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L'album de la semaine : Tricky - Adrian Thaws

L'album de la semaine : Tricky - Adrian Thaws

Le nouvel album de Tricky, Adrian Thaws, son vrai nom, sort aujourd'hui. Du blues, du jazz, du rap... ce nouvel album expérimente les styles sur la trame sombre et virulente de Tricky.

L'entrée en matière se fait sans détours. Un son sale, gluant et parfaitement sensuel avec ce featuring de Tirzah. "Where is the fun now", demande l'ancien Massive Attack. Et bien, on a envie de dire qu'il est là, tout de suite, maintenant. Attention aux oreilles, ça tappe.

« Right Here », c'est d'ailleurs l'un des titres de ce très bon album. Des guitares rock, la voix froide de l'artiste danoise Oh Land, le ton est donné. Sur cet album auquel Tricky donne son vrai nom, Adrian Thaws, le Britannique fera la part belle aux voix hyper féminines. Ça tombe bien, avec les basses du maître du trip-hop, la mayo prend. Le chaud et le froid, le sucré et le salé, tout ça quoi. C'est beau.

On aura même le droit à quelques guitares terriblement bluesy sur « Keep Me In your Shake ». Ça murmure, susurre, et la chanteuse soul Nneka magnifie tout ça avec une voix à la fois chaude et cristalline, plus proche du son trip-hop auquel nous a habitué Tricky. Et puis vient "Nicotine Love", morceau plus dansant en featuring avec la chanteuse Francesca Belmonte. On retrouvera la Londonienne sur "I Had A Dream", une voix plus chaloupée cette fois pour un son plus jazz, piano inclus.

Et puis Tricky s'énerve. Dans "Gangster Chronicles" d'abord, un rap acharné servi par Bella Gotti. Puis dans "Why Don't You", un son made in London, destructuré et excité, toujours en featuring avec la chanteuse britannique. Une invitation à aller se faire foutre ("Why don't you go and get fucked"), vite apaisée par le raggea paresseux et lo-fi de "Silly Games", reprise du titre de Janet Kay sorti en 1998, où la rare voix de Tricky prend des airs langoureux et enroués.

Adrian Thaws expérimente, s'énerve, paresse, et laisse souvent la lumière à d'autres artistes pour cet album éponyme. Mais ce qui coagule ces styles en pagailles et signatures ajoutées, c'est bien ce bon vieux trip-hop que Tricky sait si bien faire. Une réussite.