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We Love Green, le festival qui monte

We Love Green, le festival qui monte

La troisième édition de l'événement parisien ouvre la saison des festivals. Tout en jouant sur la dimension familiale, il multiplie les initiatives et les styles représentés.

Quelle autre saison que le printemps pouvait mieux correspondre à un festival éco-responsable ? Alors que les précédentes éditions de We Love Green avaient lieu au mois de septembre, la troisième se déroulera au Parc de Bagatelle, à Paris, les 31 mai et 1er juin prochains. L’événement ouvre ainsi la saison des festivals et précède, dans la capitale, des événements émergents ou installés comme Solidays, Weather Festival, The Peacock Society et Rock en Seine.

Pour Because, We Love Art et Sony, les organisateurs de We Love Green, en avancer la date permet d’abord de ne se pas se trouver en compétition avec d’autres festivals, comme ceux de Pitchfork et des Inrockuptibles. Mais cela permet aussi d’asseoir le rôle de découvreur de talents de We Love Green, selon Emmanuel de Buretel, fondateur de Because : « Nous proposons le seul concert de Lorde en France, l’un des premiers de London Grammar dans un festival français, la première grande scène de Jungle… ». SBTRKT, Foals, Little Dragon et Joakim complètent une affiche éclectique.

Cette année, We Love Green se diversifie en mettant en place une scène dédiée à l’électro. Pour assister aux sets de Riton, DJ Spinn, DJ Tennis ou Joy Orbison, il faudra s’enfoncer un peu plus dans le bois de Boulogne. Les organisateurs ont tenu à laisser un espace suffisant entre les deux scènes, pour respecter les artistes et inciter le public à se promener. « La scène electro vise un public plus jeune, qui n’a pas forcément envie d’écouter Cat Power », précise Emmanuel de Buretel.

Plus intense que lors des éditions précédentes, le programme de conférences sur la protection de la nature participe de cette approche transgénérationnelle. « Pendant que le fils va voir Busy P, la mère assiste à une conférence. We Love Green est d’ailleurs une bonne occasion d’emmener un enfant à son premier concert », résume Emmanuel de Buretel. Pour les plus petits, l’espace enfants sensibilise en douceur au développement durable : sous l’effet de la dynamo, les animations et les jeux fonctionnent grâce à l’énergie qu’ils produisent.

Les plus grands pourront quant à eux écouter l’économiste Anne-Sophie Novel ou encore Caroline Delboy de l’association Disco Soupe, qui lutte contre le gaspillage alimentaire. Créé lors de l’édition 2012, le Network Lab abordera des thématiques diverses, comme l’économie collaborative ou l’agriculture urbaine. Le Comptoir général, véritable musée parisien de l’exotisme, plante sa tente au festival pour installer un stand de tresses ou encore un studio photos.

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Rendez-vous est également donné au Cinemascope, pour voir des films, dont plusieurs en avant-première, comme En quête de sens, de Marc de la Ménardière, qui invite à un changement de société. A noter le samedi et le dimanche la projection du documentaire Quand Björk rencontre Attenborough / The Nature Of Music, le projet inspiré par l’album Biophilia de l’Islandaise. Comme lors des précédentes éditions, un artiste graphique est invité pour présenter ses œuvres : cette année il s’agit de Fabrice Hyber, créateur d’étonnants « Prototypes d’Objets en fonctionnement ».

Dans le sillage du manifeste Slow Food, plusieurs initiatives en faveur d’une restauration responsable sont mises en oeuvre, notamment au travers du Conscious Food Program. Une collecte de rebus est organisée avant le festival et les restaurateurs seront invités à intégrer à leurs recettes des aliments déclassés (ne répondant pas aux « normes ») ou des invendus. Pendant l’événement, le public pourra découvrir des pop-up restaurants proposant des aliments frais et bio. Quant aux surplus du festival, ils seront récupérés par Phenix, entreprise spécialisée dans la deuxième vie des produits, pour être redistribués gratuitement à des associations caritatives et transformés lors de repas solidaires en faveur des publics défavorisés.

La majeure partie du mobilier et de la signalétique est conçue deux semaines avant le festival par de jeunes designers et des étudiants, au cours d’un atelier. Mais l’engagement de We Love Green ne s’arrête pas là puisque les artistes ne jouent pas après minuit afin d’inciter les spectateurs à utiliser les modes de transports alternatifs plutôt que la voiture. Ajoutée à une programmation alléchante, ces initiatives semblent payer : à une semaine du festival, le premier jour affichait complet.