JE RECHERCHE
Album de la semaine : Lana Del Rey – Ultraviolence

Album de la semaine : Lana Del Rey – Ultraviolence

On l'attendait, il est là : le nouvel album du phénomène Lana Del Rey sort ce lundi. Une production plus personnelle et indéniablement plus rock.

L'allure s'est assagie. La choucroute sixties a disparu depuis belle lurette, la chevelure de feu aussi et le style r'n'b/gansta/rockabilly s'est estompé. Lana Del Rey préfère aujourd'hui les perfectos et les cheveux de jais. Une allure à l'image de son nouvel album - Ultraviolence -, sorti lundi et qui pose les bases d'un nouvel univers "del reynien", un peu moins toc et toujours très attirant. Encensée en 2011 avec Born to die, aussi bien pour ses morceaux percutants que pour son talent à capter l'air du temps, la jeune femme devenue icône revient avec un long album – 14 chansons –, aux ballades rock et envoûtantes.

Plusieurs titres sortis ces dernières semaines sur la Toile – "Shades of Cool" ou "West Coast" –, laissaient augurer d'un changement de cap chez la chanteuse. Sur ce nouvel album, Lana Del Rey semble avoir été moins guidée par la recherche tubesque que par celle de la légitimité artistique, avec un accent mis sur l'orchestration, très travaillée. Au programme, un grain parfois lo-fi, des batteries en sourdine et des morceaux où guitares et basses sont omniprésentes, versant parfois dans le blues avec le long et enveloppant morceau inaugural "Cruel World". Un tournant dans lequel Dan Auerbach, leader des Black Keys, qui produit l'album n'est pas pour rien : sa présence tutélaire est partout palpable.

Mais ce changement n'est ni total ni radical. Lana Del Rey n'oublie pas ses fondamentaux : une voix langoureuse avec reverbs et chœurs omniprésents, un phrasé traînant et sexy et une alternance virtuose entre graves et aigus. Sans oublier cette volonté de conter un récit à chaque titre, souvent celui d'un amour brisé, parfois kitsch mais jamais mielleux.

Il plane sur l'album une ambiance lynchéenne, peuplée de jeunes filles au cœur blessé et de bad boys que l'on imagine sillonnant les routes du Grand ouest américain, avec "Pretty When You Cry". C'est là que réside peut-être l'"ultraviolence" du titre trompeur : dans des textes où affleurent mélancolie – notamment sur cette "reine de New York" du morceau "Old Money" - et parfois désillusion. Un album séduisant - même si un peu monotone sur la longueur - qui semble prouver que Lana Del Rey n'était pas qu'un feu de paille.

Ultraviolence

Lana Del Rey

  • Label: Polydor
  • Sortie: 16/06/2014
  • Note: