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Brodinski X Bambounou : "On a une des scènes les plus intéressantes au monde"

Brodinski X Bambounou : "On a une des scènes les plus intéressantes au monde"

Ils sont jeunes, ils sont beaux, et grâce à eux la techno française fait danser le reste du monde. Rencontre avec Bambounou et Brodinski, quelques semaines avant leur passage à la deuxième édition du Peacock Society, le 11 et 12 juillet.

Green Room Session : Vous faites tous les deux la tournée des festivals aux quatre coins du monde. Une destination préférée, un public favori ? 

Brodinski : Chaque année on a nos coups de cœur. Ce n’est pas forcément l’endroit ni les gens, c’est aussi notre ressenti à ce moment précis. Comme récemment au Sónar. C’était assez impressionnant, dix ans que j’y vais aussi bien pour jouer que pour apprécier la musique, ça fait un peu bizarre.

Faire le tour des festivals, c'est aussi un moyen de voir comment les villes et le public évoluent, les différentes cultures, les différents clubs. Même s'ils se ressemblent de plus en plus. Avec internet et la mondialisation, on a vite fait de se retrouver dans un club en Asie ressemblant comme deux gouttes d’eau à un club européen. C’est intéressant d'aller dans des endroits où cette transformation ne s’est pas encore faite; il y a encore des choses à découvrir.

Bambounou : Je suis tout à fait d'accord avec Brodi, tout dépend de la manière dont tu te sens, de la façon dont tu fais passer ton message. J'ai joué au Sónar l’année dernière, j’ai vraiment aimé. Peacock aussi, c’était fat.

Revenir jouer à Paris, ça a une saveur particulière ? 

Bambounou : Ça me met un peu la pression de jouer à Paris parce que tu sais qu’il y a toujours des gars un peu... 

Brodinski : … Disons que les gens sont plus durs vu que tu viens d’ici. Ils ont envie d’être fiers de ce qu’on fait et ont besoin que ça leur parle à 100 %.

Vous faisiez tous les deux partie de la première édition du Peacock. Qu'est ce que vous nous rapportez de neuf cette année ?

Bambounou : Un tout nouveau set. J'en change tous les deux à quatre mois. Ça sera peut être dans le même esprit que l’année dernière mais tous les tracks vont changer. Cette année, je fais un b2b avec French Fries. Ça va être cool, ça va viber.

On parle beaucoup d'un renouveau de la scène techno française. Qu'est ce que vous en pensez ? Paris est-elle prête à détrôner Londres ou Berlin ?

Brodinski : Elle les a détrôné depuis bien longtemps. Sans être un chauvin, on est le pays des Daft Punk, Phoenix, Air, Justice, on est le pays de Laurent Garnier, de Technasia, Jack de Marseille, d’Ivan Smagghe. Rien que sur une scène comme Paris, on va trouver Sound Pellegrino, Marble, ClekClekBoom. Je ne parlerai pas de Bromance, parce que c’est très difficile de parler de ce qu’on fait soi même. Mais quand on voit le programme d’une radio comme Rinse France, on peut se rendre compte que presque tout le monde est originaire de France, et beaucoup de Paris. On a une des scènes les plus intéressantes au monde, et c’est une scène dont je suis hyper fier.

D'où vient-il, ce renouveau ?

Bambounou : C’est un truc générationnel. Bien qu’on respecte et qu’on écoute tout ce qui s’est fait avant dans ce type de musique, on avait envie d’apporter quelque chose de plus sexy.

Brodinski : Ou simplement de nouveau. Internet nous a aidé à découvrir de la musique, une vraie caverne d’Ali Baba. Il n’y a pas eu de limite comme il y a pu avoir à un moment où c’était un combat d’activistes. Écouter de la techno c’était un combat, comme faire du rap ou du rock. Aujourd’hui je ne combat pas, je mets juste en avant la musique que j’aime.

Vous êtes tous les deux en train de travailler sur un prochain album. Où en êtes-vous ?

Bambounou : Je préfère ne pas trop donner d’informations parce que ça peut changer d’un jour à l’autre. Mais ça avance.

 Brodinski : Le premier single de l'album est prévu avant fin 2014, le disque au complet en 2015. On travaille toujours dessus mais on a une vision assez claire de ce qu’on veut faire. Je travaille en équipe avec Myd, qui fait partie du Club Cheval et Dj Kore, producteur de rap français. On avait envie de faire ce projet en grand. J’essaye de rassembler ce spectre musical dans un album : c’est un peu compliqué, mais c'est en même temps une ouverture d’esprit.

Bambounou, comment définirais-tu la musique de Brodinski, et vice-versa ?

Bambounou : De manière très large, techno-rap. Si on rentre dans les sous-genres, tout le monde s’y perd. Donc techno-rap, tout simplement.

Brodinski : J’aime le rap et j’aime la techno, ça c’est sûr. J’essaye juste de faire quelque chose qui peut rassembler les deux et aider les deux milieux à découvrir autre chose. Quant à la musique de Bambounou, elle fait clairement partie de la techno comme elle a toujours été et c’est pour ça que ça me parle. En fait, ce qui m’a toujours surpris dans la techno, c’est qu’elle est toujours fraiche. Bambounou est l’exemple parfait de ce que peut être la techno en 2014.

Y-a-t-il un artiste que vous ne voulez pas rater au Peacock ?

Bambounou : Je suis assez curieux de voir Richie Hawtin. Je ne l’ai pas encore vu. À Sonar, les avis étaient assez mitigés.

Brodinski : Oui, vraiment mitigés. Mais c’est Richie Hawtin. Il y a 20 ans il y avait Richie, Jeff Mills et Aphex Twin. Il y a encore des photos des trois ensembles dans les clubs. Chaque aventure musicale qu’ils ont décidé de prendre est quelque chose d’assez respectable, parce qu’ils font partie des pionniers de la culture de la musique électronique. J’aimerais également voir Wave Racer, parce que j’aime toujours voir les choses que je n’ai jamais vu en live.

Un petit mot pour la fin ?

Brodinski : Venez tôt. Profitez-en !