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Jeanne Boulart de Baleapop : "tout le monde ne s'habille pas en rouge et blanc à Saint-Jean-de-Luz !"

Jeanne Boulart de Baleapop : "tout le monde ne s'habille pas en rouge et blanc à Saint-Jean-de-Luz !"

Le festival Baleapop approchant à grands pas, on a demandé à Jeanne Boulart, la directrice, ses bons plans au Pays Basque. On se retrouve dès mercredi sur la plage de Saint-Jean-de-Luz ?

Green Room Session : Quel rôle tiens-tu dans Baleapop ?

Jeanne Boulart : Je suis un des membres fondateurs du collectif Moi Moi, qu’on a créé avec une dizaine de potes. Au départ, on refusait tout organigramme pour Baleapop, parce qu’on considérait qu’on faisait tout ensemble et de la même manière. Mais on s’est vite rendu compte, pour des raisons pratiques, qu’il nous fallait un minimum de statuts. J’ai hérité du titre de directrice du festival.

Collectif Moi Moi, késako ?

Créé en 2005, le collectif Moi Moi regroupe des musiciens, des plasticiens, des acteurs culturels et des communicants. On a commencé par organiser des petits événements dans le Pays Basque, puisqu’on vient tous de là-bas. Mais dès le départ on souhaitait avoir un festival : dans notre région, il n’y en a pas forcément beaucoup, surtout en indé. On s’est fait un peu la main avant de se lancer dans Baleapop, et c’est là qu’on a créé Moi Moi Records avec les musiciens du collectif, comme Odei, Panda Valium ou Van Off Martt. Le prochain projet : créer Moi Moi Editions avec les artistes plastiques.

Tu vis toujours dans le Pays Basque ?

Je suis partie vivre à Paris pendant huit ans, mais j’alterne maintenant entre le Pays Basque et l’Île-de-France. Avec Baleapop, c’est important d’être ici. Il y a un vrai travail de terrain à faire : rencontrer les institutions, les différents acteurs culturels. Selon moi, c’est essentiel pour faire marcher un festival de s’implanter dans une région et de travailler main dans la main avec les gens du coin.

En quoi Moi Moi s’inscrit dans le paysage local ?

moimoirecords_site_58aa3b6b4eOn essaye de proposer des événements à l’année vu que les villes de la côte basque ne sont pas vraiment en manque d’activités l’été. Par exemple, toutes les release party des artistes du label sont faites en double : à Paris et dans le Pays Basque. On développe également des ateliers, des résidences entre les musiciens et les artistes plastique du collectif – on a d’ailleurs fait cette année un projet où se mêlent danse, dessin et musique sur la mythologie basque.

Allez-vous continuer à proposer des produits locaux lors du festival ?

Bien sûr ! Pour nous c’est juste une évidence : on a tous grandi ici, on est très attaché à notre région et à nos villes. Et c’est une région particulière, à l’identité très forte, c’est important pour nous d’être les porte-paroles de notre Pays Basque. Non, tout le monde ne s’habille pas tout le temps en rouge et blanc et il n’y a pas des taureaux partout ! Ces traditions, on préfère les intégrer, ne pas les oublier mais les revisiter.

Baleapop s’est pas mal baladé dans le Pays Basque…

Les trois premières éditions de Baleapop ont eu lieu dans un parc à Guéthary. Mais le festival a commencé à grossir, le lieu n’était plus adapté. Le maire de Guéthary nous a conseillé de nous adresser à une ville d’à côté, Bidart. On y a installé le festival l’année dernière… Mais la mairie s’est rendu compte que c’était un peu le bordel d’organiser un festival ! Ils nous ont prévenu en février qu’ils ne souhaitaient pas réitérer l’expérience, ça a été assez dur pour nous. Il n’y a pas tellement d’évènement culturel à Saint-Jean-de-Luz : on sera là-bas cette année, c’est vraiment génial. Pour la petite histoire, les premières fois où on a réellement pensé à Baleapop, on imaginait le festival dans le parc Ducontenia, le lieu où on est cette année. C’est là où on a tous vécu notre adolescence, nos premiers bisous, nos premières soirées… On est vraiment heureux, pour nos cinq ans, de pouvoir occuper ce parc pour la majorité du festival. On sera aussi dans plusieurs lieux satellites, comme à la plage à côté d’une petite guinguette ou un ancien tennis couvert pour lequel on a eu l’autorisation de 4h : on ne va pas beaucoup toucher le décor, ça fera un peu rave !

Est-ce qu'il y a un concert que tu ne veux absolument pas rater ?

Je suis complètement groupie de Petit Fantôme, je compte bientôt monter son fan club (rires). Je l’attends avec impatience, d’autant qu’il va jouer avec mon piano alors je suis toute fière ! Sinon, je suis pressée de voir le Moi Moi Band, avec tous les musiciens du collectif en live improvisé pour clôturer le festival.

Ton meilleur souvenir à Baleapop ?

C’est à peu près le même chaque année : j’ai un petit rituel, après la première soirée, je me pose sur la scène, je regarde le spot vide et je me dis « Ok, on a passé la première soirée ». C’est un moment assez magique : on est tous amis depuis 15 ans, on a ramené au fur et à mesure de nouveaux potes, nos familles… Même nos parents s’y mettent ! Pour l’instant, ça marche, alors ce moment à deux ou trois devant le lieu après la fête, c’est très satisfaisant.

Instant Guide du Routard. Quel est le meilleur spot au Pays Basque pour se détendre ?

La plage ! Celle de Cenipz à Guéthary ou un peu plus « secret spot », le Carré à Socoa (Ciboure).

Pour manger ?

Pour manger un petit bout, la guinguette Erromardie à Saint-Jean-de-Luz (c’est là où on va faire notre Baleabeach). A Saint-Jean-de-Luz, je conseille aussi le Spot (photo ci-dessous), il y a une vue incroyable sur la baie. Aussi, le Macadam Café qui fait les meilleurs burgers de la région. Pour une soirée romantique, il faut obligatoirement aller à Guéthary, soit au café du Madrid soit à l’Hétéroclito.

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Pour faire la fête ?

C’est là où ça se corse ! Le gros problème du Pays Basque, et c’est pour ça aussi qu’on essaye de se bouger, c’est qu’il n’y a pas de bon club ou de lieu réellement festif. Du coup, je vais à Saint-Sébastien, en Espagne, à environ un quart d’heure de Saint-Jean. C’est une ville de la taille de Bordeaux, donc il y a de quoi faire, au Komplot par exemple. En hiver, c’est plus facile de trouver des soirées sympas côté France : toutes les villes du Pays Basque ont une maison des jeunes, un « Gaztetxe », dans laquelle sont organisés des concerts type squat à la berlinoise.

Baleapop #5
Du 6 au 10 août 2014
Saint-Jean-de-Luz
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