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Sam Tiba : « Le nouvel album des Club Cheval sera beaucoup plus posé que ce que l’on peut imaginer »

Sam Tiba : « Le nouvel album des Club Cheval sera beaucoup plus posé que ce que l’on peut imaginer »

Membre du Club Cheval, Sam Tiba sort aujourd’hui un nouvel EP, signé chez sa « famille » Bromance. On a rencontré ce fana de manga, de petits cœurs et de dîners pépères. 

Green Room Session : Ton EP Samuel sort aujourd’hui, et contient 3 titres. Le premier s’appelle « Au Revoir ». Ce n’est pas un peu bizarre pour commencer quelque chose ?

Sam Tiba : C’est bizarre, oui, et je n’ai pas trop d’explication. Il s’est appelé comme ça dès le début, mais il sonnait vraiment comme une intro, assez triste mais avec une bonne touche d’espoir tout de même. Ça représente bien la couleur générale de l’EP.  

Peux-tu nous parler de « Up In The Clouds » et « Déguisement », les deux autres morceaux de l’EP ?

Je trouve ça sympa qu’il y ait, avec « Déguisement » qui est plus axé club, deux titres en français sur l’EP, même s'ils n’ont pas particulièrement de sens ! Pour « Up In The Clouds », c’est plus simple, il s’agit des paroles ! Il est assez aérien, calme, et je l'ai réalisé avec un rappeur de San Francisco, Sad Andy. Je pense que cet artiste va aller loin et qu'on va en entendre parler d'ici peu, ce n'est peut-être pas notre dernière collaboration. Pour ce titre, je lui ai envoyé un beat et il a construit son rap dessus. Sauf qu'après ça, je n'aimais plus mon beat ! Alors j'en ai construit un nouveau pour coller avec le texte et j'ai jeté l'autre à la poubelle... Je dois avoir des dizaines et des dizaines de son dans ma corbeille, mais c'est pas grave, c'est le jeu, et je suis content du résultat assez planant, léger et un peu mélancolique. 

C'est ça ton style finalement ? 

J’ai sorti un EP comme ça il y a un an, juste avant l’été… Et est passé un peu inaperçu. Cet EP est un peu l’aboutissement de ce que j’ai entamé avec The Saddest Show In Time sur Pelican Fly (le label de Cashmere Cat, ndlr).

Ça ne ressemble pas du tout à ce qu’on peut trouver chez Club Cheval…

J’ai commencé à faire de la musique avec les Club Cheval qui ne faisaient que du son club. Au bout d’un moment, je me suis rendu compte que je n’étais pas trop fait pour ça. Je sais la faire, mais je n’ai pas non plus « le truc ». J’ai décidé d’accepter que j’avais envie de mélodies dans tous mes morceaux. J’ai creusé ça, ai commencé à tester des trucs avec ma voix, à faire des chansons… En solo, je m’épanouis beaucoup plus à faire des choses comme cet EP que d’envoyer en club, même si ça peut être marrant de temps en temps. Et l’album de Club Cheval sera beaucoup plus posé que ce que l’on peut imaginer. C’est en nous.

Tu assumes le titre du « calme de la bande » ?

Je ne suis pas le seul à aimer ça, vraiment. C’est très clair avec Canblaster, et même avec Myd : il a produit l’album de Owlle, plus pop. Par contre, j’ai très certainement ramené l’influence r’n’b.

De quoi t'inspires-tu au quotidien, qu'écoutes-tu ?

Pas mal de r'n'b donc, mais aussi de la musique de film et de dessins animés japonais type Miyazaki. On m'a déjà dit que ça se retrouvait dans ma musique, je ne le fais pas consciemment, mais c'est vrai que la culture japonaise m'intéresse énormément. J'essaye d'aller à Tokyo le plus souvent possible, et ça me manque très rapidement : là ça fait quatre mois que je n'y suis pas allé, et j'ai déjà envie d'y retourner. Génération club Dorothée ! J'étais un gros nerd qui lisait des mangas, pas un de ces nouveaux mecs qui se prétendent geek parce qu'ils viennent d'acheter des lunettes à grosses montures (rires).

Et cet album de Club Cheval, quand est-ce qu’il arrive finalement ?

On a quatre ans de retard ! Ça se finit là. Il devrait sortir d’ici un six mois ou un an.

Pourquoi avoir mis si longtemps ?

Je pense qu’on n’était pas prêt à sortir un album quand on a commencé à travailler dessus. On voulait être des Swedish House Mafia stylés, ce qui est toujours une bonne piste : on voulait fait de la grosse musique de stade, mais belle. On a eu des trucs pas mal mais ça ne nous ressemblait pas, on a refait des morceaux, et refait, et refait ces mêmes morceaux, à ne garder quasiment rien. Là je pense qu'on est enfin arrivé à quelque chose qui nous correspondait. 

Tu as fait une mixtape Saint Valentin avec Canblaster... Pourquoi ? 

Il n'y a qu'en France qu'on trouve ça cheesy la Saint-Valentin. En vrai c'est plutôt cool, non ? J'avais déjà faite une mixtape Saint-Valentin, et elle avait très bien marché. Canblaster était un peu jaloux, alors il a voulu faire la sienne (rires). Et puis vers décembre dernier je l'ai appelé pour qu'on la fasse à deux... Je crois que j'ai bien fait !

Tu mets aussi beaucoup de coeurs et de messages d'amour pour tes fans Facebook... 

En fait, je suis comme ça dans la vraie vie. Je dis "bisous" et j'envoie des textos pleins de smileys. Tout le monde me connaît comme ça, alors ça me paraît naturel de communiquer de cette façon avec les gens qui me suivent. Je préfère ça que de m'arrêter à tous les haters de la page (rires) ! Au début, ça me touchait et me blessait, maintenant j'arrive à m'en détacher. C'est drôle, les trolls sont tous français. Les fans étrangers sont toujours beaucoup plus sympas, surtout les Japonais ! Parfois, ça va même un peu trop loin : une fan japonaise m'avait offert un cadeau après une soirée, avec ma photo et celle de ma copine de l'époque. Elle connaissait même son prénom. C'était un peu flippant !