punk ? « Les lives », se mettent-ils d'accord. Car si leur musique est du genre calme, leur live est plus burné. « Les chansons deviennent plus physiques, plus vivantes... plus punk, oui, explique Zach. C'est une surprise pour beaucoup de gens parce que quand tu écoutes l'album il est paisible et mélancolique. Quand ils viennent, ils s'attendent un peu à ça : fermer les yeux et se laisser emporter. Mais c'est beaucoup plus intense. » D'autant qu'après une première tournée, les quatre Américains ont pris du galon. « La première tournée est arrivée très tôt pour nous, reconnaît le batteur. C'était vraiment bien, une expérience sympa et nous avons beaucoup appris. Mais il n'y avait pas tant de monde que ça à nos concerts. Celle-là est beaucoup plus gratifiante, les gens viennent... et ça fait tout, vraiment ! ». Cette fois, c'est au Batofar qu'ils jouent. Trayer nous prévient : « Tout peut changer, sauf les paroles ». Rien que pour ça, on ira voir.

Hundred Waters est en concert ce soir au Batofar