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Il l'a dit : "La nouvelle vidéo de Taylor Swift perpétue les stéréotypes sur les Noirs"

Il l'a dit : "La nouvelle vidéo de Taylor Swift perpétue les stéréotypes sur les Noirs"

Taylor Swift a sorti cette semaine un clip mignonnet et pas très intéressant. Mais cela n'a pas plu du tout à Earl Sweatshirt, qui accuse la chanteuse de racisme.

"Je n'ai pas regardé la vidéo de Taylor Swift et je n'en ai pas besoin pour vous dire qu'elle est intrinsèquement offensive et, en fin de compte, nuisible, perpétuant les stéréotypes sur les Noirs à destination de toujours la même tranche de population : des filles blanches qui cachent leurs préjugés en proclamant leur amour pour la culture [noire], celles et ceux d'entre vous qui ont par exemple peur des Noirs mais aiment qu'en 2014 il est accepté que vous soyez 'tril' [expression du hip-hop désigne une personne respectée, ndlr.], en train de twerker ou de dire 'nigga'". C'est par ce tweet engagé que le rappeur Earl Sweatshirt a envoyé paître la chanteuse à midinettes Taylor Swift et son dernier clip, "Shake It Off". 

Ne souhaitant pas mourir idiot, on a, contrairement à Earl Sweatshirt, décidé de regarder cette fameuse vidéo. S'il est difficile d'y dénicher quoique ce soit de très intéressant (mis à part une Taylor Swift se dandinant en tutu, image plutôt drôle), la polémique lancée par Thebe Neruda Kgositsile -- le vrai nom du rappeur californien -- paraît vraiment tirée par les cheveux. Bien sûr, Mlle Swift se 'déguise' en danseuse bling-bling entourée de jeunes Afro-Américaines en pleine leçon de twerk. C'est cliché, certes. Mais pas plus que les gros plans sur des postérieurs dans le dernier clip de Nicki Minaj, sorti ce matin même. Alors oui, Taylor Swift est blonde et héritière d'une grande famille de banquiers. On est loin du ghetto. Est-ce que cela veut dire qu'elle n'a pas le droit, elle aussi, de sortir des grosses chaînes -- dorées, qui plus est ? Avant de critiquer, n'est-ce pas mieux d'aller regarder de quoi on parle ? En tout cas, voilà qui est cohérent avec les paroles de "Shake It Off" : pendant toute la chanson, Taylor Swift parle des critiques acerbes que les magazines people font sur sa vie privée et de l'adage "haters gonna hate". Même si sa lutte contre l'appropriation culturelle est, au départ, légitime, Earl Sweatshirt tombe en plein dans le mille.