JE RECHERCHE
Give Me Back The Night : Laura Leishman

Give Me Back The Night : Laura Leishman

Elle ne dort pas en même temps que vous, mais donne du bonheur à votre radio chaque soir juste avant les douze coups de minuit. Laura Leishman, c'est la Annie Mac à la française : une voix, un punch et une sélec' musicale à toute épreuve. L'infatigable animatrice, qui parcourt les festivals toute l'année, arpente aussi les dancefloors... dès le lundi.

La première fois que tu es sortie après minuit ?

Je te préviens, ce n’est pas très glamour (rires). Je devais avoir 16 ou 17 ans, j’avais déjà migré du Canada vers la Suisse avec mes parents. C’était une sorte de fête de fin de lycée avec tous les amis de ma classe, dans la ferme de l’un d’entre eux, complètement paumée dans la campagne du canton de Fribourg. On était tous posés autour d’un feu, on faisait ce genre de jeu avec des questions absurdes, et j’aidais ma voisine à ne pas se planter en lui donnant les bonnes réponses. J’ai fini par chanter les Red Hot Chili Peppers très fort. C’est la première fois que j’ai bu, mais mes parents ne l’ont jamais su, je dormais sur place.

Où commences-tu la soirée ?

J’ai un parcours naturellement différent de tous les gens qui peuvent se retrouver après le boulot pour commencer la soirée autour d’une planchette, vu que je termine mon émission à minuit. Du coup, lorsque je sors du boulot… Je vais en club ! Et c’est le cas aussi en semaine, c’est d’ailleurs là que tu croises les DJ qui commencent à monter. J’habite dans le 18ème, la Maison de la Radio se situe dans le 16ème, le Social Club est sur la route, j’y vais parfois sans même savoir sur quoi je vais tomber, juste pour “commencer ma soirée”, qui est souvent déjà bien entamée pour les autres.

Tes horaires changent automatiquement ta façon de sortir, du coup…

En effet, pour moi, c’est tout à fait normal de fréquenter les clubs comme ça. Je me couche rarement avant 5h du matin, même pas forcément en faisant la fête, et je me réveille dans l’après-midi, ce sont mes heures, je suis complètement décalée. En hiver, je ne vis uniquement que la nuit, je ne vois presque pas la lumière du jour. J’ai donc un teint de vampire du clubbing. Du coup, je rate un des aspects cool de Paris : manger dans un bon petit restaurant entre amis. Alors si quelqu’un veut m’inviter un samedi à manger, c’est cool !

Plutôt vendredi ou plutôt samedi ?

Plutôt vendredi, même si je travaille. Parce que j’ai l’occasion d’être bien réveillée en sortant de la radio (Laura Leishman retrouve le Mouv' le vendredi, de 22h30 à minuit, ndlr) même si la semaine se fait sentir, et qu’il y a des gens à voir et de la bonne musique à écouter. Sinon, le week-end, c’est très souvent dodo, repos, Facetime avec la famille, et en moins de deux le week-end est fini. Le samedi, il faut vraiment qu’il y ait une bonne raison pour me faire sortir.

Quels sont tes co-pilotes de soirée ?

Je suis assez solitaire, en fait, je suis la Han Solo des clubs. Vu que les endroits de “début de soirée” ferment à l’heure où j’arrive, je vais directement dans les clubs, et je croise tout le temps des gens que je connais. Tu te rappelles du personnage de Norm Peterson dans la série Cheers, qui arrive dans le bar et que tout le monde reconnaît ? C’est exactement ça. Les personnes avec qui je travaille à France Inter, ou avant au Mouv’, menant une vie plus familiale que la mienne, il est rare qu’on ait l’occasion de se retrouver en dehors du cadre professionnel. Du coup, les gens que je fréquente sont liés à mes sorties. Je crois que je suis Han Solo avec le physique de Norm (rires).

Tes endroits préférés pour manger un morceau ?

Mes grosses sorties se situent… au centre commercial Beaugrenelle, en face de la Maison de la Radio (rires). On y trouve un Chipotle, qui fait toujours de bons burritos, ainsi qu’un Marks & Spencer, dans lequel tu peux acheter du vrai bon bacon. Niveau restaurants, je suis toujours en difficulté quand ma famille vient me rendre visite, mais il y a un restaurant qui s’appelle Marcel près de chez moi, et qui sert aussi de la de la breakfast food toute la journée, ce qui correspond bien à mes horaires, je peux manger des œufs là-bas au réveil ! Sinon, le samedi soir, vu que j’ai faim très tard à cause mon rythme, le restaurant le Dépanneur à Pigalle m’est bien utile. Je suis souvent en mode “je dois être dépannée” (rires).

Plutôt concert ou club ? (ou les deux ?)

Club, parce que je ne peux plus faire de concerts. Alors que j’étais beaucoup plus branchée concerts avant, je me suis mis à la culture club petit à petit pendant mon adolescence. Du coup, c’est le vrai gros désavantage de tenir une émission le soir, mais je me rattrape en voyant tous les groupes que je rate en faisant des festivals. Depuis que le Showcase a rouvert ses portes j’y vais très souvent, la programmation vaut le coup. Le Social Club, donc, mais j’aime bien aussi la Machine plus près de chez moi. Je crois que l’entrée n’est pas snob, que tu peux entrer sans avoir peur te re faire refouler, j’aime bien ça. C’est la même chose au Rex, j’y vais parfois pour croiser un public différent et apprécier un super système son. Depuis peu, j’apprécie vraiment aller aux Concrete le dimanche après-midi, c’est un des rares trucs que je peux faire le dimanche.


Damon Albarn dans Radio Vinyle #38 sur France... par radiofrance

Il y a des des villes étrangères où tu aimes faire la fête ?

Il y a une ville dans laquelle j’aime vraiment faire la fête, c’est Londres. C’était vraiment mes premières sorties club. Les meilleurs soirées que j’ai fait là bas étaient les soirées Trash de Erol Alkan. Quand j’étais étudiante en Suisse, j’avais un petit boulot, mais c’était pour économiser suffisamment d’argent pour faire de temps en temps l’aller-retour à Londres à l’occasion d’une Trash un lundi soir (rires). Sinon, c’est cliché, mais j’ai fait le Berghain pour la première fois l’année dernière. Et c’était vraiment une révélation, comme une nouvelle façon de faire du clubbing, ça m’a vraiment marqué.

En France, une ville coup-de-cœur dans laquelle tu as passé des soirées mémorables ?

En France, généralement je passe dans les villes surtout pour le travail, c’est parfois difficile de vraiment ressentir ce qui se passe. Plus jeune, je me déplaçais souvent voir des concerts au Transbordeur à Lyon. Mais une ville qui me plaît vraiment c’est Rennes, j’y passe depuis plusieurs années maintenant pour les Trans Musicales. J’essaie toujours d’y rester plus longtemps que prévu pour apprécier la ville au delà du festival. Il y a cette ambiance bretonne qui parle à mon côté anglais, vu que je suis à moitié anglaise. J’ai l’impression de comprendre les Bretons (rires).

Tu as fait des rencontres extraordinaires la nuit ?

Moi j’aime bien parler avec tout le monde, du coup ça m’arrive tout le temps ! Du coup, la dernière personne vraiment particulière que j’ai croisée en soirée, je ne m’y attendais pas du tout. C’était au Silencio à Cannes. J’ai bien apprécié ce festival parce que j’ai pu parler de plein de choses intéressantes avec des gens du cinéma, mais au Silencio je me sentais vraiment décalée, genre “comment ça se fait que je puisse entrer là-dedans ?”. Je retrouvais des amis là-bas, je causais avec un jeune cinéaste et là, je croise Mathieu Gallet, le nouveau big boss de Radio France, que je n’avais encore jamais rencontré. C’est bien la dernière personne que je pensais croiser ici ! Du coup, on a parlé de plein de choses, on a pris une photo ensemble, il me l’a envoyé par texto, c’était cool.

Tu as fait de mauvaises rencontres, la nuit ?

Tu peux en faire tout le temps, surtout en tant que femme. Mais ce qui m’énerve surtout, c’est que justement quand tu veux éviter les problèmes en prenant un taxi, des fois, tu peux te faire refuser une course, parce que le trajet ne leur convient pas… Et ça, je ne comprends pas.

Qu’est ce que tu rêverais de faire la nuit ?

Le rêve ultime, c’est une rave dans l’espace, avec vue sur la Terre. Ou une soirée pop, mais vraiment pop, avec les New Kids On The Block, One Direction… Il y aurait George Clooney qui serait encore en train de virevolter dans l’espace, et tout le monde aurait des casques à cause du vide spatial, du coup, ça serait une silent rave comme on en voit parfois. Je crois que je vais demander un budget à Radio France pour organiser ça.

Laura Leishman Project

Du lundi au vendredi de jusqu' à minuit sur France Inter / Le Mouv'