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On y était : la claque douce de Metronomy au Zénith de Paris

On y était : la claque douce de Metronomy au Zénith de Paris

En pleine tournée des Zéniths et avant plusieurs festivals français, Metronomy était de passage dans la capitale hier soir. Et c'était beau et tendre comme une caresse sur la joue.

En une petite dizaine d'années de carrière, Metronomy a su s'imposer en tant que maître de la scène electro-pop british, laissant derrière lui un sillage dans lequel de nombreux groupes se sont engouffrés. Et même si leur dernier album Love Letters semble ne pas déclencher un feu aussi vif dans le cœur des fans que The English Riviera, le Zénith de Paris était, sans surprise, plein à craquer hier soir. Un public très varié, comprenant tout aussi bien trentenaires avertis, des quadras accompagnés de leurs enfants et des jeunes lycéennes très enthousiastes. Il faut dire que la bande à Joseph Mount a l'habitude de remplir les Zéniths, et propose avant tout des shows parfaitement rodés.

Metronomy entre en douceur sur le délicieux "Monstrous". Lumière tamisée, classieux costumes beiges, un gros nuage rose de leur dernier album en guise de décor, le ton est donné : le club des cinq (un guitariste additionnel les accompagne en tournée) n'est plus ce groupe qui faisait valser jambes et tympans à la période de Nights Out. Non, Joseph Mount et sa petite troupe semblent avoir mûri, et proposent dorénavant un show élégant, teinté de romantisme. Il faudra attendre la version diabolique de "Radio Ladio" pour voir les gradins se lever, se trémousser, et le public entonner ce refrain qui sied parfaitement aux grosses structures : « R.A ! », « D.I! », « Ooooooooo » ! Premier instant de folie.

Joseph Mount l'a dit, Love Letters est son album le plus personnel. Ce qu'il faut comprendre pour les nostalgiques de 2008 : il n'est pas taillé pour faire lever les foules. Et dès lors, force est de constater que certains morceaux du dernier album ont du mal à prendre. "Reservoir" paraît bien timide dans sa version ralentie, "I'm Aquarius" semble trop jazzy pour un Zénith et "Boy Racers" aurait peut-être mérité sa petite dose de psychédélisme supplémentaire. C'est beau, mais c'est calme, très calme, et contrairement à ce qu'on aurait pu penser, même le titre éponyme de l'album "Love Letters" est accueilli avec un peu trop de déférence.

Mais heureusement Metronomy a du savoir-faire, et alterne parfaitement parcelles romantiques et tubes un peu plus pêchus, à l'image d'un "The Look" audacieux, d'un "The Bay" haut en couleurs, d'un "Side 2" version rock acide, d'un "She Wants" délicieusement spectral, et surtout d'un long rappel qui transcende fosse et gradins compris. Les cinq membres apparaissent tour à tour derrière leur nuage rose, mignons comme des Teletubbies, et enchaînent le terrible "Heartbreaker", "Some Written" et "The Most Immaculate Haircut" dans un savoureux mélange, entre fête et nostalgie, entre l'amour et ses souvenirs. Et c'est tout simplement beau.