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Quand le cinéma s'intéresse à la musique (1/5) : 24 Hour Party People

Quand le cinéma s'intéresse à la musique (1/5) : 24 Hour Party People

À l'occasion des soirées Cinéma en Plein Air de la Villette à Paris, Green Room Session vous propose une sélection de cinq films musicaux incontournables. Pour les provinciaux et les allergiques à la pelouse ne souhaitant pas se rendre à la Villette, pas d'affolement, cette série de films à découvrir et re-découvrir devrait satisfaire les cinéphiles comme les mélomanes. On vous parlait la semaine dernière de l'ouvrage de Peter Hook sur l’Haçienda, on vous propose aujourd'hui une comédie hilarante sur l'âge d'or de la musique Manchester.

Qu’est ce que c’est ?

À cheval entre la comédie et le film historique, 24 Hour Party People retrace la période musicale la plus prolifique de Manchester. À l'aube des années 1980, le journaliste Anthony Wilson (incarné par l'excellent Steve Coogan) assiste à un concert des mythiques Sex Pistols. Cette découverte marque un changement sans précédant dans sa carrière de journaliste. Tony Wilson devient alors manager de Joy Division, puis de New Order et crée le label Factory Records. Une fois la machine lancée, Tony monte l'illustre club de l'Haçienda et devient l'ambassadeur de ce vent nouveau qui souffle sur Manchester (renommée alors "Madchester"). Le film est disponible sur Youtube à cette adresse.

Le réalisateur

Michael+Winterbottom+56th+BFI+London+Film+z-0Xxg9mArilMichael Winterbottom est un touche-à-tout hyper-productif. Cet Anglais compte à son actif plus d'une vingtaine de films depuis 1990, entre thriller (The Killer Inside Me), biopic hilarant (A Very English Man, qui dévoile la vie du business man Paul Raymond) mais aussi comédies romantiques (360, relecture de la pièce La Ronde, d'Arthur Schnitzer) ou  documentaire engagé (La Stratégie Du Choc, une adaptation du texte de Naomi Klein faite à partir d'images d'archives). Si le réalisateur s'essaye à de nombreux genres cinématographiques, sa plus grande réussite reste pour beaucoup 24 Hour Party People.

Pourquoi c’est bien ?

On ressort de ces deux heures sans s'être ennuyé et en ayant appris des choses sur cette période chargée d'histoire. Winterbottom parvient sans problème à nous transporter au cœur de la création de l'illustre Factory Records et de l'Haçienda, le tout avec un scénario romancé mais réaliste. Pas besoin de sortir du conservatoire ou d'être un musicien averti pour apprécier le film, un intérêt (minime) pour la musique suffira.

Si vous aimez ce film, regardez aussi…

Control, le magnifique film du photographe Anton Corbijn qui retrace l'histoire du groupe Joy Division. Entièrement filmé en noir et blanc, ce long-métrage est certes beaucoup moins drôle que 24 Hour Party People mais la beauté des plans et la qualité de jeu des acteurs (Sam Riley incarne le rôle de Ian Curtis, et la ressemblance est troublante) en font un chef d’œuvre du septième art (vraiment).

control

Et si vous préférez le côté décadent et cocasse de 24 Hour Party People, on vous conseille vivement de regarder Human Traffic de Justin Kerrigan. Sorti en 2000, cette comédie lève le voile sur l'univers du clubbing et de ses excès à travers l'histoire d'une bande de potes originaires de Cardiff, pendant les années "Thatcher".

La bande-originale

Sur cette BO, on retrouve bien évidement les titres des groupes qui figurent dans le film, des Sex Pistols à Happy Mondays, de Joy Division à New Order, le réalisateur dressant une rétrospective complète du courant post-punk et de la naissance de la new-wave. Les références musicales de Winterbottom ne s'arrêtent pas seulement aux musiciens qu'il a mis en lumière dans son film: la bande-originale de 24 Hour Party People comprend aussi du Iggy Pop, du Stranglers et même du Moby.