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Sébastien Thoen : "J'aimerais me baigner dans la Seine"

Sébastien Thoen : "J'aimerais me baigner dans la Seine"

L'humour pince sans-rire et toujours décalé, Sébastien Thoen a l'esprit taillé pour la maison Canal. Chroniqueur à Action Discrète et "enquêteur" satirique du Grand Journal, il vient de reprendre les rênes du Journal du Hard de la chaîne -- un privilège rarement confié à un homme. A cheval entre Marseille, la banlieue et la rive gauche, Sébastien Thoen nous raconte ses soirées. Avec plus ou moins de sérieux. 

 

Green Room Session : La première fois que tu es sorti après minuit ?

Sébastien Thoen : J’avais 6 ans, la boîte s’appelait le Galion, aux Pennes-Mirabeau près de Marseille. J’avais le droit de sortir après minuit, parce que c’est un de mes oncles qui tenait le snack devant la boite de nuit. C'est lui qui m’a fait entré. Je pense que j’ai réussi à faire un slow quand même - à l’époque on faisait encore des slows. Avec Cédric, le DJ.

Qu’est-ce que tu aimes dans la nuit ?

Le zouk. Je ne vais que dans les boites à zouk.

Où commences-tu la soirée ?

Je crois que je peux le dire parce que c’est un secret de polichinelle. Rue Cadet il y a le siège des francs-maçons. On se retrouve là-bas entre francs-maçons et on fait des gros apéros. C’est un prétexte pour se voir et raconter des trucs insolites. Par exemple on savait depuis mi août, fin août, que Valérie Trierweiler allait sortir un bouquin. On parle des scoops politiques à venir. On sait aussi que Carla Bruni va sortir un bouquin. Sur Hollande.

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Plutôt vendredi ou samedi ?

Je suis un Bee Gees, c’est la fièvre du samedi soir. Vendredi on reste chez soi, on regarde Thalassa et on se couche tôt. Le samedi, on va en discothèque. Comme Travolta.

Tes endroits préférés pour manger un morceau ?

Les Trois As, à la Motte-Picquet-Grenelle, qui est une brasserie super style, ambiance un peu Costes. Le café s'appelle aujourd'hui le 15 café mais tout le monde l'appelle Les Trois As. J’y vais pour manger un bout pour l’apéro, des rillettes, des trucs comme ça. C'est stylé mais en même temps c’est un peu underground. C’est assez prisé, assez select, c’est plutôt compliqué d'y entrer. Pour manger un morceau j’aime bien les endroits selects, pas pour se la raconter mais parce que c’est meilleur.

Plutôt concert ou club ?

Il y a un truc qui me manque, ce sont les cafés-concerts, mais il n'y en a pas beaucoup à Paris. Il y avait le Jean Bart, un restaurant qui faisait café-concert rue de Babylone. C'était il y a 15 ans. On y voyait des concerts de rap, des trucs comme ça. L’un des premiers concerts que j’ai vu là-bas, c’était Ménélik avec Jounaid, un DJ. Je suis un peu vieux alors je te parle de trucs un peu old school. Ménélik était en train de virer commercial. C’était en 1994, 95.

Aujourd’hui, c’est compliqué de trouver un endroit. Il y en à la fois plein et pas tant que ça. Le Batofar est pas mal, la Guinguette Pirate aussi. J’aime bien les cafés jazz : le Sauvignon, dans le 10ème, qui fait beaucoup de concert de free jazz.

Tu sors dans quel quartier de Paris ?

Rive gauche, parce que j’habite à Rive gauche et que Rive droite c’est trop loin, ça me saoule. Rive gauche, ça reste underground.

Il y a des villes étrangères où tu aimes faire la fête ?

J’ai envie de te dire Marseille, mais ce n’est pas une ville étrangère. Bangkok et Pattaya. C’est vraiment de la bombe. Et Amsterdam. J’aime beaucoup cette ville. Les gens sont très sympas.

En France, une ville coup-de-cœur dans laquelle tu as passé des soirées mémorables ?

Au Son des Guitares à Marseille, un cabaret boîte dans Marseille. C’est un vrai café-concert , super sympa.

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Une émission ou un sketch qui symbolise la nuit ?

Paris Dernière symbolise vraiment la nuit, c’est la seule émission sur la nuit. Sinon en sketch, sans aucun doute - et je leur rends hommage, ce sont des génies - Paris By Night par Edouard Baer et Ariel Wizman. Les deux sont tellement brillants que ce n’est même pas un sketch tellement c’était fort, vraiment très très drôle.


Tu as fait des rencontres extraordinaires la nuit ?

Comme tout le monde j’ai copiné avec des SDF. Il est 6 heures du mat’, tu rentres tranquillement et tu croises des SDF très sympas. Récemment c'était avec une famille de Roms, Porte de la Chapelle. Je sortais du 283, l’ancien club à la Plaine Saint-Denis. On est resté jusque à 9-10 h du matin dans leur camp. C’était complètement dingue.

Des mauvaises rencontres ?

Il n'y a pas longtemps, je suis sorti au Montana et j’ai croisé Baptiste Lecaplin. C’est un type très sympa, très drôle. Il était avec Kyan (Khojandi, ndlr). Il ne m’a pas reconnu. Ce n’est pas très grave mais je ne l’ai pas très bien pris !

Qu’est ce que tu rêverais de faire, la nuit ?

Me baigner dans la Seine. Il faudrait une super discothèque sur la Seine, un bateau mouche géant : la vrai fête, pas la fête à la française, la fête comme en Thaïlande, en Espagne. Avec des flippers, des jeux vidéos, trois discothèques, quatre dancefloors. Il y aurait une piscine, on plonge dedans et on arrive dans la Seine. Comme Jacques Chirac l’avait promis il y a 20 ans. Encore un de ses pipeaux au Jacko.

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