JE RECHERCHE
Deuxième édition #bouillante pour The Peacock Society

Deuxième édition #bouillante pour The Peacock Society

#bouillant. Comme le sang dans les veines des danseurs, comme l’enceinte métallique du Parc Floral ruisselants dans la chaleur ou comme l’air chauffé par les nombreux projecteurs et la bonne ambiance… Pas de doute, The Peacock Society a respecté son leitmotiv.

Meilleur live : Darkside

Tomber amoureux d’une silhouette, admirer une ombre. Les Darkside n’ont jamais aussi bien porté leur nom qu’au Peacock. Portés par un lightshow en forme de théâtre d’ombres, David Harrington et Nicolas Jaar ont offert un live planant sans être mou, ambitieux sans être inaccessible. De quoi commencer en beauté le festival ayant fait le pari d’ouvrir le bal par une tête d’affiche. Mais, malgré notre enthousiasme à propos de Darkside, le nom le plus attendu côté live restait celui de Paul Kalkbrenner, programmé à 3h30 samedi soir. Et il faut avouer que le héros de Berlin Calling savait ce qu’il faisait, embrasant un public qui, au bout de deux nuits, en avait pourtant plein les pattes.

Meilleur DJ set : Agoria

Calé entre les lives de Ten Walls et de Paul Kalkbrenner samedi, Sébastien Davaud alias Agoria a offert un des meilleurs DJ set de la soirée… Allez, osons-le : ces deux heures passées en compagnie du créateur des Nuits Sonores et du label Infiné ont été les plus réussies de la nuit, clôturées par un set assez fin des Tale Of Us. Les Italiens ont parfaitement su alterner moments calmes et techno enthousiaste pour ne pas épuiser les festivaliers à 6h du matin. Pendant ce temps-là, Brodinski faisait le show sur la scène 1 à coup de sons hip-hop et de techno à la sauce ghetto. La veille, Richie Hawtin et Kerri Chandler se partageaient le dernier créneau de la soirée, entre lancinance mystique chez Richie et house solaire chez Kerri. La disposition du lieu a d’ailleurs beaucoup aidé ce soir-là : à cause d’une météo capricieuse, les deux scènes ont été rapatriées à l’intérieur de la grande bâtisse du Parc Floral, rendant le passage plutôt rapide entre les deux DJ set.

P1190712
Richie Hawtin achevant la soirée du vendredi sur la scène 1

Meilleur découverte : Cashmere Cat

Le jeune Cashmere Cat, caché derrière une casquette et de longs cheveux blonds, a étonnamment offert un des meilleurs sets du samedi soir sur la scène 2. Il était pourtant programmé assez tôt et la soirée n’était pas dépourvue en grands noms, mais son électro r’n’b et rêveuse a sû convaincre les early birds. Côté bonnes découvertes, il fallait aussi aller se balader dans le site pour découvrir une troisième scène, le Secret Dancefloor. Pour être tout à fait honnête, on le pensait un peu plus caché dans les sous-bois : non, la scène secrète était plantée juste à côté de l’installation de JR (on en reparlera), bien en vue. Mais cette salle de danse vitrée réservait tout de même son lot de surprises : la Blackbox du vendredi était réservée aux jeunes talents tandis que le lendemain Rinse France y posait ses valises pour une soirée streaming. Difficile d’assister à tout, mais les sets de Redlight, Moiré et Manaré ont été mémorables : les nombreuses fenêtres du Secret Dancefloor en étaient totalement embuées. Trop de love. 

_MG_5883

Et à part la musique ?

The Peacock Society est un festival électro bien sûr, mais pas que. Pour reposer les oreilles des fêtards, les organisateurs ont misé sur la qualité plutôt que sur la quantité : deux animations ont été organisées. Un peu de culture d’abord, avec le documentaire Boum Boum Boum de Dimitri Pailhe retraçant l’histoire de la musique électronique, l’occasion de mesurer la popularité de Laurent Garnier (dès que le Français est apparu à l’écran, plusieurs festivaliers ont crié et applaudi). De l’autre côté du site, JR était lui aussi accueilli comme une rock-star vu la longue file patientant devant son camion-photo. Reprenant le projet Inside Out, l’équipe du designer proposait au public de se faire tirer le portrait, en noir et blanc. Les clichés étaient ensuite placardés sur les hauts murs de l’entrepôt, pour un résultat plutôt marrant :

 

 

WTF ?

La rubrique « WTF ? » est le plus souvent dédiée à un évènement drôle, ridicule ou quelque peu raté. Pas cette fois : la plus grande surprise du festival ne venait pas des festivaliers eux-mêmes, d’un artiste loufoque ou d’un raté dans l’organisation, mais bien… Des toilettes. Ils ne sentaient pas particulièrement bon, n’étaient pas toujours ragoûtants. Mais, pour une fois, il n’y avait jamais d’attente. Pareil du côté des boissons et de la nourriture. Ne pas faire la queue et ne pas mourir de faim en attendant un sandwich dans un festival n’est-il pas le rêve ultime des mélomanes ? C’est rare, mais il faut croire que ça arrive. Et avant cela, on ne se rend pas vraiment compte à quel point c’est important pour passer un bon moment !

>>> Découvrez les photos de Yulya Shadrinsky au Peacock Society:

 

Le meilleur spot : plutôt hamacs, transat’ ou sous-bois ?

« Suivre les lampions » : s’il faut se souvenir d’un conseil utile pour réussir son week-end au Peacock l’année prochaine, retenez bien celui-ci. Les petites lumières accrochées entre les arbres sont le meilleur moyen de tomber sur LE spot du festival. Entre transats, rochers et palettes réhabilitées en bancs, The Peacock Society offrait une multitude de coins tranquilles mais lumineux pour se reposer ou manger un morceau entre deux sets endiablés, une ligne de food-trucks ayant été disposée tout au long du site. Le plus grand coup de cœur revient aux grands hamacs colorés, pouvant accueillir jusqu’à quatre personnes (quoiqu’un peu recroquevillées) et parfaits accompagnés du délicieux pain Bagnat des Niçois.

_MG_5706

Une merveilleuse façon de finir un week-end… A part peut-être à la Cité de la Mode et du Design : hier, de 16h à 2h, Peacock Society jouaient les prolongations en invitant les Masters At Work ou encore Kassem Moss. Le lieu avait encore une fois de l’importance : les New-Yorkais de Masters At Work ont joué au Rez de Seine, sous le Wanderlust, dans un décor de rave à même le fleuve. Underground sans être rébarbatif, classe sans être bourgeois, dévergondé sans être vulgaire… C’est aussi ça être #bouillant. 

 

 

Crédits photo : Yulya Shadrinsky