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Street Food Festival : à Paris, les food-trucks "montent en gamme"

Street Food Festival : à Paris, les food-trucks "montent en gamme"

A l'occasion de l'étape parisienne du Street Food International Festival demain et jeudi à Paris, on a rencontré Laurent Vandamme, son organisateur. 

Imaginez : vous êtes à une porte de Paris (la porte de Versailles pour être précis) et là, des senteurs de tous les horizons envahissent vos naseaux -- et votre estomac affamé. Partout, des camions. Cuisine vénézuélienne, malgache, caribéenne, thaïlandaise, bar à huître, camion Masterchef ou espace "bistronomie"... 16 food-trucks vous entourent pour des formules entre 8 et 14 euros environ. Sympa ce petit rêve. Mais il est à portée de fourchette : demain et jeudi aura lieu le Street Food International Festival parisien (avant une étape avignonnaise), à partir de midi porte de Versailles. Evidemment, tout ça nous a donné envie de rencontre Laurent Vandamme, l'organisateur de l'événement -- et un peu faim, aussi. 

Un food-truck étoilé

Plus sérieusement, le Street Food International Festival (SFIF pour les intimes) intervient en complément du salon Rapid Resto ciblant, comme son nom l'indique, les professionnels de la restauration rapide. Chacun pourra y manger et voter pour le meilleur camion du moment. Attention, nous n'avons pas dit "fast-food" : rapide ne veut plus dire bâclé, ou gras, ou de mauvaise qualité. Bien au contraire : "dans nos premières étapes du festival, plus de 50% de nos camions faisait du burger. Demain, on réunit 16 camions, dont un seul à burger, et trois font de la bistronomie, ce qu'on peut appeler la street-food 2.0 dans laquelle les chefs étoilés arrivent, comme Edouard Loubet (deux étoiles au Michelin) et son camion Bien Fait. On fête aussi demain le lancement officiel du camion Masterchef Foodtruck, avec des candidats de l'émission", raconte Laurent Vandamme. Le tout sera accompagné en musique par le Cracki Crew. 

Et oui, contrairement aux idées-reçues, la street-food d'aujourd'hui n'a plus grand-chose à voir avec nos éternels camions pizza, même si elle en tire évidemment ses origines : "On a organisé notre première édition du festival à Marseille l'année dernière. C'est le berceau de la street-food : il y a plus de 45 ans s'y installait le premier camion-pizza. Mais un food-truck ce n'est pas tout à fait la même chose : les pizzaiolos en camion n'ont pas évolué ou changé leur manière d'aborder la street-food. On peut pourtant monter en gamme et proposer de la cuisine du monde. Avec les innovations de matériel, on peut aujourd'hui faire plus de choses dans un même petit espace tout en respectant les normes d'hygiène. C'est pour ça que le camion-pizza était la seule alternative possible, pour son côté 'monoproduit'. Ce n'est plus comme ça aujourd'hui, et ça correspond tout à fait à cette tendance du retour de 90's et des 80's", précise Laurent Vandamme.

"Un phénomène qui a démarré avec la crise"

Cet organisateur de salon spécialisé sait de quoi il parle. "Je viens du monde de l'hôtellerie et de la restauration. C'est un métier où il faut tout le temps se remettre en cause et regarde ce qu'il se passe, les nouvelles tendances, et il y en a : la mode du sushi et de la cuisine asiatique, la cuisine italienne si on remonte un peu plus loin... Ces tendances s'installent et sont déclinées aussi bien en restauration rapide qu'en gastronomie." Marseillais, Laurent Vandamme est lui-même un habitué des food-trucks, habitué à "vivre dehors" dans sa ville ensoleillée. Parmi ses coups de cœur 2014 : Bien Fait"la future référence en bistronomie" et Beytouti le camion libanais avec son espace snack en intérieur. Aussi, l'Embusqué et ses fameux croque-monsieur, Miss Pigg et ses pièces de cochon rôti et, à Marseille, Fish'n'Chips (dépendant du resto La Boîte à sardines) et On mange thaï. Le choix est plutôt large. 

"Ces cinq dernières années, on a vraiment observé en France une évolution des comportements. Les gens n'ont plus envie de rester deux heures à table et n'y consacrent plus le même budget. C'est un phénomène qui a démarré avec la crise", se souvient-il en citant le Camion Qui Fume, premier food-truck installé à Paris par l'Américaine Kristin Frederick. Depuis, le marché est en pleine expansion. 

Sans titre

Sauf que ce n'est pas si facile. "Les pouvoirs publics ne sont pas vraiment enclins à délivrer des autorisations". Pourtant, pour lui, la restauration traditionnelle et la street-food peuvent cohabiter sans soucis, et c'est aussi le but de ce SFIF accolé à un salon de professionnels. "Certaines zones sont dépourvues de bon resto, et on peut imaginer d'autres solutions : au Canada, pendant l'été, certaines rues deviennent la 'rue de la street-food' le jeudi soir avec un large choix de food-trucks. Ça peut être une idée !".