JE RECHERCHE
La nouvelle Europe du clubbing

La nouvelle Europe du clubbing

Vous voulez partir en week-end à l’étranger pour danser ? Il y a peut-être un poil plus excitant que les sempiternels clubs européens que vous connaissez déjà.

On connaît tous par cœur l'adresse de Fabric à Londres ou du Berghain à Berlin, mais ces parangons du clubbing en Europe, devenus de véritables madeleines de Proust pour certains clubbers "habitués", cachent la diversité d'une nuit européenne sans cesse en mutation. Parce que Paris n'est pas la seule à voir son paysage événementiel bouger à vue d’œil, on va regarder ce qu'il se passe dans les grandes villes de la fête, voire même un peu plus loin.

Barcelone, derrière la plage, les pavés

On connaît tous l’existence du Sonar et de Primavera, devenus les festivals les plus emblématiques de l’Europe de la musique indé. On sait également tous que Barcelone est une ville vivante, qui a beaucoup à donner au clubber en quête de sensations. Et généralement, ça ne va pas plus loin. Il vous suffira pourtant de vous pointer au Razzmatazz, club emblématique de Barca, pour ne jamais être déçu du voyage, mais aussi dans une poignée de lieux connus uniquement des aficionados. On pense notamment au récent Ker Club, plus pointu dans sa prog’, qui propose un éventail allant de Matthias Tanzmann à Maceo Plex. Voilà qui donne le parfum. Et si vous aimez la sueur, évidemment, le bien connu Nitsa vous ouvrira les bras, mais venez léger, ils ont pas refait la ventilo. Les clubs du front de mer ? Vous avez lu ça dans le Routard, avouez-le ? Sérieusement, oubliez.

Razzmatazz, Carrer dels Almogàvers, 122, 08018 Barcelone

Ker Club, Carrer de Tarragona, 141, 08014 Barcelone

Berlin, épisode 2

“Blablabla, Berlin c’est le Berghain, Berlin c’est le Watergate, Berlin j’y étais encore la semaine dernière”... Il faut bien avouer que la capitale allemande, dorénavant bien ancrée dans le tourisme du clubbing de masse, a perdu de sa superbe par rapport à il y a encore trois ans. Certes, il s’y passe des tonnes de choses, mais Berlin a perdu son côté “far west” qui était cher aux pionniers du clubbing… eux aux habitants désormais à moitié dépossédés de leur ville. Bref, ça sentirait bien le roussi, tout ça. Ou pas ? Si le clubbing tel qu’on le connaît, lié à la techno minimale, est devenu la norme, il suffit de regarder dans les marges nouvellement disponibles pour trouver de quoi s’éclater sans se retrouver entourés de hordes de clones fans de techno. Club der Visionaere reste un endroit difficile à contourner, rien que par son cadre boisé et sa prog’ “techno mais pas que”, parfait pour une transition “en douceur”. On pleure encore la fermeture de KaterHolzig mais on se consolera à la porte de Heideglühen, si toutefois vous arrivez à le trouver : cet endroit de rêve est archi-planqué. Et si vous aimez les vieilles télés cassées en guise de déco et le chauffage style “bidon en ferraille”, le Fiesere Miese est fait pour vous. Quoi, vous pensiez qu’on allait venir vous chercher en limo pour explorer les frises de la fête berlinoise ? Un peu de courage, enfin.

Heideglühen, Heidestrasse 5, Tor 3, Mitte

Fiesere Miese, Köpenicker Straße 18-20, Kreuzberg

 

Glasgow, le nord pas (si) froid

Habitué à prendre l’Eurostar ou l’avion pour Londres ? Pourquoi ne pas aller un poil plus loin pour pas vraiment plus cher ? Si l’Écosse se traîne une réputation (méritée) de région frisquette et pluvieuse, là-bas, depuis quelques temps, on se débrouille autrement pour se réchauffer. Si Glasgow est connue pour abriter une partie importante de l’activité gabber européenne (si c’est votre dada, il y a davantage matière à se marrer là bas qu’aux Pays-Bas), la métropole écossaise est aussi réputée pour fermer les portes de ses clubs à… 3h. Et pourquoi pas ? Le collectif Vitamins vous prendra en main pour vous caler des soirées dans des entrepôts, voire même en forêt, quitte à vous balancer une mention “torch needed” sur leur blog en préambule. Si vous êtes plus conventionnels, il y a toujours moyen de passer au Berkeley Suite, très “Hotel style”, ou au connu Soundhaus. Oh, et on vous rappelle que le Label et collectif d’artistes Numbers, responsable des meilleurs maxis de la planète ces trois dernières années, vient de Glasgow et propose régulièrement des teufs dans sa ville.

The Berkeley Suite, 237 North St, Glasgow

Soundhaus, 47 Hydepark St, Glasgow

The Arches, 253 Argyle St, Glasgow

Copenhague, le savoir-faire danøis

Copenhague, c'est pas cette ville super design aux loyers hors de prix, dans laquelle on se balade nonchalamment en mangeant des tartines au saumon ? Vous avez tout bon, mais la définition n'est pas complète. La capitale danoise, c'est désormais avéré, brasse une scène électro et indé foisonnante depuis quelques années (de WhoMadeWho à Sekuoia), d'ailleurs défendue en France avec ardeur. Et niveaux lieux, une fois que vous aurez fait le tour de la fameuse zone libre de Christiania (qui a quelques réjouissances musicales à offrir sans être un haut lieu musical), direction Kødbyen. Ce quartier qui correspond au Meatpacking District de New York (ou à La Villette parisienne) est blindé d'entrepôts renfermant des ateliers, des restos... et des clubs. Parmi ceux à ne pas louper, Jolene, décoré en mode 100% récup' et adepte de clubbing alternatif, ou encore la salle de concerts KB18, également bien indus dans l'esprit. Allez, skål, on se retrouve au petit matin sur le vieux port.

Jolene, Flæsketorvet 81, 1711 Copenhague

KB18, Kødboderne 18, 1714 Copenhague