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On y était : Arcade Fire au Zénith de Paris

On y était : Arcade Fire au Zénith de Paris

La troupe canadienne a embarqué le public parisien dans une grande épopée de deux heures pleines. Il fallait qu'on vous raconte.

Un concert d’Arcade Fire c’est un peu comme retrouver des vieux copains, on sait que quoiqu’il arrive l’on va passer un bon moment. Les esprits chagrins regrettent le temps où les Montréalais n’étaient pas un groupe de stade. Pourtant, c’est bien dans une salle aussi grande que le Zénith que la musique d’Arcade Fire prend tout son sens.

On sent que tous les détails du show -car oui, c’est bien d’un show qu’il s’agit- sont travaillés, des costumes à paillettes au VJing, qui illustrera parfaitement chaque morceau tout au long du concert. Ceux-ci prennent alors une autre dimension dans une telle configuration, et on ressent une vraie communion dans la salle bondée de la Villette. Les sourires sont légion et chacun danse en transe aussitôt le concert commencé, avec le déjà culte "Reflektor".

Et cette communion ne tire pas sa sève des échanges du groupe avec le public, qui sont quasiment inexistants. Mis à part pour expliquer qu’un euro du prix des places est reversé à une association venant en aide à Haïti, avant d'enchaîner avec la chanson du même nom. C’est donc bien parce que leurs morceaux sont devenus des tubes, que tout le monde chante en cœur. Sur «Rebellion (Lies )» on ne peut masquer son plaisir de répondre "lies, lies, lies" au "Everytime You Close Your Eyes" de Win Butler. C'est sûrement de là d’où vient cette ferveur, de pouvoir prendre part, facilement (d’aucuns diraient trop), au concert.

"Rococo" ouvre un intermède dédié à l'avant-dernier album The Suburbs qui durera cinq chansons. Montrant, sans doute, combien cet album a été un tournant dans leur carrière, les faisant passer à l’échelon supérieur de la planète rock. Et les faisant également connaître d’un public toujours plus large, d’où les deux Zénith complets deux soirs d’affilée. L’ambiance retombe un peu pendant "Ocean of Noise" et "My Body Is a Cage" mais c’est pour repartir de plus belle sur "We Exist" et plus encore pour "No Cars Go", qui déchaîne la foule dès les premières notes.

Rappel obligatoire, après un remix de «Get Lucky» des Daft Punk pour interlude, des personnages en tout genre apparaissent sur scène, rappelant les têtes en papier mâché tirées du clip de "Reflektor" ainsi que des faux Daft Punk (clin d’œil à Coachella?), et un autre avec des écrans diffusant la tête de Prince, pour coller avec la cover de "Controversy" du chanteur culte. Puis c’est l’explosion pour "Here Comes the Night Time", avec confettis multicolores pour tout le public qui devient hystérique. Sans surprise, les Canadiens terminent avec le traditionnel "Wake Up" et après deux heures de concert chacun rentre chez lui, les oreilles bourdonnantes mais content d’avoir revu ces vieux potes avec qui on traîne depuis dix ans déjà.