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Give me back the night : Sébastien Roch (alias "Cricri d'amour")

Give me back the night : Sébastien Roch (alias "Cricri d'amour")

On le connaissait surtout comme "Cricri d'amour". Mais depuis les années Hélène et les Garçons, le tombeur de ces dames a roulé sa bosse.

Après avoir débuté sa carrière de musicien dans la variété française, il plonge pour l'électro. "J'ai toujours aimé produire dans mon coin de la musique électronique. C'est mon rock'n'roll. J'imagine que ceux qui ont découvert le rock dans les années 70 ont du prendre la même claque que celle que j'ai prise dans les années 90 , à 17 ans, en découvrant cette musique et les raves." 

Depuis, Sébastien Roch est un brin hyperactif. Il est le producteur et promoteur de BPM, le concours qui s'est donné pour mission de dénicher les jeunes talents de la musique électronique française et dont il vient d'achever la quatrième édition parrainée par Teki Latex. Il est aussi le patron du label Roch Music et a participé à la création d'Avenue Juno, une webradio à la programmation aventureuse. 

Fêtard invétéré qui baigne dans l'univers nocturne depuis ses tendres années, il partage ses souvenirs et ses bons plans. 

Green Room Session : La première fois que tu es sorti après minuit ?

Sébastien Roch : Ça a commencé très tôt. Mes parents dirigeaient un club cabaret quand j'avais 7 ans. J'ai trouvé mon premier job à ce moment là : Light Jokey, celui qui joue avec les lumières à côté du DJ. Un job de rêve, très ludique et tu avais une vue imprenable sur le dancefloor, et sur les filles. Ça a duré 10 ans. Toute mon enfance je l'ai passée dans les clubs.

Qu’est ce que tu aimes dans la nuit ?

Ce que j'aime c'est le lâcher prise, le bas-les-masques social. Les choses inavouées le jour se ravivent la nuit. Je préfère les rencontres de nuit. J'ai l'impression que les gens sont en mode robotique le jour et qu'ils s'humanisent la nuit. 

Plutôt vendredi ou plutôt samedi ?

Plutôt vendredi. Comme ça, j'ai deux jours pour récupérer. Et le public du samedi est trop énervé à mon goût.

Quels sont tes co-pilotes de soirée ?

C'est super variable. En ce moment, j'ai trouvé mon mentor. Il incarne toutes les qualités que je cherche : le lâchage total, la rigolade, l'optimisme de la fête, se marrer, raconter des conneries, ne pas trop se prendre au sérieux. Ça sert à ça la nuit, c'est la soupape du jour.

Tes endroits préférés pour manger un morceau ?

Il y a un petit resto à Montmartre que j'aime beaucoup, c'est La Guêpe, spécialisé dans les miniatures. Une sorte de bodega sauf que ce ne sont pas des plats espagnols. Tu as de la mozza, des nems au comté... 

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Plutôt concert ou club ? (ou les deux ?)

Les deux. Mais aujourd'hui j'adore passer du temps dans les backstages des salles de concerts. Il y a les artistes, les équipes artistiques, les techniciens, les attachés presse, les copains. Ça fait vraiment soirée privée. Toute l'attention est sur scène et on peut faire des allers-retours, faire des bains de foule et puis revenir. Ça a un petit côté privilégié. Je n'ai plus 20 ans, je préfère ces ambiances où on peut s'amuser, mais aussi discuter travail. La nuit c'est devenu un terrain professionnel plutôt qu'un terrain de jeu comme avant. Et puis tout est offert, c'est super chouette !

Tu sors dans quels quartiers de Paris ?

Je sors beaucoup à Montmartre. Je recherche un côté village à Paris plutôt que la grande ville. J'ai mes petits bars de quartier, mes adresses secrètes, mon club de pétanque où on peut faire des soirées.

Il y a des des villes étrangères où tu aimes faire la fête ?

J'ai été vraiment agréablement surpris par Moscou, j'ai adoré faire la fête là-bas. J'ai trouvé ça génial parce qu'il y a des lieux totalement underground, improvisés et éphémères ; ce qu'il n'y a plus en France et qui existait à une époque à Berlin. Il y a des lieux vraiment incroyables, complètement baroques. J'ai trouvé Moscou complètement fou, très art contemporain. Aussi, je me suis beaucoup éclaté à Bangkok, pour le côté exotique. Une ville assez démente. Et la Suède, notamment une petite ville qui s'appelle Båstad et qui a un super club. Les Suédois sont de gros fêtards.

En France, une ville coup-de-cœur dans laquelle tu as passé des soirées mémorables ?

Pour moi, c'est Paris avant tout. C'est là où je me suis le plus amusé, surtout quand j'étais jeune à l'époque du Palace dans les années 90. C'était une plaque tournante de la fête. Sur le BPM on tourne tout le temps, on s'éclate partout. Mais mes soirées les plus mémorables c'est quand même à Paris. Tout est possible dans cette ville, il y a toujours quelque chose d'ouvert. Et c'est pour ça qu'il faut défendre la nuit parisienne. Paris by Night, c'est historique. Sinon, c'est assez curieux mais j'aime bien Monaco. Il y a un sentiment de liberté. C'est une ville à taille humaine, on peut tout faire à pied, c'est super beau. Le problème c'est la musique, les DJs ne sont pas tops. Mais l'ambiance est très sympa. Tu rentres comme tu veux dans les clubs, il n'y a pas de vigile.

Un film ou une série qui symbolise la nuit ?

Pour moi, c'est Very Bad Trip. Il y a tous les ingrédients. C'est la nuit poussée à son paroxysme, l'idéal de la connerie. C'est exactement ça le concept de la nuit : partir à la dérive entre potes, se rappeler de rien, avoir fait les 400 coups, enchaîner les lieux. Quand je regarde Very Bad Trip j'ai envie de faire la fête avec eux. Ça se voit que ce scénario a été écrit par des fêtards, ils savent de quoi ils parlent, tu te retrouves dans certaines anecdotes.

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Tu as fait des rencontres extraordinaires la nuit ?

J'ai fait des rencontres insolites, c'est sûr. Il y en a une qui m'a marquée. C'était au Queen, j'avais 23 ou 24 ans. Je me retrouve en fin de nuit, les lumières s'allument, ils commencent à passer le balai, la musique s'est arrêtée. On est plus que quatre autour d'une table : deux sublimes nanas, moi, et un gars looké comme un hipster avec barbe, lunettes et tout. C'était il y a 15 ans, ce n'était pas la mode des hipsters encore. Je me suis rendu compte en parlant avec lui que c'était Michel Polnareff. A cette époque, il vivait comme un ermite, personne ne le voyait jamais. On est allé prendre un café en terrasse, on a monté les marches du Queen, on s'est retrouvé sur les Champs-Élysées et on s'est dit "bon vent". Je suis rentré chez moi tout seul, lui avec les deux sublimes nanas bien sur -- ses « gardes du corps ». 

Tu as fait de mauvaises rencontres, la nuit ?

Dans toute ma carrière de clubbeur, j'ai eu deux ou trois bagarres. Mais globalement, mes nuits se sont toujours bien passées. Pourtant, j'en ai fait !

Qu’est ce que tu rêverais de faire la nuit ?

Je rêve que mon BPM voit la nuit encore et encore. Et surtout que mes poulains – notamment Güts qui vient de remporter la dernier BPM – embrasent les plus belles scènes des clubs de la planète. J'ai grandi dans la musique, mes rêves sont désormais plus professionnels : que tout ce que je produis voit la nuit !