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On y était : la leçon de Stromae au Zénith

On y était : la leçon de Stromae au Zénith

Devenu un phénomène populaire sans précédent, Stromae avait tout de même fort à faire lors de ses trois Zéniths parisiens. Au final, on s'incline bien volontiers.

Que dire de plus sur Stromae plus de six mois après l'énorme carton de son album Racine Carrée ? L'omni-présence médiatique du sympathique chanteur et producteur bruxellois, qui n'en finit plus de s'incruster dans les autoradios de toutes les strates sociales de France et de Navarre, pourrait presque commencer à paraître pénible. Nous sommes pourtant les premiers, ce matin, à en rajouter une couche, après avoir pris notre claque hier soir au Zénith de Paris, en compagnie de la troisième charretée des 19 000 spectateurs qu'il aura brassé en trois jours.

Cette grande asperge en bermuda ne serait-elle que boulimie de boulot, qui abat les dates de tournée comme on boucle des dossiers ? On avait évidemment peur d'apercevoir le pot aux roses planqué quelque part sur scène, impression renforcée par une mise en scène millimétrée. Ce qu'on n'avait pas prévu, c'est, d'une part, que le décorum sobre mais efficace de son show laisserait autant de place à l'humain, et que Stromae lui-même, passé les répliques calquées du genre "zénithiens, zénithiennes, bonsoir", n'hésiterait pas à se laisser des espaces de liberté. Gros show, certes, mais avant tout basé sur la créativité, et qui pourrait très bien passer dans une salle cinq fois plus petite. De fait, on ne se sent pas dépaysés dans ce grand Zénith, et c'est un point sacrément important.

Stromae attaque avec les deux premières pistes de Racine Carrée et met littéralement le feu au Zénith, qui n'arrêtera pas un instant de crier son enthousiasme. Il faudra attendre quatre morceaux avant que le Maestro prenne la parole, longuement, et commence à vanner le public, improvisant un mini one-man-show pas déplaisant. Il remettra évidemment le couvert à quelques reprises jusqu'à la fin, deux heures et demie plus tard (contrat rempli de ce côté, donc). Entre les deux ? Un medley "dance 90's" archi-fun au cœur de "Alors On Danse", une interprétation impeccable de "Formidable", un gros moment ghetto tech à rallonge sur "Humain à l'Eau"...

...Et évidemment, un "Papaoutai" à rallonge, à la fin duquel Stromae prend soin de remercier toute son équipe (fatalement, ça prend une éternité), avant de mouiller le maillot sur l'instrumental "Merci", pour mieux laisser ces cinq lettres affichées sur l'écran vidéo qui aura bien été utile tout au long du show. Applaudissements continus, révérences, signes de la main, on commence à valider notre théorie : ce type ne sait pas quitter la scène, celle qui lui donne l'énergie nécessaire pour enchaîner l'agenda de Superman qu'il s'impose ces derniers mois. Il reviendra pour un moment a capella touchant, accompagné de son quatuor de fidèles musiciens. Avant de tirer définitivement sa révérence. Le cours de la portion de moules-frites a flambé en l'espace de 72 heures à Paris, mais si Stromae nous donne des leçons comme celle-ci à chaque fois qu'on croise sa route, ça nous va bien comme ça.

Photo : Kmeron (Creative Commons)