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Sébastien Tellier : My God is Blue

Sébastien Tellier : My God is Blue

La découverte du premier clip de Sébastien Tellier, Pépito Bleu, a de quoi déconcerter le plus assidu des fidèles. 345.000 vues plus tard, certains semblent d’ailleurs ne s’en être toujours remis. Ca pourrait être un poisson d’avril - c’est plutôt de circonstance – mais non, la première vidéo publiée voilà déjà quelques semaines laissait apparaître le poulain de chez Record Makers dans un costume dessinée par Jean-Charles de Castelbajac, le tout pour un pastiche second degré de Raël, patron déjanté de la secte du même nom, ici transformé en héro saugrenu du film Avatar de James Cameron.

A quelques jours de la sortie de ce quatrième album studio, un deuxième titre nommé Cochon Ville désarçonne à son tour fans et convertis tardifs – l’effet Eurovision 2008 – avec un mélange de disco et d’électro dance, quelque part entre Giorgio Moroder, Cerrone et les productions moins ringardes d’Italians Do It Better. Grattement de sourcil, Tellier aurait-il découvert un manuel de scientologie dévoré pendant une séance de fitness pour opérer un changement aussi radical ? Après le plaisir 100 % latex de « Sexuality », produit par Guy Man des Daft, l’auteur de La Ritournelle s’est finalement décidé à faire produire « My God is Blue » par Mr Flash, autre barbu français de l’écurie Ed Banger jusque là plus connu pour ses remixes que ses frasques derrière la console.

Après deux morceaux aussi disparates et disons le plutôt mainstream, bien difficile de se faire un avis tranché sur le ravalement de façade de cet artiste que les anglais ont longtemps considéré comme le digne héritier de Serge Gainsbourg. Certains titres comme Russian Attractions s’avèrent complètement ratés, même impassable à un banquet de famille de Vladimir Poutine, d’autres comme Sedulous ou Against the Law laissent percer sous les nombreux filtres d’une production bien gourmande quelques filets de lumière, de quoi comprendre vers quelle planète le Tellier nouvelle cuvée pourrait bien s’envoler. Transformé en gouroudoudou de la pop culture, le barbu étend sa sphère d’influence et perd peut-être ce je-ne-sais-quoi qui rendait sa musique si martienne. Et pendant ce temps, à quelques encablures de la supernova Tellier, une petite étoile fait son bonhomme de chemin. Nom de code : Kavinsky. Date d’arrivée sur terre : courant 2012, avec un album qui devrait ravir tous les automobilistes de Drive. Pour patienter, un inédit du poulain de chez Record Makers  à paraître avant la fin du monde sur un album qu’on attend... impatiemment.

Sébastien Tellier // « My God is Blue » // Record Makers
Sortie le 16 avril