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Tous runners !

Tous runners !

Le bon vieux jogging s'est petit à petit fait remplacer par un tout nouveau terme, "running". À l'occasion de la course des 20 km de Paris ce week-end, petit précis de la discipline made in Green Room Session : comment bien se préparer physiquement et mentalement avant d'enfiler ses baskets ?

Il y a dix ans à peine, la course à pied se situait tout au fond de la pile des bonnes résolutions du cultureux citadin. Bah oui, les mots “clubbing” et “jogging” ont beau finir de la même façon, à l’époque, il y avait un intrus (on vous laisse choisir lequel). Ça, c’était il y a dix ans.

Aujourd’hui, les marques rivalisent d’innovation et d’ingéniosité pour séduire les cohortes de “runners” (oui, en 2014, le jogging, ça sonne un peu trop Weight Watchers), il existe des dizaines d’applis pour tout vous raconter sur votre cadence de course et sur les calories brûlées (certaines quantifient même l’effort en nombre de burgers...) et les épreuves de course à pied se remplissent de nouveaux venus prêts à en découdre avec l’ancienne génération des vieux briscards en mini-short. Ce week-end, les 20km de Paris accueillent plusieurs milliers de coureurs a priori préparés à ce qui va leur arriver. Vous en faites partie ? Vous enviez cette motivation mais vous êtes au fond de votre canapé en ce moment ? Il est temps de lacer ses chaussures et d’aller transpirer un bon coup. En suivant deux ou trois conseils, sportifs… mais pas que.

"Le running, c’est un état d’esprit"

En voilà, un mantra prêt à être dégainé en soirée ! Pas besoin non plus de le sortir à tout bout de champ pour agacer vos potes non-sportifs, mais il y a du vrai là-dedans. Vous courez pour quoi exactement ? Les kilos, la santé, le mental, l’évacuation du stress ? Aucune mauvaise raison là-dedans, tant que vos séances font de vous quelqu’un de patient, prêt à progresser lentement, et à en baver. En bref, si vous cavalez une fois par mois pour vous déculpabiliser d’avoir dégommé trois bagels sur-gras le week-end dernier, il va falloir revoir votre stratégie mentale. Bah ouais, courir, c’est dans la tête. Encore une phrase à ajouter dans votre panoplie, c’est cadeau !

La chaussure, c’est vital

Runnez comme vous êtes : en collants Nike sur-designés, en short / t-shirt Décathlon ou avec des vieilles fringues de sport placardisées depuis les cours d'EPS. L’essentiel, c’est d’être à l’aise. Par contre, impossible de transiger avec la qualité des chaussures ! Demandez un coup de main financier à Mamie s’il le faut, mais se lancer dans l’aventure du running avec des godillots en carton “pour tester” est une mauvaise idée. De plus, avec la dynamique vertueuse autour du running en ce moment, les marques phares dans cette discipline sortent des tonnes de modèles pour toutes les foulées possibles… souvent avec un vrai sens du design. Nike tient le haut du panier (par contre, la beauté a un prix supplémentaire en plus de la qualité à l’utilisation), New Balance, Asics et Mizuno sont également au top.

Et la tendance “courir naturel” alors ? Nike en fait des tonnes avec ce type de chaussures “minimalistes” sans amorti, censées reproduire la foulée de l’Homme comme s’il courait pieds nus, et être meilleures pour le corps. Sachez juste que courir nécessite un apprentissage, et commencer par là, c’est un peu comme donner une Ferrari à un jeune conducteur qui a passé son permis en Clio. Pourquoi pas, mais attention à vous...

Musique ou pas ?

Deux écoles, deux solutions. La musique, ça peut jouer sur la motivation, le moral, et donc sur les performances. Et parfois, il est bon de se fier à un stimulus extérieur pour arrêter d’écouter la petite voix qui vous dit de faire une pause à la boulangerie du coin. Le tout, c’est de trouver une musique qui colle à votre rythme : rien de pire que d’écouter du punk rock si on débute, ou du Boards of Canada si on s’entraîne trois fois par semaine. Spotify propose des playlists toutes prêtes selon les cadences, ça peut donner des idées de composition ! Cependant, courir est aussi le seul moment de la journée où vous n’êtes pas soumis aux distractions auditives. Brouhaha des discussions au boulot ou à la fac, musique et télé à la maison, gros son pendant les sorties du week-end... votre course peut justement être imaginée comme un moment où vous n’écoutez que le bruit de votre environnement direct. Le mieux, c’est de tester par vous-même !

Rappelez-vous, James Murphy (LCD Soundsystem) avait fait équipe avec Nike il y a quelques années pour créer plus de 45 minutes de musique "running friendly"...

 

Tous runners = tous connectés

Runkeeper, Runtastic, Endomondo, Nike+… Vos markets de smartphones regorgent d’applis running. Qui font toutes la même chose, grosso modo : mesurer votre temps, votre distance grâce au GPS, et donc votre vitesse, avant de vous offrir de jolis résumés de course sur votre ordinateur. Si vous prenez les versions payantes, vous aurez des petites options supplémentaires. Utile ? Why not, surtout que ça ne coûte rien (ou si peu). On vous laisse voir si vous voulez faire criser vos amis Facebook en publiant vos temps de course sur leur fil d’actus. Avis à ceux qui veulent progresser efficacement : un cardiofréquencemètre (CFM) de base, ça ne vaut pas si cher, ça se trouve dans tous les magasins de sport et ça permet de doser l'effort sans risquer l'essoufflement, et donc la frustration.

Ne pas courir trop vite

Absurde, comme conseil ? Détrompez-vous. Après avoir craché vos tripes pendant votre premier mois, vous vous sentirez pousser des ailes : c’est la phase “lune de miel”, durant laquelle les endorphines sont vos meilleures potes. Augmentation des entraînements, de la vitesse, de la distance… Si vous vous prenez trop rapidement pour un athlète, vous achetez dès à présent le billet retour pour votre canapé ! On ne vous fera pas l’étalage de la ribambelle de blessures qui vous guettent à cause du surentraînement précoce. Et elles viendront en temps utile, pas besoin d’aller les chercher ! On en revient au point n°1 : le running est un travail de fond, qui prend des mois à porter ses fruits. Laissez le sprint aux lièvres : le running, paradoxalement, est plutôt un délire de tortue. C’est ce qui rend ce sport vertueux pour l’esprit !

L’heure de la compétition

Vous êtes sur la ligne de départ des 20 km de Paris, OK. Un petit coup de rétro s’impose : depuis combien de temps courez-vous ? L’entraînement s’est-il bien déroulé ? Avez-vous un objectif de temps ? Avez-vous déjà couru 20 km, au fait ? La première course, c’est toujours un moment d’euphorie, surtout si on la fait entre potes. Il faut juste savoir “commencer petit” : dans ce cas précis, il est déconseillé de faire ce genre de distance pour une première. Et surtout, y aller mollo : on fait ça parce que ça nous fait plaisir, et tant pis si on met deux minutes de plus que le temps qu’on a prévu de faire ! Si tout se passe bien, l’envie fera son office et vous motivera à vous réinscrire à une prochaine course, puis une prochaine… Et c’est bien ça, votre objectif, non ?