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Manaré: "Je fais partie d'une génération d'artistes self-made"

Manaré: "Je fais partie d'une génération d'artistes self-made"

On a attrapé Manaré après son set au Secret Dancefloor de The Peacock Society. S'il n'est pas un grand fan d'interview, le jeune DJ de 22 ans a des choses à dire, sur Rinse France, duquel il est l'initiateur, ClekClekBoom et l'ambiance qui régnait sur le festival.

Green Room Session: Entre l'organisation du streaming Rinse France et ton set, as-tu eu le temps de profiter du festival?

Manaré: J'ai vu un bout de James Blake, French Fries et Bambounou, et ce qu'il se passait dans notre salle. Je plane un peu, j'écoute à droite à gauche. J'ai plus envie de capter l'atmosphère d'un festival à Paris intra-muros que d'écouter vraiment les sets, ça je peux le faire tous les week-end en club. J'aimerais voir comment c'est organisé, la réaction du public, comment les différentes scènes communiquent, comment les gens consomment la musique et l'apprécient.

Et qu'as-tu pu noter ?

C'est bon enfant, il y a une bonne ambiance. On voit que les gens sont venus pour faire la fête, avec une façon assez saine d'aborder le truc. Je suis très content de la manière dont le public accueille cette petite salle qu'on a avec Rinse.

Tu as d'autres festivals prévus cet été?

Je joue sur un festival que Rinse France co-organise, la Calypso, près de Perpignan. C'est notre cinquième anniversaire, alors pour l'occasion on a invité Waka Flocka Flame, DMX Krew, French Fries, Bambounou, NSDOS, Piu Piu, Dj Slow, Teki... Plein de beau monde sur deux jours! Je partirai dans la nuit du samedi au dimanche pour aller à Montréal: on sera aux pique-niques électroniques avec ClekClekBoom.

Comment t'es-tu lancé dans ClekClekBoom?

On se connaît tous depuis longtemps, avant même que ClekClek se relance en tant que label en 2011-2012. On s'est rencontré quand j'organisais des soirées au Nouveau Casino, mais je connais French Fries depuis que j'ai 14 ans... De fil en aiguille, on a tissé des liens, et c'était tout naturel qu'ils m'appellent au moment de la reformation du label. Certains kids aiment faire des conneries ensembles, en bande. Nous, on aimait faire du skate, de la musique, des trucs cools... On s'est suivi depuis.

Tu t'impliques beaucoup dans l'organisation, notamment avec Rinse France. Finalement, tu es DJ ou organisateur de soirée?

Je n'ai pas le souhait de me mettre dans une case ou dans l'autre. Ce sont deux domaines qui me plaisent pour des raisons différentes et qui se complètent. J'ai l'impression que c'est de plus en plus courant: on est une génération très self-made, chacun fait son truc du début à la fin, aussi bien en termes de son que de graphisme.

Comment as-tu vécu ton set au Peacock?

C'était chouette! Je trouve ça toujours plus difficile de capter l'attention des gens en festival, surtout quand tu joues dans la plus petite des salles. Mais j'ai bien aimé y être, il y avait une ambiance chaleureuse et on pouvait garder de la proximité avec les gens, dont j'ai besoin quand je mixe. J'ai passé un bon moment. J'ai mixé pas mal de trucs anglais. J'avais besoin de représenter Rinse France et l'électro française, mais aussi de faire le pont avec le son de Redlight qui passait juste après. Je suis resté progressif, augmentant la vitesse au fur et à mesure du set, pour introduire correctement Redlight et son style anglais que j'adore. Quand on partage une soirée, il ne faut pas penser à briller, faire sa star et uniquement se faire plaisir, mais bien essayer de construire de bonnes transitions, d'être à l'écoute et stratégique.

 

Est-ce que tu es du genre danseur?

Ça dépend. Généralement je danse plus quand je mixe que quand je sors... En même temps je ne sors plus beaucoup, j'ai beau avoir 22 ans, je traîne dans ce milieu depuis 6 ou 7 ans. J'ai plus envie de dîners que de soirées, peut-être que ça reviendra! Mais quand ça m'arrive, je suis plus dans l'observation que dans l'action: j'analyse, je regarde, je sens même!