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Gossip : Le retour de taille

Gossip : Le retour de taille

Réponse le 14 mai avec « A joyful noise », cinquième album d’un groupe fêtant bientôt ses dix ans de carrière. Si l’écoute du premier single Perfect World laisse à penser que quelque chose ne tourne plus rond chez Beth Ditto, et que le groupe américain à délaisser le post punk débraillé pour une pop bien calibrée pas très éloignée d’un Coldplay croisé avec The Killers, faisons preuve d’un peu de patience et d'indulence. Produit par Brian Higgins (Kylie Minogue, Pet Shop Boys) entre l’Angleterre et les Etats-Unis, « A joyful noise » porte peut-être finalement bien son nom, à l’image d’un trio inc(l)assable qu’on a vu évoluer tout au long des années 2000 entre le foutraque et l’esthétique. Petit rappel des faits en quatre vidéos.

2001, odyssée d’un nouvel espace. En plein retour du rock à papa, trois outsiders tout droit sortis d’un épisode de South Park se décident à secouer la fourmilière en s’inscrivant dans la mouvance riot grrrrl, entre féminisme débridée et castration punk. Si le résultat contraste d’avec les brushings des Strokes, les médias ne sont pas décoiffés pour autant. Hype 1, Gossip O.

Same player, shoot again. Retour en 2003 avec un deuxième album, « Movement », où la voix de Beth commence à se faire un chemin dans les esprits étriqués des journalistes à la recherche de nouvelles sensations. Des titres comme No No No font parfois penser aux White Stripes, et l’image d’une Tina Turner blanche coincée avec les deux doigts dans la prise commence à faire son bonhomme de chemin.

2006, année de la consécration. Après plusieurs années à errer dans les squats underground pour un public d’initiés pour qui la rondeur de la chanteuse est tout sauf un divertissement, Gossip se fraye un chemin vers le mainstream avec le single Standing in the way of control. L’attitude, l’esthétique et surtout les refrains qui touchent dans le mille, Gossip entre directement dans le top 5 des groupes qui comptent. Certains croient au tube éphémère, ils en seront pour l’argent…

2009. Désormais considérée comme un poids lourd de l’industrie, et autant adoubée par la hype que reconnue par madame Michu en Picardie, Beth Ditto est devenue une star planétaire. A tel point que le groupe décide de mettre en avant la batteuse androgyne sur la pochette avec un titre – « Music for men » - à la fois explicite et ambiguë. Le résultat est imparable, les singles diffusés sur tous les défilés de mode et Gossip accède non seulement à la reconnaissance des critiques mais également aux backstage du monde de la mode. Relooking sans lifting pour un Gossip aux allures de tank repeint en rose fuchsia.

Retour au présent avec « A joyful noise » dont on peine encore à savoir s’il saura dépasser le summum de pop instantané que reste « Music for men », album unisexe qui sent encore bon la sueur, les T-shirts collés et le maquillage qui coule. A quelques semaine du grand verdict pour savoir si Gossip est encore le « weight watcher » de la pop américaine, on vous laisse juger sur pièce avec Perfect World. Une tournée mondiale est comme on s’en doute déjà prévue, on vous souhaite bonne chance pour tenter de chiper l’une des dernières places pour la Cigale le 14 mai…