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5 choses à savoir sur Kraftwerk

5 choses à savoir sur Kraftwerk

On ne parle plus que de ça : le groupe culte Kraftwerk va jouer huit dates à l’espace Louis Vuitton : un concert pour chaque album. Pour ceux qui ne voient en le groupe de Düsseldorf que quatre soixante-huitards en combinaison lycra, on fait les fiches bristols.

1 – Ils n’ont pas fait que huit albums

8 concerts pour 8 albums. Le concept a du chien. En réalité, Kraftwerk était d’abord un duo et a sorti trois albums, introuvables depuis, avant de rencontrer le succès en 1974 : Kratwerk (1970), Krafwerk2 (1972) et Ralf&Florian (1973) (du nom des deux membres fondateurs Florian Schneider-Esleben et Ralf Hütter). Leur album Tone Float, sorti avec leur premier groupe Organisation est également écoulé. Des bootlegs (des enregistrements illégaux, donc) font surface ici et là. Sinon, il y a toujours Youtube. 

2 – Les critiques n’ont pas été tendres avec eux  

Kraftwerk a aujourd’hui le statut de demi-dieu. Pourtant, lorsqu'ils sortent leur premier « vrai » album, Autobahn – premier album à utiliser synthés et boites à rythmes pour créer de la musique pop -- les critiques ne sont franchement pas séduits.

Melody Maker, la plus ancienne revue musicale jusqu’à son arrêt en 2000 implore de « laisser les robots hors de la musique » arguant que le quatuor ne fait aucun effort pour créer « quelque chose d’expérimental, artistiquement satisfaisant ou nouveau ». En Allemagne, Musik Express fustige des « rythmes stupides ». La critique la plus virulente viendra de Lester Bangs, publiée dans la revue Creem, où le critique américain se demande si Kraftwerk est « la solution finale au problème de la musique » (une référence à la guerre qu’il n’est pas le seul à faire). Reprise par le magazine britannique NME, la chronique sera agrémentée d’une photo de SS. Pour Libération, Jeff Mills se rappelle d’ailleurs que des manifestations accompagnaient la venue du groupe à Detroit : « C’était une époque troublée, la guerre n’était pas loin, leurs cheveux courts et leurs chemises strictes évoquaient les nazis pour certains.»

Le groupe obtiendra la reconnaissance du public lorsque Ira Blacker donnera un coup de scie au morceau "Autobahn", diminuant le morceau de 23 minutes à 3 minutes 38.

 

3 – Ils ont de l’humour

Sur scène, les membres de Krafwerk sont aussi rigides que leur musique est froide (et, accessoirement, excellente). Pourtant, ils ont de l’humour. En témoigne cette interview donnée par Florian Schneider (qui déteste pourtant se prêter à l’exercice, Kraftwerk ayant instigé l’anonymat bien avant Daft Punk). Chapeau, moustache et lunettes de soleil, le fondateur du groupe allemand répond aux questions d’un homme habillé en Che Guevara. Burlesque.

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4 – Ils changent souvent de formation

Si vous faites partie des chanceux qui iront voir le quatuor à l’un de leurs huits concerts à l’espace Louis Vuitton, vous verrez Ralf Hütter, Henning Schmitz, Fritz Hilpert et Falk Grieffenhagen. Dans cet ordre, de gauche à droite (la discipline…). Scheinder, l'un des deux fondateurs, a quitté le groupe fin 2008, sans préciser la raison de son départ. Il n’avait participé à aucune des dates de la tournée mondiale de Kraftwerk la même année. En janvier 2009, son départ est confirmé dans la presse et il est remplacé par Stefan Pfaffe puis par Falk Grieffenhagen. 

Dans une entrevue accordée au Telegraph, le guitariste Michael Rother, l’un des membres de la formation fluctuante des premières années de Kraftwerk raconte l'envers du décors: « Ils avaient une approche très orientée business et traitaient les musiciens comme des employés. Ce qu’ils faisaient était hautement individuel mais très accessible parce qu’ils réduisaient les éléments de leur musique au strict minimum pour que les gens comprennent ce qu’il se passe. »

5 – Ils sont l’un des groupes les plus samplés

C’est une opinion tellement communément acceptée qu’elle est devenue un fait : Kraftwerk est l’un des groupes les plus influents de l’histoire de la musique (au coude à coude avec les Beatles). Premier groupe à utiliser les machines dans la musique pop, ils ont influencé la vague rock new-wave des Human League et consorts, la techno industrielle de Détroit, le « robot pop » de Daft Punk ou encore le hip-hop électro de Afrika Bambaataa. Difficile d’énumérer tous les artistes qui les ont samplés ou ont reconnu leur influence sur leur musique. Mais cette vidéo en donne un avant-gout.